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1701 Mots
Hari Le film fini, Hayden tente tant bien que mal de négocier pour que nous regardions le suivant. C'est pourquoi je considère que c'est toujours un risque de regarder un film Harry Potter avec lui. Si on l'écoutait, on y passerait la nuit. Il est vraiment passionné par cet univers de magie, ce que je comprends tout à fait. J'étais exactement comme lui à son âge, à l'exception que dans mon cas il s'agissait des livres et pas des films. — Aller papa, s'il te plaaaaît. Je soupire tout en rangeant le DVD dans son boîtier. — Non bonhomme. Tu as des cours à suivre demain, ce n'est pas encore les vacances. Il faut que tu sois en forme. Hayden fronce les sourcils et croise les bras sur la poitrine, l'air à la fois vexé et déçu. Bree le regarde attendrie. — Ne t'en fais pas. Nous nous débrouillerons pour faire un vrai marathon Harry Potter pendant les vacances. — C'est vrai ? — Oui, acquiesce-t-elle. Et si tu fais vite, nous pourrons même lire un chapitre du premier tome ensemble, avant que tu éteignes. — YOUPI ! Hayden se lève du canapé et se rue à l'étage tel un boulet de canon. Quelques secondes plus tard, le bruit de l'eau du robinet nous parvient jusqu'en bas. J'émets un rire franc, surpris. Je remets le DVD en place et rejoins Bree. Je l'attrape par la taille et la colle contre moi, un sourire au coin des lèvres. — Tu sais t'y prendre avec les enfants, c'est le cas de le dire. — En même temps, j'ai été à bonne école avec Sam. Il est tout aussi fan de cet univers que ton fils, si ce n'est plus. Je grimace. — Cela promet d'être intéressant lorsqu'ils se rencontreront. Elle rit. Nos regards se perdent une fois de plus l'un dans l'autre. Flottement. Elle glisse ses mains derrière ma nuque afin de rapprocher son visage au plus près du mien. Je resserre mon emprise autour de sa taille et me colle un peu plus à elle. Nos cœurs battent à l'unisson tandis que nous nous laissons aller, mon corps contre le sien, mes lèvres contre les siennes. — Brianna ! Je me détache d'elle à contre cœur tout en grommelant : — Je dois reconnaître que c'est plus pratique lorsque nous ne sommes que tous les deux. Je dépose un dernier b****r rapide sur ses lèvres et la regarde monter à l'étage. Je reste parfaitement immobile, le temps de les écouter s'installer pour lire le tout premier chapitre des aventures de notre sorcier préféré. La voix de Bree résonne à travers le couloir. Je lève les yeux au ciel, un sourire au coin des lèvres. Je profite du petit quart d'heure suivant pour ranger le salon et la cuisine, Le Clair de Lune de Debussy en bruit de fond. Le quart d'heure lecture fini, Bree me rejoint dans la cuisine où je suis en train de finir de remplir le lave-vaisselle. — Hayden est un petit garçon vraiment incroyable, dit-elle. Je n'en reviens pas de sa capacité d'analyse et de réflexion. — Il est vrai qu'il a un niveau intellectuel assez impressionnant pour un enfant de son âge, j'acquiesce. Je referme le lave-vaisselle et sors deux tasses. — Une petite boisson chaude ? je lui propose. — Je veux bien une tisane si tu en as. J'attrape un sachet ainsi qu'une dosette de déca que je pose sur le comptoir avec les tasses. — Veux-tu du... — Papa ! — Je reviens. — Pas de soucis. Je m'occupe des boissons. — Merci. (Je regagne les escaliers avant de faire volteface.) Restes-tu dormir ici cette nuit ? — Non c'est gentil. Connaissant mon père, je pense qu'il serait préférable que je rentre, si nous ne voulons pas qu'il finisse par se changer en donneur de leçons. — D'accord. Je me dépêche de regagner l'étage tout en envoyant un message à Cora. Cette dernière me répond instantanément qu'elle sera là d'ici une vingtaine de minutes. Parfait. Je remets mon téléphone dans ma poche et entre dans la chambre de mon fils, celui-ci déjà à moitié endormi. Je l'embrasse sur le front le plus silencieusement possible afin de ne pas le sortir de la première phase de sommeil imminente. Je le borde une dernière fois et vérifie qu'il a bien son doudou avant de redescendre de la mezzanine. — Papa ? (Je me stoppe en plein milieu de l'échelle et lève la tête). Bree reviendra, pas vrai ? Je fronce les sourcils, surpris par sa question. — Bien sûr bonhomme. Pourquoi ? — Parce qu'elle te rend heureux. (Il bâille.) Elle te rend heureux comme tu ne l'as plus été depuis longtemps. ** Elle te rend heureux comme tu ne l'as plus été depuis longtemps. Cette phrase ne cesse de se répéter en boucle dans ma tête, du moment où je retrouve Brianna pour un instant boissons chaudes, au moment où Cora arrive pour surveiller Hayden le temps que je la raccompagne chez elle. Ce n'est qu'une fois que nous arrivons devant la porte de l'immeuble du père de Bree, que je réussis à la ranger dans un coin de la tête. Quand je dis qu'il m'arrive d'être surpris par la capacité d'analyse et de réflexion de mon fils, je sais ce que je dis. Toujours le petit truc à dire pour me surprendre au moment où je m'y attends le moins. Et la plupart du temps, il a raison, même si certaines fois cela me rend heureux et triste à la fois. Comme dans le cas présent. — Hari ? Je cligne rapidement des yeux, subitement rappelé à la réalité. Les portes de l'ascenseur s'ouvrent devant nous sur le couloir devant la porte d'entrée de l'appartement des Andrews. J'étais tellement perdu dans mes pensées que je ne me suis pas rendu compte que nous étions montés dedans. Bree récupère ses clés dans son sac et ouvre la porte. La chaleur et la simplicité de l'appartement nous accueillent presque instantanément. Son père et sa belle-mère nous rejoignent dans le hall. — Je m'excuse d'avoir accaparé Brianna deux soirs d'affilée, je leur dis tandis que nous échangeons une poignée de main. Sa belle-mère et son père échange un regard discret. — Ce n'est rien. — Rien n'empêche de combiner vie professionnelle et vie sentimentale, remarque son père. Le visage de Brianna prend une teinte légèrement rougie tandis qu'elle lève les yeux au ciel et pousse un soupir exaspéré. — Tu sais ma puce, moi aussi j'ai été jeune. — Pa... — Sinon, à quelle heure comptez-vous être là samedi ? les interrompt la belle-mère de Bree. Samedi ? Comment ça samedi ? — Eh merde..., souffle Bree exaspérée. Je lui jette un regard confus, ne comprenant pas vraiment ce que j'ai raté. — Bree ne vous a pas parlé du match de foot de Sam ? me demande son père. Le match de foot de Sam ? Absolument pas. Il était prévu que nous allions au Gala de Noël organisé par mon père et ma belle-mère, mais si nous pouvons trouver une excuse pour ne pas y aller, cela m'arrange. Je préfère autant passer du temps avec Brianna et sa famille que d'aller m'emmerder à un événement mondain totalement inintéressant et superficiel. — Hari et moi... — N'avons pas encore discuté de l'heure, je la coupe. Désolé. Bree voulait m'en parler mais j'étais occupé et j'ai complètement oublié de revenir sur le sujet. J'attrape mon téléphone dans la poche de mon manteau, faisant semblant de vérifier l'heure. Bree s'apprête à ajouter quelque chose, probablement par rapport au Gala, mais je ne lui en laisse pas l'occasion. — Je vais devoir vous laisser, il se fait tard. Je vois l'heure avec Brianna demain. Elle vous dira ce qu'il en est. — Parfait, on fait comme ça. Je salue le père et la belle-mère de Bree et sort de l'appartement, cette dernière sur mes talons. Elle tire la porte derrière nous et me raccompagne jusqu'à l'ascenseur. — Pourquoi ne leur as-tu pas parlé du Gala de Noël ? Je hausse les épaules tout en appuyant sur le bouton. — Je me suis dit que cela serait plus sympa de passer une journée chaleureuse et conviviale, plutôt que d'aller s'emmerder à une soirée froide et superficielle. D'autant plus que Lewis, Eleanor, toi et moi décollons pour Paris dimanche, cela nous permettra d'être plus en forme. — Tu es sûre de ne pas le regretter ? Moi ? Regretter une soirée qui m'aurait forcé à supporter ma belle-mère et sa débilité profonde ? Absolument pas. Le plus je reste éloigné d'elle, le mieux je me porte. Je me tourne vers elle, un sourire au coin des lèvres à cette pensée. — Pas le moins du monde. Je te le garantis. — Ok. Je glisse mes bras autour de sa taille et la colle un peu plus contre moi. — Par contre, je compte sur toi pour venir dormir à la maison samedi soir. — Avec plaisir. Je lui adresse un sourire en coin et l'embrasse pile au moment où les portes de l'ascenseur s'ouvrent derrière moi. Je recule un peu, de façon à bloquer les portes le temps que nous finissions de nous dire au revoir. — Rendez-vous demain matin 09h00, dans mon bureau. — Avec deux Macchiato. J'émets un rire discret, l'embrasse une dernière fois et monte dans l'ascenseur. Je ferme les yeux et me laisse aller contre le mur du fond. Mes doigts tracent le contour de mes lèvres, sur lesquelles je peux encore sentir le goût des siennes, tandis que des images de ces dernières quarante-huit heures se rejouent dans mon esprit. Il faut le dire, la façon dont elle a réussi à chambouler ma vie et moi la sienne en l'espace de quelques jours est impressionnante. Jamais je n'aurais cru qu'une telle chose serait possible. Habituellement, cela n'arrive que dans les films, jamais dans la vraie vie. Mais aussi surprenante soit la tournure que prend notre relation, quelque chose me dit qu'il ne s'agit là que du début d'un long voyage et il me tarde de voir où il va nous mener. ** ** ** ** ** 
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