Je ne racontai à personne la mort de Rex Hill. Ce moment si intime, si fragile, le partager l’aurait brisé encore davantage. Décrire son dernier visage, rapporter ses dernières paroles, ç’aurait été une trahison, même s’il ne m’avait rien fait promettre. Cela n’empêcha pas tout le monde d’être vite au courant. Son avis de décès, payé d’avance et rédigé par ses soins, fut publié dans The Times début septembre ; Black Rentals y était cité. Cela suffit aux gens du pays pour percer à jour les mensonges de cet homme qui se faisait appeler Shwartz, ce rusé renard. Je lus la rubrique nécrologique dans la cuisine, un après-midi, en dégustant les dernières prunes de l’été. « Sa propriété dans le Gloucestershire revient à sa fille unique. » Je cessai de mâcher. Et voilà. La vérité imprimée noir s


