- Vous êtes complètement fou...
Il s'approche d'elle dangereusement. Elle recule pour chaque pas qu'il fait. Elle se retourne pour s'enfuir ne sachant pas quoi faire de mieux dans sa situation. Elle se retrouve projetée contre la porte violemment. Son corps en entrant en contact avec l'objet dur se crispe de douleur. Il la maintient aisément d'une pression à la nuque.
- Si vous cherchez de la soumission pourquoi ne pas allez en club SM comme les gens de votre espèce font et en trouver une soumise à votre goût ?
- Très bonne question.
Il lache sa nuque et attrape ses cheveux avant de la tirer vers une porte donnant sur un autre espace de la suite. Elle a beau hurlé sa douleur, il ne semble en avoir rien à faire. Il ouvre la porte, la pousse sans ménagement à l'intérieur et referme derrière lui.
- Tu préfères que l'on passe aux choses sérieuses directement ou tu préfères te calmer pour que je te donne mes règles ?
- Vous n'avez pas répondu à ma question. Si je ne réponds pas à la vôtre, c'est du donnant donnant.
Il la fixe du regard et contrairement à ce qu'elle attendait, il sourit. Il semble très content et cela perturbe Natalia profondément.
- Caramela, tu me confortes dans mes idées. Mais là je n'ai pas le temps d'être gentil avec toi. J'ai besoin de ma dose.
Il s'accroupit face à elle et passe délicatement son pouce contre ses lèvres. Son regard la captive, elle se laisse attendrir par ce geste. Elle n'anticipe pas la suivant. Une claque phénoménale s'abat sur sa joue, la faisant tomber sur le côté. La douleur et la chaleur lui semblent presque irréels tellement elle ne s'y attendait pas. Mais le bruit et les forts picotements qu'elle ressent ne sont pas imaginaires. Les larmes qui coulent sur son visage également.
- Bien, mes règles. Tu n'es insolente de la sorte que quand nous sommes ici. Dehors ça va pas passer du tout.
- Je pensais que c'est ce qui vous plaisait chez moi.
- Tu obéis quand je te parle. Tu te mets à genoux en ma présence et tu attends que je te donne la permission de parler. Tu n'obéis qu'à moi, Lorenzo et Ivan. Personne ne te touche à par moi. Eux ils peuvent te brusquer un peu si tu ne suis pas les ordres. Tu ne sors pas de la propriété. Tu te tiens prête à ce que je t'appelle à chaque fois que j'ai envie de te voir.
Natalia se mord les lèvres et réprime une réponse insolente comme elle sait bien le faire. Là son regard ne laisse place à aucun doute, il ne s'amuserait plus d'une nouvelle insolence.
- Tu peux répéter mes règles ?
Elle répète à la lettre ce qu'il vient de dire même si seul le dégoût la prend pour chaque mot qui sort de sa bouche.
- Parfait, dit-il en caressant sa tête. Parce que je ne me considère pas comme un dominant. Son regard se voile d'incompréhension. La réponse à ta question caramela. Il regarde sa montre rapidement. Je vais être en retard pour mon prochain rendez-vous si cela continue, reprenons les choses sérieuses.
Il se lève et va dans un coin de la pièce pour allumer la lumière. La chambre se révèle aux yeux de Natalia. Elle est toute blanche. Le lit, les meubles, tout ce qu'il y a dans cette pièce est blanc. Mais surtout au sol, il y a une sorte de bâche blanche, elle aussi. Il revient à elle rapidement et la soulève en attachant ses poignets dans des menottes. Il accroche les menottes à une poutre dans la pièce, lui donnant toute la lassitude pour avoir accès à son dos. Natalia ne sait pas encore ce qui va leur arriver. Elle se dit qu'il va la laisser installée dans cette position sûrement toute la nuit, ce qui en soit n'est pas si dramatique. Au vu de tout ce qui lui est déjà arrivé. Elle aurait des crampes, mais rien de méchant.
Elle entend du bruit dans son dos, elle se met à remuer mais sa position ne lui permet pas de se retourner. Il couvre ses yeux d'un ruban et obstrue sa vue. Natalia n'est pas sereine. Tous ses sens sont en alerte. Il le sait et il en joue visiblement.
- Hé vous êtes là...
Aucune réponse à sa question.
- Répondez-moi putain...
Le silence à nouveau. Elle ne sent aucune présence autour d'elle comme si elle était toute seule. Mais elle n'a entendu aucun bruit, pouvant signifier son départ. Elle est méfiante.
- Pourquoi vous ne dites rien ? Vous étiez bien plus bavard tout à l'heure. Ou bien j'ai réussi à vous faire perdre votre langue.
Natalia sait que ce n'est pas forcement malin de provoquer son kidnappeur. Mais ne rien savoir, être dans le flou total est encore moins évident pour elle. Elle qui a l'habitude d'un certain niveau de contrôle dans sa vie. Une main froide attrape durement sa fesse droite la faisant gémir de douleur, tant le contact est brutal et soudain. Un souffle chaud apparaît à proximité de ses oreilles. Il est là, il a toujours été là. Même si cela ne constitue pas une victoire, elle est bien contente de voir qu'elle arrive à le faire réagir. Un bruit qu'elle a du mal à reconnaître brise le silence dans lequel ils sont. Il s'éloigne à nouveau d'elle. Son corps avait pris quelques degrés à son contact, en perd maintenant.
- ....
Natalia n'a même pas le temps de commencer ce qu'elle s'apprêtait à dire, qu'un coup v*****t vient vider l'air dans ses poumons. La douleur est tellement vive que tout son corps en tremble avant de s'appuyer sur la poutre pour reprendre des forces. Ses genoux fléchissent...
- Maintiens la position.
Son ton est différent de tout à l'heure. Natalia sent que l'ambiance vient de changer drastiquement. Il lui a dit, il lui a dit qu'il lui ferait du mal. Il fait claquer l'objet dans ses mains et Natalia comprend qu'il s'agit d'une ceinture. Les coups s'enchaînent sur son dos sans cadence. Le ruban l'empêche de prévoir les prochains coups et son corps ne réagit qu'après l'avoir reçu. Son dos est chaud, elle pleure, elle a mal, elle se sent perdre pied et perdre conscience. Elle a beau hurler et supplier, cela ne semble lui faire qu'augmenter l'intensité des coups. Elle se résigne et accepte son sort. Elle sait que personne ne peut la tirer de là. Personne ne viendra à son aide. Elle est dans les mains de ce fou, jusqu'à ce qu'il soit satisfait. Au bout d'un moment, elle glisse dans l'inconscient tellement la douleur est trop forte pour elle, elle ne sait plus le nombre de coups qu'elle a reçu, elle imagine son dos qui ne doit plus ressembler à rien du tout, elle s'imagine lentement mourir.
Puis tout s'arrête. Elle perçoit difficilement une sonnerie résonner dans la pièce. Elle entend à peine des voix d'hommes discuter dans son dos. Elle entend des mouvements. Elle essaie de tendre l'oreille mais tout son corps lui fait un mal de chien. Une porte s'ouvre et après, le silence reprend ses droits dans la pièce. Elle se sent partir, elle s'évanouit.
En se réveillant le lendemain, Natalia se retrouve dans le lit de sa chambre habituelle. Elle ne se rappelle pas comment elle est revenue mais elle imagine bien que c'est grâce à lui. Elle est couchée sur le ventre et essaie de rebasculer sur le dos quand une douleur vive lui arrache un hurlement, avant de lui empêcher tout mouvement. Les larmes refont surface sur ses joues, en même temps que les souvenirs de la veille. La porte de la chambre s'ouvre et un garde apparaît à l'entrebâillement. Il la regarde quelques secondes avant de refermer la porte. Elle n'aura aucune pitié ici. Elle ne sait pas ce qu'elle a fait pour mériter une telle sentence.
La porte s'ouvre à nouveau et cette fois-ci des pas entrent dans la pièce. Natalia ne bouge pas, la tête sur le côté.
- Caramela...
Encore sa voix. Comment ose-t-il après tout ce qu'il lui a fait subir hier? Natalia veut se tourner et le traiter de tous les noms, mais son intuition l'en dissuade. Rien n'est plus suicidaire que d'énerver un psychopathe. Parce que c'est bien ce qu'il est à ses yeux. Elle veut s'en sortir, elle va tout faire pour. Parce qu'il mérite de finir en prison.
- J'espère que tu as bien dormi. Il s'assoit sur le lit, et la retourne sur le dos pour que leurs visages se croisent. Le dos de Natalia la lance, mais elle fait tout pour ne pas montrer sa douleur. Ne pas montrer qu'elle a peur de lui, qu'elle a mal. Veux-tu venir petit-déjeuner avec nous ?
- J'ai le choix maintenant ? Elle joue la surprise ingénue. Depuis quand ?
- Pas vraiment. Mais je vais en profiter pour te mettre de la crème à nouveau et sortir te fera le plus grand bien.
Natalia ne comprend pas ce qui lui arrive. Elle ne comprend pas la logique de cet homme face à elle. Hier il la battait et aujourd'hui il lui demande de lui tenir compagnie pour aller déjeuner. Un vrai bipolaire.
- Natalia. Ne m'oblige pas à me répéter.
Son regard se noircit. Elle se lève tant bien que mal. Il la prend dans ses bras et la soulève en mode princesse avant de sortir de la pièce. Ils croisent différents hommes dans les couloirs de la villa avant d'arriver à une sorte de terrasse, qui donne une vue sur un grand jardin entretenu. Des hommes à différents coins du domaine surveillent, armés comme en temps de guerre. Autour d'une grande table, elle reconnaît Mateo, Rosa et Catalina. Ils déjeunent tranquillement. Andres la dépose sur un transat, avant de recevoir des mains de Ivan un pot de crème, qu'il applique avec douceur sur son dos. Natalia ne dit rien, mais elle peut voir au regard légèrement inquiet et surpris de Rosa, qu'elle va garder des marques. Elle ne veut pas que l'on la prenne en pitié, elle déteste cela. Et surtout, il lui a profondément interdit de le contredire ou de lui manquer de respect en face d'autres personnes. Elle n'est pas prête à subir les conséquences. On joue, quand on a des cartes en mains et tant qu'elle n'est pas rétablie, elle n'a aucune carte dans les siennes.