XLe rêve– Avant d’entrer dans le chalet, j’avais deviné d’instinct que le blessé ne pouvait être que Paul Elmer : c’était lui, en effet. Sa pâleur, le cercle bistré qui entourait, ses yeux fermés, la blessure qui lui traversait le front, le sang qui s’en échappait, l’angoisse que je ressentis, tout me révéla à quel point j’aimais déjà cette inconnue de la veille. On l’avait placé à la hâte sur un lit de sangles sans rideau. Tout en préparant le premier pansement, j’interrogeai le guide, et mon cœur complétait ses réponses. Le matin, Paul, sans doute après s’être informé de moi et avoir appris que j’étais sortie de l’hôtel, était parti dans la même direction. Il avait l’air comme fou, disait le guide. Excellent marcheur, habitué aux excursions alpestres, les chevaux qu’il demandait se fai


