Chapitre 11 :Séparation

1820 Mots
-Damien Je ne me sentais pas à l’aise à l’idée de la déflorer alors qu’elle était visiblement mal. Alors j’ai pris sur moi, malgré le soldat qui était déjà prêt à dégainer, je l’ai prise dans mes bras. Moi : tu t’es chamaillée avec ta mère. Anita explosant : elle avait dit que je serai libre une fois le bac en poche mais rien. Elle m’appelle toutes les 2 secondes pour savoir où je suis, ce que je fais. Elle continue de me surveiller comme un bébé. J’ai toujours agi en enfant « responsable », selon sa volonté, quand est-ce qu’elle va me lâcher ? J’étouffe, quand est-ce qu’elle va me laisser vivre ma jeunesse ? Mes grandes soeurs ont eu le même problème avec mes pères. Je ne sais pas à quelle liberté ils font allusion mais toutes se plaignent que rien n’a changé après le bac. Je ne vais pas lui dire que sa mère fait mal, d’ailleurs ce n’est pas mon rôle. Je l’ai juste consolée. Elle s’est endormie et je n’ai pas voulu le déranger alors je suis descendu papoter avec mes sœurs. Quand je suis remonté, Anita était réveillée, elle s’habillait. [Porte qui s’ouvre] Maman : il… En voyant Anita, son visage s’est assombri. Maman en hurlant : tu fais quoi chez moi ? Il ne t’a pas dit que je ne voulais pas te voir ici ? Elle est allée vers Anita mais je me suis mise entre elles. La maman d’Anita n’a jamais eu l’idée de lever la main sur moi, maman ne la touchera pas non plus. Maman furieuse : pousse-toi de là ! Damien dégage ! Comme je ne bougeais pas, elle s’est mise à me gifler. Qu’elle me frappe, mais elle ne touchera pas ma copine. Papa : qu’est-ce qui se passe ici ? Maman : il a encore emmené sa souillon ici, dans ma maison. Ton fils ne comprend pas. Ils étaient à moitié nus, cette petite c***n est venue écarter ses cuisses ici. Moi pleurant de colère : ce n’est pas une c***n. [PAF !!!] Maman : tu me fermes ta gueule. Papa : chérie laisse-les passer. Il va aller déposer la demoiselle. Maman : elle va sortir nue d’ici. Comme ça elle comprendra que je ne veux plus jamais la voir chez moi. Papa calmement : chérie ? Laisse-les passer. Elle s’est mise sur le côté et j’ai fait sortir Anita toujours en servant de bouclier. J’ai pris les clés de la voiture des enfants et on est parti. Je ne voulais pas la déposer chez elle, RAF de mes parents qui m’attendaient. Je n’ai pas envie de partir et lui laisser de mauvais souvenirs. On est allés manger des cocos les pieds dans l’eau salée en silence. Elle a posé sa tête sur mon épaule sans rien dire. En vrai j’avais honte. Moi : je suis désolé pour tout à l’heure. Anita en souriant : et tu appelles ma mère “maman dragon” ? Sauf que ta mère a de bonnes raisons de se méfier de moi. La mienne te juge de par ton statut social. Moi : je ne sais même pas quoi te dire. Anita : alors ne dis rien. On est restés ainsi jusqu’à ce qu’il commence à faire vraiment froid. Je l’ai déposée chez elle, on s’est embrassé avant qu’elle ne me laisse. Les parents m’attendaient au salon, surtout maman. Mais je ne lui ai même pas laissé le temps de l’ouvrir. Moi : Anita a 17 ans et elle a eu la meilleure moyenne de la province au bac, deuxième du Gabon. Anita a 17 ans et elle est vierge parce que sa mère lui répète depuis le bas âge que ses études étaient la seule chose sur laquelle elle devait dépenser son énergie. Anita est pauvre mais elle est très intelligente. Anita est pauvre mais c’est ma copine. Maman : c’est à moi que tu parles comme ça ? Tu veux que je te coupe les vives ? Tu veux ? Ainsi on verra si elle te suit toujours. Moi : sa mère ne lui permet pas de recevoir de cadeaux de qui que ce soit, je ne lui en ai jamais fait alors. A la limite on va manger mais même la ce n’est pas tous les jours. [Silence] Papa : dès que ton visa sort tu t’en vas Damien. La pauvreté est une maladie très contagieuse. Si encore elle était de la classe moyenne, mais une fille des Pk. Moi : … Papa : en attendant on va tous à Port-Gentil. Moi : je ne veux pas. Papa : je ne te demande pas ton avis. Je t’informe. Moi : je peux me lever ? Papa : vas-y ! Je suis monté dans ma chambre en claquant les portes bien fort. Je me sentais comme un lion en cage. Je bouillais de rage. Le lendemain on prenait l’avion pour Port-Gentil. Je suis resté enfermé dans ma chambre de tout le séjour, j’étais désagréable avec tout le monde. Qui ose me parler en prend cher pour sa peau. Je n’ai pas cessé d’hurler sur tout le monde. J’avais les boules. Maman : Damien maintenant tu te calmes ! Ton attitude risque de ne pas être à ton avantage tu m’entends ? Moi : … Maman : tu sors de cette chambre. Moi la fixant plein de colère : non ! Tu peux décider de tout : où je vais étudier, quand je pars, avec qui je dois sortir, etc. mais tu ne m’obligeras pas à subir avec le sourire. Je ne sortirai pas de cette chambre, je n’irai pas voir vos amis, parce que je ne veux pas être ici. Maman énervée : demain tu fous le camp ! Tu retournes à Libreville. Papa : c’est comme ça que tu veux quitter tes frère et soeur Damien ? Tu es conscient que tu pars bientôt ? Moi : j’en suis pleinement conscient et c’est pour ça que je ne voulais pas venir ici. Anita et moi avons passé toute une année à nous voir furtivement parce que sa mère est très stricte, je pars pour très longtemps, j’ai besoin que cette relation ait des bases plus ou moins solides avant de partir. Maman : cette fille est plus importante que ta famille ? Moi : il ne fallait pas avancer ma date de départ, il ne fallait pas me forcer à venir ici. Je passais du temps avec mon frère et mes soeurs, on faisait des activités ensemble. C’est toi qui as tout gâché comme d’habitude. [PAF !!!] Moi haussant le ton : gifle-moi autant que tu le voudras maman la vérité restera inchangée. Elle m’a fixé et ses yeux se sont remplis de larmes. Elle est sortie de ma chambre en claquant la porte. Papa : j’espère que tu ne le regretteras pas. Je vais changer ta date de retour sur Libreville demain. Va profiter de ta copine Damien, mais rappelle-toi que tu ne reverras pas ta famille avant ta remise de diplôme dans 5 ans si tu ne redoubles pas. Moi : … Il est sorti de la chambre et le lendemain je retournais sur Libreville. Je suis allé voir mère dragon. Moi : bonjour maman. Maman dragon : bonjour. Moi : Anita est là ? Maman dragon : je l’ai envoyée au marché. Moi : je peux l’attendre ? Elle ne m’a plus adressé la parole malgré mes nombreuses tentatives. Je parlais à un mur tout simplement. Puis… Maman dragon : tu pars quand au Maroc ? Moi : dans deux semaines. Justement je voulais vous demander la permission d’emmener Anita à la pointe Denis après demain. Elle a pouffé de rire et n’a pas répondu. J’imagine le jour où je viendrai lui demander la main de sa fille, on verra si elle fera encore autant le malin. Anita est arrivée et n’a pas été surprise de me trouver chez elle. Anita : bonjour. Maman dragon se levant : je suis dans ma chambre. Moi une fois qu’elle est partie : elle aussi elle est naze de moi. Anita : tu te vois hein ! Je l’ai accompagnée en cuisine où elle nous a fait un plat de poisson salé avec de la banane bouillie bien mûre. Un vrai régale. J’ai mangé avec elles, j’ai passé tout l’après-midi avec Anita dans la cour. Maman dragon à sa fille : la nuit arrive, ton invité à l’intention de dormir ici ? Je me suis levé pour dire au revoir. Anita : je l’accompagne en route. Maman dragon : ne dure pas, je veux t’envoyer. Quand on est sorti de la maison j’ai éclaté de rire. Finalement je crois que j’aime beaucoup cette femme. Moi : essaie de négocier une journée à la pointe de Denis. Anita : toi tu n’aimes pas ma paix. Moi : dis-lui que c’est son beau-fils chéri qui demande. Anita : elle était devant toi tu n’as pas demandé. Moi : j’ai oublié. Mais sinon sérieux essaie de nous négocier ça. Je pars bientôt bébé. Anita : ok ! Un smack rapide et je suis rentré. Le goût d’avoir la maison tout seul. . Anita : tes parents rentrent quand ? Moi : ils ne rentrent pas. Je vais partir sans les voir. [Silence] Anita : tu pars dans six jours, va les rejoindre. Au moins pour ton frère et tes sœurs. Moi : j’avoue que l’idée de partir sans les voir ne me réjouit pas. Anita : alors va. Je suis retourné à Port-Gentil en bateau, le cauchemar ! Un taxi jusqu’à la maison que le gardien a payé. Ma famille était à table, surpris et heureux de me voir. . J’ai profité à fond de ma famille et ensemble nous sommes rentrés à Libreville pour mon départ pour le Maroc. Anita est venue me dire au revoir à l’aéroport. Anita : à dans deux ans ? Moi : à dans deux ans. Sans tricher. Anita : c’est moi qui dois te dire ça. Si je triche tu le sauras. Moi la fixant avec toute la sincérité du monde : à dans deux ans sans tricher Anita. Je te le promets. J’ai dit au revoir à tout le monde et je suis monté me faire enregistrer. J’avoue que j’avais le coeur un peu lourd de laisser tous ceux que j’aime ici mais il le fallait bien, c’est pour mon avenir. [Alerte message] Maman « bonne voyage mon bébé. Sache que tout ce que je fais, je le fais pour ton bien. Je t’aime Damien, c’est toi qui m’as fait découvrir les joies de la maternité, je t’aimerai toujours. Que le Tout Puissant t’accompagne mon trésor. » Moi « je t’aime maman ! » Hôtesse : Mesdames et Messieurs nous allons… Ça y est. C’est le départ. Mon corps s’envole loin d’ici, mais mon coeur lui reste avec ma copine et ma famille. J’espère juste que ces deux années vont vite passer. Avant que je n’éteigne mon téléphone j’ai reçu un message d’Anita. « Tu me manques déjà mon amour, je me sens d’un coup bien seule. Je te souhaite bonne chance dans tes études. Je t’aime. » J’ai eu envie de descendre de cet avion et courir vers les miens, mais au lieu de ça, j’ai mis mon téléphone en mode avion. Ceinture bouclée et écouteurs aux oreilles, je regardais l’avion quitter le sol et m’emmener loin de mon pays, loin de ceux que j’aime.
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