Chapitre 7

3165 Mots
encore, dit Jane, mais maintenant que mon cher oncle est là, j’ai l’espoir que tout va s’arranger. – Mon père est-il à Londres ? – Oui, depuis mardi, comme je vous l’ai écrit. – Et vous avez reçu de ses nouvelles ? – Une fois seulement. Il m’a écrit mercredi quelques lignes pour me donner les instructions que je lui avais demandées. Il ajoutait qu’il n’écrirait plus tant qu’il n’aurait rien d’important à nous annoncer. – Et notre mère, comment va-t-elle ? Comment allez-vous tous ? – Elle ne va pas mal, je crois, bien que très secouée, mais ne quitte pas sa chambre. Elle sera satisfaite de vous voir tous les trois. Mary et Kitty, Dieu merci, vont bien. – Mais vous ? s’écria Elizabeth. Je vous trouve très pâle. Vous avez dû passer des heures bien cruelles ! Jane assura qu’elle allait parfaitement et leur conversation fut coupée par l’arrivée de Mr. et Mrs. Gardiner que leurs enfants avaient retenus jusque-là. Jane courut à eux et les remercia en souriant à travers ses larmes. Mrs. Bennet les reçut comme ils pouvaient s’y attendre, pleurant, gémissant, accablant d’invectives l’infâme conduite de Wickham, plaignant ses propres souffrances et accusant l’injustice du sort, blâmant tout le monde, excepté la personne dont l’indulgence malavisée était surtout responsable de l’erreur de sa fille. – Si j’avais pu aller avec toute ma famille à Brighton comme je le désirais, cela ne serait pas arrivé. Mais Lydia, la pauvre enfant, n’avait personne pour veiller sur elle. Comment se peut-il que les Forster ne l’aient pas mieux gardée ? Il y a eu certainement de leur part une négligence coupable, car Lydia n’était pas fille à agir ainsi, si elle avait été suffisamment surveillée. J’ai toujours pensé qu’on n’aurait pas dû la leur confier. Mais, comme c’est la règle, on ne m’a pas écoutée ! Pauvre chère enfant ! Et maintenant, voilà Mr. Bennet parti. Il va sûrement se battre en duel avec Wickham, s’il le retrouve, et il se fera tuer… Et alors, qu’adviendra-t-il de nous toutes ? À peine aura-t-il rendu le dernier soupir que les Collins nous mettront hors d’ici et si vous n’avez pas pitié de nous, mon frère, je ne sais vraiment pas ce que nous deviendrons. Tous protestèrent en chœur contre ces sombres suppositions, et Mr. Gardiner, après avoir assuré sa sœur de son dévouement pour elle et sa famille, dit qu’il retournerait à Londres le lendemain pour aider Mr. Bennet de tout son pouvoir à retrouver Lydia. – Ne vous laissez pas aller à d’inutiles alarmes, ajouta-t-il. S’il vaut mieux s’attendre au pire, nous n’avons pas de raisons de le considérer comme certain. Il n’y a pas tout à fait une semaine qu’ils ont quitté Brighton. Dans quelques jours nous pouvons avoir de leurs nouvelles, et, jusqu’à ce que nous apprenions qu’ils ne sont pas mariés, ni sur le point de l’être, rien ne prouve que tout soit perdu. Dès que je serai à Londres, j’irai trouver votre mari ; je l’installerai chez moi et nous pourrons alors décider ensemble ce qu’il convient de faire. – Oh ! mon cher frère, s’exclama Mrs. Bennet. Je ne pouvais rien souhaiter de mieux. Et maintenant, je vous en supplie, où qu’ils soient, trouvez-les, et s’ils ne sont pas mariés, mariez-les ! Que la question des habits de noce ne les retarde pas. Dites seulement à Lydia qu’aussitôt mariée elle aura tout l’argent nécessaire pour les acheter. Mais, par-dessus tout, empêchez Mr. Bennet de se battre ! Dites-lui dans quel état affreux vous m’avez vue, à moitié morte de peur, avec de telles crises de frissons, de spasmes dans le côté, de douleurs dans la tête et de palpitations, que je ne puis reposer ni jour, ni nuit. Dites encore à cette chère Lydia de ne pas prendre de décision pour ses achats de toilettes avant de m’avoir vue, parce qu’elle ne connaît pas les meilleures maisons. Ô mon frère ! que vous êtes bon ! Je sais qu’on peut compter sur vous pour tout arranger. Mr. Gardiner l’assura de nouveau de son vif désir de l’aider et lui recommanda la modération dans ses espoirs aussi bien que dans ses craintes. La conversation continua ainsi jusqu’à l’annonce du dîner. Alors ils descendirent tous, laissant Mrs. Bennet s’épancher dans le sein de la femme de charge qui la soignait en l’absence de ses filles. Bien que la santé de Mrs. Bennet ne parût pas réclamer de telles précautions, son frère et sa belle-sœur ne cherchèrent pas à la persuader de quitter sa chambre, car ils savaient qu’elle était incapable de se taire à table devant les domestiques et ils jugeaient préférable qu’une seule personne, – la servante en qui l’on pouvait avoir le plus de confiance, – reçût la confidence de ses craintes et de ses angoisses. Dans la salle à manger, ils furent bientôt rejoints par Mary et Kitty que leurs occupations avaient empêchées de paraître plus tôt. L’une avait été retenue par ses livres, l’autre par sa toilette. Toutes deux avaient le visage suffisamment calme ; néanmoins, l’absence de sa sœur favorite, ou le mécontentement qu’elle avait encouru elle-même en cette affaire, donnait à la voix de Kitty un accent plus désagréable que d’habitude. Quant à Mary, elle était assez maîtresse d’elle-même pour murmurer à Elizabeth dès qu’elles furent assises à table : – C’est une bien regrettable histoire, et qui va faire beaucoup parler mais, de ce triste événement, il y a une leçon utile à tirer, c’est que chez la femme, la perte de la vertu est irréparable, que sa réputation est aussi fragile qu’elle est précieuse, et que nous ne saurions être trop en garde contre les représentants indignes de l’autre sexe. Elizabeth lui jeta un regard stupéfait et se sentit incapable de lui répondre. Dans l’après-midi, les deux aînées purent avoir une demi-heure de tranquillité. Elizabeth en profita pour poser à Jane maintes questions. – Donnez-moi tous les détails que je ne connais pas encore. Qu’a dit le colonel Forster ? N’avaient-ils, lui et sa femme, conçu aucun soupçon avant le jour de l’e********t ? On devait voir Lydia et Wickham souvent ensemble. – Le colonel Forster a avoué qu’il avait à plusieurs reprises soupçonné une certaine inclination, du côté de Lydia surtout, mais rien dont on eût lieu de s’alarmer… Je suis si fâchée pour ce pauvre colonel. Il est impossible d’agir avec plus de cœur qu’il ne l’a fait. Il se proposait de venir nous exprimer sa contrariété avant même de savoir qu’ils n’étaient pas partis pour l’Écosse. Dès qu’il a été renseigné, il a hâté son voyage. – Et Denny, est-il vraiment convaincu que Wickham ne voulait pas épouser Lydia ? Le colonel Forster a-t-il vu Denny lui-même ? – Oui, mais questionné par lui, Denny a nié avoir eu connaissance des plans de son camarade et n’a pas voulu dire ce qu’il en pensait. Ceci me laisse espérer qu’on a pu mal interpréter ce qu’il m’avait dit en premier lieu. – Jusqu’à l’arrivée du colonel, personne de vous, naturellement, n’éprouvait le moindre doute sur le but de leur fuite ? – Comment un tel doute aurait-il pu nous venir à l’esprit ? J’éprouvais bien quelque inquiétude au sujet de l’avenir de Lydia, la conduite de Wickham n’ayant pas toujours été sans reproche ; mais mon père et ma mère ignoraient tout cela et sentaient seulement l’imprudence d’une telle union. C’est alors que Kitty, avec un air de se prévaloir de ce qu’elle en savait plus que nous, nous a avoué que Lydia, dans sa dernière lettre, l’avait préparée à cet événement. Elle savait qu’ils s’aimaient, semble-t-il, depuis plusieurs semaines. – Mais pas avant le départ pour Brighton ? – Non, je ne le crois pas. – Et le colonel Forster, semblait-il juger lui-même Wickham défavorablement ? Le connaît-il sous son vrai jour ? – Je dois reconnaître qu’il n’en a pas dit autant de bien qu’autrefois. Il le trouve imprudent et dépensier, et, depuis cette triste affaire, on dit dans Meryton qu’il y a laissé beaucoup de dettes ; mais je veux espérer que c’est faux. – Oh ! Jane, si seulement nous avions été moins discrètes ! Si nous avions dit ce que nous savions ! Rien ne serait arrivé. – Peut-être cela eût-il mieux valu, mais nous avons agi avec les meilleures intentions. – Le colonel Forster a-t-il pu vous répéter ce que Lydia avait écrit à sa femme ? – Il a apporté la lettre elle-même pour nous la montrer. La voici. Et Jane la prenant dans son portefeuille la tendit à Elizabeth. La lettre était ainsi conçue : « Ma chère Harriet, « Vous allez sûrement bien rire en apprenant où je suis partie. Je ne puis m’empêcher de rire moi-même en pensant à la surprise que vous aurez demain matin, lorsque vous vous apercevrez que je ne suis plus là. « Je pars pour Gretna Green, et si vous ne devinez pas avec qui, c’est que vous serez bien sotte, car il n’y a que lui qui existe à mes yeux ; c’est un ange, et je l’adore ! Aussi ne vois-je aucun mal à partir avec lui. Ne vous donnez pas la peine d’écrire à Longbourn si cela vous ennuie. La surprise n’en sera que plus grande lorsqu’on recevra là-bas une lettre de moi signée : Lydia Wickham. La bonne plaisanterie ! J’en ris tellement que je puis à peine écrire ! « Dites à Pratt mon regret de ne pouvoir danser avec lui ce soir. Il ne m’en voudra pas de ne point tenir ma promesse, quand il saura la raison qui m’en empêche. « J’enverrai chercher mes vêtements dès que je serai à Longbourn, mais je vous serai reconnaissante de dire à Sally de réparer un grand accroc à ma robe de mousseline brodée avant de l’emballer. « Mes amitiés au colonel Forster ; j’espère que vous boirez tous deux à notre santé et à notre heureux voyage. « Votre amie affectionnée, « LYDIA. » – Écervelée, insouciante Lydia ! s’écria Elizabeth. Écrire une telle lettre dans un moment pareil ! Toutefois, ceci nous montre que de son côté il n’y avait pas de honteuses intentions. Mon pauvre père ! Quel coup pour lui ! – Il a été positivement atterré. Pendant quelques minutes, il est resté sans pouvoir articuler une syllabe. Ma mère s’est trouvée mal, et la maison a été dans un état de confusion indescriptible. – Oh ! Jane, s’écria Elizabeth, y a-t-il un seul de nos domestiques qui n’ait tout connu avant la fin de la journée ? – Je ne sais. Il est bien difficile d’être sur ses gardes en de tels moments. Notre mère avait des attaques de nerfs et je faisais tout mon possible pour la soulager. Mais je crains de n’avoir pas fait tout ce que j’aurais pu. L’horreur et le chagrin m’ôtaient presque l’usage de mes facultés. – Toutes ces fatigues ont excédé vos forces. Vous avez l’air épuisée. Oh ! que n’étais-je avec vous ! Tous les soins et toutes les angoisses sont retombés sur vous seule. – Mary et Kitty ont été très gentilles. Ma tante Philips, venue à Longbourn mardi, après le départ de notre père, a eu l’obligeance de rester avec nous jusqu’à jeudi. Lady Lucas, elle aussi, nous a montré beaucoup de bonté. Elle est venue mercredi nous apporter ses condoléances et nous offrir ses services ou ceux de ses filles au cas où nous en aurions besoin. – Lady Lucas aurait mieux fait de rester chez elle ! s’écria Elizabeth. Peut-être ses intentions étaient bonnes ; mais dans une infortune comme la nôtre, moins on voit ses voisins et mieux cela vaut. Leur assistance ne peut être d’aucun secours et leurs condoléances sont importunes. Qu’ils triomphent de loin et nous laissent en paix ! Elle s’enquit alors des mesures que Mr. Bennet, une fois à Londres, comptait prendre pour retrouver sa fille. – Il voulait, je crois, aller à Epsom, – car c’est là que Wickham et Lydia ont changé de chevaux pour la dernière fois, – et voir s’il pouvait obtenir des postillons quelques renseignements. Son but principal était de découvrir la voiture de louage qu’ils avaient prise à Clapham. Cette voiture avait amené de Londres un voyageur : s’il pouvait connaître la maison où le fiacre avait déposé son voyageur, il aurait à faire là aussi une enquête qui pouvait, pensait-il, lui faire découvrir le numéro et la station du fiacre. J’ignore ses autres projets. Il avait si grande hâte de partir et il était tellement troublé que j’ai déjà eu beaucoup de mal à lui arracher ces quelques renseignements. Le lendemain matin, on s’attendait à Longbourn à recevoir une lettre de Mr. Bennet, mais le courrier passa sans rien apporter de lui. Mr. Bennet était connu pour être en temps ordinaire un correspondant plein de négligence. Tout de même, en des circonstances pareilles, les siens attendaient de lui un effort. Ils furent obligés de conclure qu’il n’avait à leur envoyer aucune nouvelle rassurante. Mais de cela même ils auraient aimé être certains. Mr. Gardiner se mit en route pour Londres aussitôt après le passage de la poste. Par lui, du moins, on serait assuré d’être tenu au courant. Il devait insister auprès de Mr. Bennet pour qu’il revînt chez lui le plus tôt possible ; il l’avait promis en partant, au grand soulagement de sa sœur qui voyait dans ce retour la seule chance pour son mari de n’être pas tué en duel. Mrs. Gardiner s’était décidée à rester quelques jours de plus en Hertfordshire avec ses enfants, dans la pensée qu’elle pourrait être utile à ses nièces. Elle les aidait à s’occuper de leur mère et sa présence leur était un réconfort dans leurs moments de liberté. Leur tante Philips aussi les visitait fréquemment, et toujours, comme elle le disait, dans l’unique but de les distraire et de les remonter ; mais comme elle n’arrivait jamais sans leur apporter un nouveau témoignage des désordres de Wickham, elle laissait généralement ses nièces plus découragées qu’elle ne les avait trouvées. Tout Meryton semblait s’acharner à noircir l’homme qui, trois mois auparavant, avait été son idole. On racontait qu’il avait laissé des dettes chez tous les commerçants de la ville, et qu’il avait eu des intrigues qu’on décorait du nom de séductions dans les familles de tous ces commerçants. On le proclamait d’une voix unanime l’homme le plus dépravé de l’univers, et chacun commençait à découvrir que ses dehors vertueux ne lui avaient jamais inspiré confiance. Elizabeth, tout en n’ajoutant pas foi à la moitié de ces racontars, en retenait assez pour être de plus en plus convaincue de la perte irrémédiable de sa sœur. Jane elle-même abandonnait tout espoir à mesure que le temps s’écoulait, car, si les fugitifs étaient partis pour l’Écosse, ce qu’elle avait toujours voulu espérer, on aurait, selon toute probabilité, déjà reçu de leurs nouvelles. Mr. Gardiner avait quitté Longbourn le dimanche : le mardi, sa femme reçut une lettre où il disait qu’il avait vu son beau-frère à son arrivée, et l’avait décidé à s’installer à Gracechurch street. Mr. Bennet revenait d’Epsom et de Clapham où il n’avait pu recueillir la moindre information ; il se disposait maintenant à demander des renseignements dans tous les hôtels de Londres, pensant que Wickham et Lydia avaient pu séjourner dans l’un d’eux avant de trouver un logement. Mr. Gardiner n’attendait pas grand’chose de ces recherches mais comme son beau-frère y tenait, il s’apprêtait à le seconder. Il ajoutait que Mr. Bennet n’était pas disposé pour l’instant à quitter Londres et qu’il allait écrire à sa famille. Un post-scriptum suivait ainsi conçu : « Je viens d’écrire au colonel Forster pour lui demander d’essayer de savoir par les camarades de Wickham si ce dernier a des parents ou des amis en passe de connaître l’endroit où il se dissimule. Ce serait un point capital pour nous que de savoir où nous adresser avec des chances de trouver un fil conducteur. Actuellement, nous n’avons rien pour nous guider. Le colonel Forster, j’en suis sûr, fera tout son possible pour nous obtenir ce renseignement ; mais, en y réfléchissant, je me demande si Lizzy ne saurait pas nous dire mieux que personne quels peuvent être les proches parents de Wickham. » Elizabeth se demanda pourquoi l’on faisait appel à son concours. Il lui était impossible de fournir aucune indication. Elle n’avait jamais entendu parler à Wickham de parents autres que son père et sa mère, décédés depuis longtemps. Il était possible en effet qu’un de ses camarades du régiment fût capable d’apporter plus de lumière. Même sans chances sérieuses de réussir, il y avait à faire de ce côté une tentative qui entretiendrait l’espérance dans les esprits. L’une après l’autre, les journées s’écoulaient à Longbourn dans une anxiété que redoublait l’heure de chaque courrier. Car toute nouvelle, bonne ou mauvaise, ne pouvait venir que par la poste. Mais avant que Mr. Gardiner écrivît de nouveau, une lettre venant d’une tout autre direction, – une lettre de Mr. Collins, – arriva à l’adresse de Mr. Bennet. Jane, chargée de dépouiller le courrier de son père, l’ouvrit, et Elizabeth, qui connaissait le curieux style des lettres de son cousin, lut par-dessus l’épaule de sa sœur : « Mon cher Monsieur, « Nos relations de parenté et ma situation de membre du clergé me font un devoir de prendre part à la douloureuse affliction qui vous frappe, et dont nous avons été informés hier par une lettre du Hertfordshire. Croyez bien, cher Monsieur, que Mrs. Collins et moi sympathisons sincèrement avec vous et toute votre respectable famille, dans votre présente infortune, d’autant plus amère qu’elle est irréparable. Je ne veux oublier aucun argument capable de vous réconforter dans cette circonstance affligeante entre toutes pour le cœur d’un père. La mort de votre fille eût été en comparaison une grâce du ciel. L’affaire est d’autant plus triste qu’il y a fort à supposer, ainsi que me le dit ma chère Charlotte, que la conduite licencieuse de votre fille provient de la manière déplorable dont elle a été gâtée. Cependant, pour votre consolation et celle de Mrs. Bennet, j’incline à penser que sa nature était foncièrement mauvaise, sans quoi elle n’aurait pas commis une telle énormité à un âge aussi tendre. Quoi qu’il en soit, vous êtes fort à plaindre, et je partage cette opinion non seulement avec Mrs. Collins, mais encore avec lady Catherine et miss de Bourgh. Elles craignent comme moi que l’erreur d’une des sœurs ne porte préjudice à l’avenir de toutes les autres ; car, ainsi que daignait tout à l’heure me faire remarquer lady Catherine, « qui voudrait maintenant s’allier à votre famille » ? Et cette considération me porte à réfléchir sur le passé avec encore plus de satisfaction, car si les événements avaient pris un autre tour, en novembre dernier, il me faudrait participer maintenant à votre chagrin et à votre déshonneur.
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