‹‹Lorsque tu offres un pagne à ta belle-mère, ne lui dis pas que c'est pour couvrir ses fesses››.
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~~~Ramatoulaye Diallo
Je reste figée sur place, ne faisant aucun autre pas. C'est l'un des hommes pervers que j'avais remis à sa place tout à l'heure. Il parlait avec le jardinier Malick, qui était de dos à moi. Je me retourne pour partir, mais il m'interpelle.
Le mec : Hey ! C'est qui ? Pourquoi vous partez ? Revenez ici.
Wouy sama ndeye dé na nak (Je suis morte). S'il me voit, je suis f****e. Je continue ma route sans lui répondre.
Le mec : Mais elle est sourde ou quoi ? Malick, tu connais cette fille ? demanda-t-il au jardinier.
Je prie intérieurement pour qu'il dise non, mais hélas, ce n'est pas le cas.
Malick (le jardinier) : Oui, patron, c'est Rama, la fille de la voisine d'à côté , répondit-il.
Patron ? Weuh mane damay beug doff wala noumou démé ni ? (Mais moi, je deviens folle ou quoi ?)
J'entends des pas se rapprocher et vous savez ce que j'ai fait ?
J'ai pris mes deux paires de sandales et la bouteille, puis j'ai couru comme une malade mentale. Mais je l'entends crier :
Le mec : NE REMETTEZ PLUS LES PIEDS ICI !
J'arrive dans la maison et m'arrête de courir pour reprendre mon souffle.
Pourquoi ai-je couru ? Je ne sais pas.
Pourquoi ne me suis-je pas retournée pour lui faire face et lui répondre ? Je ne sais pas non plus.
La seule chose que je sais en ce moment, c'est que je dois être plus attentive si je veux vivre longtemps. Je ne voudrais surtout pas amener d'autres problèmes à ma mère, qui en a déjà assez.
Je décide d'éplucher les légumes en attendant que les garçons descendent pour aller chercher de l'eau, car je ne retournerai plus jamais dans cette maison. Si je dois aller au puits sakh pour puiser de l'eau, cela me va.
(...)
Quinze minutes plus tard, les garçons et ma mère arrivent.
Les garçons : Salam Waleykum Rama, disent-ils en chœur.
Moi : Wahaleykum Salam, répondis-je. « Ibou, viens stp !
Il pose son sac et se dirige vers moi en souriant de toutes ses dents.
Moi : Ah Ibou, tamit loy ré ni khana da ngua contane ? (Ibou, pourquoi souris-tu comme ça ? Es-tu heureux ?), lui demandais-je.
Ibou : Très heureux même. Tu sais aujourd'hui, j'ai eu 18 en devoir de maths, me dit-il.
Moi : Watal ! Hiiii nakh yalla sakh, ba ngua dalé di diangu ba lègui meusso ame 15 you mãat (Jure ?! Al-hamdoulilah alors. Depuis que tu as commencé à étudier, tu n'as jamais eu un 15 arrondi), le taquinais-je en souriant.
Il me regarde mécontent et me répond :
Ibou : Pourquoi m'as-tu appelé exactement ?
Moi : Ya ngui bokou golo bi dh sama way (Ne te fâche pas mon ami), lançai-je.
Ibou : Sheuut Rama, dis-moi.
Moi : D'accord, j'arrête. Prends la bouteille d'Evian de cinq l****s et va me chercher de l'eau chez le voisin, lui dis-je.
Ibou : Pourquoi moi ? C'est toi qui le faisais chaque jour, non ? rétorqua-t-il.
Moi : C'était moi, mais à partir d'aujourd'hui, c'est toi. Allez, oust.
Il s'en va en boudant. Je souris en lui tirant la langue, mdr. Il amène l'eau et me dit :
Ibou : Rama, donc celui qui était là n'est pas le vrai propriétaire de cette maison ?
Moi : Non, je ne crois pas. Je n'en sais rien, dal, lui dis-je.
Ibou : En tout cas, le monsieur qui est là maintenant est trop sévère. Il m'a demandé beaucoup de choses. Le pire, c'est qu'il ne voulait pas nous donner de l'eau. Heureusement que c'est Malick qui lui a parlé.
Moi : Sévère kay, hum bakhna (C'est bon).
Il dépose la bouteille devant moi et s'en va. Quant à moi, je cuisine en chantant.
~~~Mouhamadou Talla Sylla
Je n'arrive toujours pas à croire que cette p*****e a osé me tenir tête. Moi, Talla Sylla. Non, je peux jurer qu'elle va me le payer. Je suis assez énervé, mais ça n'empêche pas Khadim, qui est mon chauffeur et ami de longue date, de parler comme un perroquet.
Khadim : Boy tay nak mom da ngua eupeul, yaw mane khaw na ray khalé bou djiguene bi ba paré ngua beug ko wakh dara (Mon ami, aujourd'hui tu as dépassé les bornes. Moi, j'ai failli tuer la jeune fille, et toi, tu en rajoutes), me sermonne-t-il.
Moi : Fiche-moi la paix, toi ! Tu as bien vu que c'est elle qui voulait provoquer son propre accident. Elle traverse la route et rit comme une attardée, lui répondis-je.
Khadim : Hiiii, tu n'as rien à dire sur son sourire qui ferait fondre des tas d'hommes, même moi. C'est une vraie linguère, guisso ko noumou rafété ba paré audacieuse nak, thio ki dé yalla naniou tassé watt rék (Mec, cette meuf est une vraie beauté, audacieuse et pleine de vie, j'espère juste que je la reverrai insha'Allah).
Je souris face à sa remarque. Il est vrai qu'elle est belle avec ses cheveux qui lui arrivent aux épaules, ses yeux magnétiques et sa bouche pulpeuse. Mon Dieu, son visage radieux donne l'impression qu'elle est une sainte à distance, alors que ce n'est pas le cas.
Je secoue la tête pour chasser ces pensées. Je ne devrais pas penser à cette fille impolie, d'autant plus que ce n'est pas mon genre.
Khadim: À quoi penses-tu ?" me demande Khadim. "Ne me dis pas que tu es en train de planifier ton mariage avec elle ?"
Moi: Mariage ? Tu es fou ! Tu sais bien que les histoires d'amour ne sont pas mon truc. Toutes les femmes sont pareilles, c'est pour ça que mes prostituées de nuit me suffisent", lui répondis-je.
Il me regarde dans le rétroviseur avec un regard méprisant.
Khadim: Je ne comprends pas pourquoi tu veux à tout prix mettre toutes les femmes dans le même sac. Tout le monde n'est pas comme Alima, tu sais..." dit-il.
Moi: Ne me parle pas de cette bâtarde !" l'interrompis-je.
Khadim: Mais il fallait..."
Moi: Assez ! Tu es mon chauffeur, pas mon conseiller. Fais ton boulot et tais-toi", lui dis-je sèchement.
Khadim: D'accord patron, excusez-moi. Cela ne se reproduira plus", répondit-il.
Je déteste cette phrase plus que tout. Je veux m'affirmer sans faire peur aux gens. S'il y a bien une personne que je sais ne pas effrayer, c'est bien cette fille.
~~~Omniscient
Il y avait un silence de mort dans la voiture. Khadim était resté silencieux pendant tout le trajet. Il se sentait blessé dans son ego et se dit que s'il n'avait pas accepté la proposition de Talla de devenir son chauffeur, peut-être aurait-il pu devenir comme lui : un homme d'affaires autoritaire, avec toutes les filles à ses pieds. Mais hélas, tout cela n'était qu'un rêve qu'il ne pourrait jamais réaliser. Ce qu'il ne savait pas, c'est que Dieu ne dit pas ce qui se passera demain. Quant à Talla Sylla, il se sentait coupable d'avoir mis son chauffeur dans cette situation, mais il se dit que c'était un risque qu'il avait accepté en engageant Khadim.
Quelques minutes plus tard, la voiture s'arrêta devant une grande demeure, qui ressemblait davantage à un château. Le chauffeur klaxonna, et une minute après, le gardien ouvrit la porte du garage. Il n'y avait que des voitures de luxe, comme des Ferrari, BMW, Rolls-Royce, Bentley, Maserati, etc.
Le chauffeur se dépêcha d'ouvrir la porte de la voiture à son patron et de prendre son sac. Talla se sentit frustré par ce geste et dit :
Talla Sylla : "Tu n'as pas besoin de m'ouvrir la porte, Khadim," lança-t-il.
Khadim (le chauffeur) : "Non, patron, je ne fais que mon travail. Et excusez-moi, mais c'est Khadim, pas Kha," répondit-il en fermant la porte de la voiture.
Talla Sylla : "Arrête avec ça..."
Le chauffeur entra dans la maison sans le laisser continuer sa phrase. Talla souffla et entra à son tour. «Tout ça à cause de cette fille, mais elle ne s'en sortirait pas comme ça.» se dit-il.
~~~Mouhamadou Talla Sylla
J'entre dans ma demeure et trouve ma mère assise sur son tapis de prière, en train de faire son dhikr. C'est une femme pieuse, qui sait comment gérer sa famille comme chaque mère le ferait.
Je lui fais une bise sur la joue et m'assois sur le fauteuil en desserrant ma cravate.
Elle: Wa Talla tay tél ngua wathie dé ?" (Mais Talla, tu es rentré tôt aujourd'hui ?) dit-elle.
Moi: Maman, c'est parce que nous n'avions pas beaucoup de travail aujourd'hui, juste quelques entretiens. Et en plus, je suis fatigué," réponds-je.
Elle: Hum, c'est bien alors. Gère-le bien, dé, car ton père a beaucoup contribué à la création de cette entreprise. C'est aussi votre patrimoine familial."
Moi: T'inquiète pas pour ça, j'en suis conscient," lui dis-je en souriant.
Mon père est en voyage d'affaires à Bruxelles, et c'est moi qui gère tous ses biens. Il est mon idole, ma référence. Mes parents sont tout pour moi, je ne plaisante pas avec eux. Si tu les touches, tu es mort.