Le tyran domestique – Ma chère Caroline, dit un jour Adolphe à sa femme, es-tu contente de Justine ? – Mais, oui, mon ami. – Tu ne trouves pas qu’elle te parle d’une façon qui n’est point convenable ? – Est-ce que je fais attention à une femme de chambre ? il paraît que vous l’observez, vous ? – Plaît-il ?… demande Adolphe d’un air indigné qui ravit toujours les femmes. En effet, Justine est une vraie femme de chambre d’actrice, une fille de trente ans frappée par la petite vérole de mille fossettes où ne se jouent pas les amours, brune comme l’opium, beaucoup de jambes et peu de corps, les yeux chassieux et une tournure à l’avenant. Elle voudrait se faire épouser par Benoit, elle a dix mille francs ; mais à cette attaque inopinée, Benoît a demandé son congé. Tel est le portrait du t


