IIITrois jours et trois nuits, dans le soleil et dans les ténèbres, ce porteur de la mélancolique nouvelle avait galopé. Il avait atteint Addis-Ababâ la veille, à la chute du jour. Aussitôt on avait averti en secret ceux qui ont mission de faire tonner les canons, afin qu’ils se tinssent prêts à remplir leur ministère, dès que Ménélik serait informé. On avait avisé le dignitaire qui bat le « Négarité », c’est-à-dire le Tambour de l’Empire. On avait prévenu les pleureurs et les pleureuses, tous ceux que l’on savait disposés à communier avec l’Aïeul de Pluie-d’Or dans l’amertume de sa douleur. Quand tout avait été préparé, vers deux heures du matin, le Dedjas Abata était venu frapper à la porte de la chambre, où, dans la confiance en Dieu et l’estime de ses peuples, dormait le Roi des Roi


