Chapitre 3

1353 Mots
Natalia se laisse guider par les autres filles, tellement elle est encore sous le choc de ce qu'il vient de se passer. Aucune d'elles ne parle avant d'entrer dans une pièce, qui ressemble à une vaste suite. Elles asseyent le dernier membre du trio sur le premier canapé à proximité. - C'était chaud, lance Catalina. J'ai vraiment eu peur pour elle. Il faut qu'elle mette la tenue maintenant. Il ne faut pas qu'il revienne et la trouve comme cela. Rosa acquiesce en silence. Elles aident Natalia ayant du mal à réaliser sa situation à enfiler la tenue. Elles lui donnent de l'eau et du temps pour revenir à elle. Dans la salle de réunion, l'air est lourd. L'air est chargé en tension. Personne ne parle pour le moment attendant que Andres ou Mateo s'exprime. - On a perdu une partie de la cargaison d'armes du mois prochain. - Comment cela perdu Mateo ? - Elle nous a été volée, rectifie le bras droit de Mateo : Kylian. Nous mettons tout en œuvre pour la retrouver. - Quel est mon rôle dans cette histoire ? La question est cruciale. Il forme un seul groupe mais ils sont comme deux branches indépendantes. Si les hommes de Andres s'occupent du blanchiment et de la drogue, ceux de Mateo veillent à l'armement de leurs hommes et la vente d'armes. Les hommes possèdent tous un signe distinctif de leur appartenance à un des côtés. Les Ouroboros tatoués sur une partie de leur corps sont soit tout noir à bordure blanche ou vide à bordure noire. - Tu dois bien m'aider Andres, ajoute Mateo d'un ton nonchalant. Après tout nous sommes une seule famille. Et le déshonneur de l'un fait celui de l'autre également. - Je doute que tes hommes aient bien intégré cette idée, lui dit-il d'un voix froide en lui rappelant l'incident d'il y a quelques jours. - Ils peuvent parfois être étourdis. Mais nous sommes la branche principale. J'ai besoin de retrouver la marchandise... - Et surtout de savoir qui est l'espion. Il acquiesce en silence. Des pistes ? Ivan serre la mine, il connait assez bien son patron pour savoir qu'il va accepter. Il est le seul assis autour de la table rectangulaire du côté de Andres. Du côté de Mateo, 4 hommes sont assis de part et d'autre de la table. Les 2 bras droit sont debout derrière leur chef respectif. Une joute de regard se lance. - Du calme les gars, les rappelle à l'ordre Kylian. Nous avons peut-être une piste. Nous sommes sûrs d'une chose c'est que ce n'est pas la police. Ils sont arrivés plus tard, alors que la marchandise avait déjà été dérobée. Nos hommes ont été tués. C'était une véritable boucherie. - On a demandé à C de nous donner un coup de main pour savoir qui est l'enfoiré qui a fait cela, reprend à son tour Mateo. Mais elle ne veut pas faire d'affaire avec nous... Ivan et Andres lèvent un sourcil interrogateur. L'information leur paraît bizarre. - Plutôt, elle ne veut pas faire du business qu'avec moi. Elle veut que tu viennes aux négociations Andres. C'est ce soir. - Ce n'est pas une bonne idée, ajoute alors pour la première fois Lorenzo. Cette femme est dangereuse. Très manipulatrice. - Oui, mais elle possède de nombreuses infos très croustillantes et c'est peut-être la meilleure personne pour nous guider. Et nous aider à éliminer notre problème. - Votre problème, corrige Lorenzo d'un rire cynique. L'air perd encore quelques degrés. L'ambiance déjà lourde devient électrique. Une arme pourrait être sortie et tout prendrait une autre ampleur. Ivan et Lorenzo sont prêts, ils attendent que leur patron s'exprime. Son regard fixe un point dans un mur sans sembler prêter grand intérêt à la discussion. Mais ils savent qu'il a tout entendu. Ils savent aussi que cette demande de C n'est pas anodine. Ils savent ce qu'elle peut lui demander et ils savent que s'il accepte d'aider Mateo, il ne pourra plus se rétracter par la suite. Car parole donnée ne peut plus être reprise. - Très bien, allons voir ce qu'elle a comme information pour nous. Mais tu payeras cher cette demande Mateo. Si c'est à moi d'honorer ton contrat, tu me le payeras cher également. Sa voix est rasante. La menace dans sa voix est clair. Les chiens sentent le danger autour de leur maître et sortent les griffes. - Je n'en attendais pas moins de toi. Mon cher frère, dit-il d'un ton mielleux avant de calmer ses hommes d'un regard. Qui est cette jeune femme ? - Qui cela ? - Celle de tout à l'heure bien sûr. Assez coriace... - Je doute que cela ne te concerne mon frère. Il se lève et s'apprête à sortir de la pièce mettant fin à la conversation. Nous nous reverrons ce soir. Ivan et Lorenzo le suivent en silence. Ils se sont rangés à l'ordre de leur chef, mais ils n'en pensent pas moins qu'il s'agit d'une très mauvaise idée. Une fois partis, Kylian se tourne vers Mateo. - Il devient de plus en plus insolent Mateo. Nous aurions dû leur donner une leçon, il ne doit pas oublier qui est le vrai patron ici. Il n'est qu'un enfant adoptif. Tu es le fils du précédent boss. - Tu ne dis rien que je ne sache déjà Kylian. Pour le moment réglons les problèmes un par un. Le plus important c'est notre cargaison. Ils congédient le reste de ces hommes d'un regard. Une fois qu'ils ne sont plus que deux, Kylian s'entretient sérieusement avec Mateo. - Tu as toujours peur de lui ? - Peur je ne sais pas. Je sais que je ne dois rien montrer. Mais Andres est diffèrent de moi tu le sais. Si il est à cette position aujourd'hui, c'est parce que ses actes le lui ont permis. Je sais bien que beaucoup parmi nous pensent que c'est lui qui devrait être le vrai chef. - Tu penses qu'il veut cette place ? - Non, il m'a promis qu'il ne ferait rien qui menacerait ma position... - Mais... - Il n'y a pas de mais Kylian. Je connais ton avis. Mais Andres n'a jamais rompu une seule de ses promesses. Je ne peux pas pour le moment me battre sur 2 fronts. Et surtout, j'ai l'impression que autre chose le préoccupe. Il s'est encore absenté 2 semaines, sans rien dire. Je veux savoir ce qu'il fait en dehors de nos business. Qui le fait voyager autant. - Je vais le faire surveiller. Il le congédie ensuite pour rester seul quelques instants. Il se rend dans sa chambre pour se préparer pour leur rendez-vous de ce soir. Installés dans la salle d'attente de C, Andres et Mateo sont bien silencieux. Personne ne parle. Leurs hommes sont dehors. Même leurs bras droit n'ont pas eu le droit de pénétrer aussi profondément dans l'antre de cette femme, signe de son influence dans la ville de Mexico. Un jeune homme vêtu uniquement en boxer vient leur annoncer qu'elle va les recevoir. Ils pénètrent dans une pièce, qui rappelle de très mauvais souvenirs à Andres. Lui est déjà venu ici plusieurs fois, mais à chaque fois le dégoût le prend en y retournant. Pour Mateo, il s'agit de la première fois depuis le décès de son père. Il connait juste les rumeurs au sujet de cette femme C, qui est connue pour tout savoir dans la ville et avoir des contacts avec les mafias chinoises. La pièce est embourbée de fumée. Surchargée d'une odeur d'encens. Mais cela ne trompe pas Andres, qui sait que ce n'est que pour mieux cacher l'odeur de sang que cette maison close dégage à chaque fois. Dans chaque coin de la pièce, il y a des hommes armés prêt à bondir sur eux dès qu'ils feraient le moindre pas suspect. Ils ont encore leur arme sur eux, seule considération qu'elle semble prête à leur offrir. - Cela fait très longtemps Andres, murmure une voix presque envoûtante. La voix provient de derrière le fauteuil tourné vers la ville, qui cache sa propriétaire. Tu ne viens plus me voir.
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