Chapitre trois

3116 Mots
La quatrième prière arriva trop tôt, mais on la courba très scrupuleusement, puis la nuit suivit. On se quitta pour se retrouver aussitôt après la cinquième prière. Chacun vint avec sa couverture, car les nuits de l’harmattan sont froides et ventées. Les grands feux de bois illuminèrent et autour le palabre s’organisa jusqu’au premier chant du coq. On se retrouva dans l’après-midi de jeudi et tout le soir les voix tonnèrent devant un public amusé et attentif. Fama sommeillait. Enfin la vérité éclata. Le délégué étranger, ignorant des coutumes malinké, se répétait, se redressait et rebondissait, inconciliant, toujours indomptable, comme le sexe d’un âne enragé. Fama devait — c’était les consignes et il ne voulait pas en entendre d’autres — s’agenouiller aux pieds du président du comité, frotter à terre les lèvres et se dédire, jurer sur le Coran ouvert la fidélité au parti, au comité et à la révolution, jurer sur le Coran ouvert que jamais, tant dans l’ombre que dans le jour, jamais il n’entretiendrait dans son cœur la haine, la médisance contre le comité et le parti. Disons vrai : cela était aussi infaisable que manger les crottes d’un chien. — Vos propositions, cria Diamourou, ne ressemblent pas à notre accord. Le délégué ouvrit la bouche de celui qui se surprend sur la queue d’une vipère. Il ne sut pas qu’au gros du remue-ménage, quand tout déborda des bras des villageois, les anciens eurent peur. À laisser se continuer, il n’y aurait plus eu d’humanisme, de fraternité ; plus d’équilibre des forces invisibles qui sauvent le village, mais la haine entre les familles, la colère des génies, la malédiction des mânes. Et qui préservera des souffles des mauvaises sécheresses, des sauterelles, des épidémies et des famines ? Il fallait s’arranger, détourner les malheurs de la division. Les anciens convoquèrent Babou et Fama, au milieu de la nuit le mardi soir, la veille du palabre au cimetière devant les mânes des aïeux. Malheur à celui qui laissera transpirer un bout ! Le conseil secret des anciens palabra, évoqua les choses anciennes : Fama resterait le chef coutumier, Babou le président officiel. Et les choses futures aussi : les soleils des Indépendances et du parti unique passeront comme les soleils de Samory et des Toubabs, alors que les Babou, les Doumbouya resteront toujours à Togobala. Et on se réconcilia. « Laissons le grand palabre se développer et se poursuivre, les villageois l’aimaient et le délégué devait être joué ! » s’étaient-ils dit. Mais deux jours et deux nuits de palabre suffisaient. Les mots de Diamourou valaient un rappel, un signal. Aussitôt après ces mots tous les habitants, exténués, défaits par le long palabre, les partisans du comité et ceux mêmes du comité, les partisans de Fama, et Fama, Diamourou et Balla, tous s’agenouillèrent, tous supplièrent. Le délégué se leva ébahi. Après un silence il accepta que Fama entrât au comité. Louange au Tout-Puissant ! Louange aux mânes des aïeux ! Tant que le mur ne se fend pas, les cancrelats ne s’y mettent pas. Cancrelats des Indépendances, des partis uniques, de la révolution, vous ne pénétrerez pas, vous ne diviserez pas, vous ne gâterez pas Togobala ! Jamais ! Grâce aux sacrifices tués par nos aïeux. Le contentement du petit oiseau sur la branche au réveil du soleil pénétra dans Fama. Cette nuit-là il sombra dans le sommeil d’un homme qui s’est cassé le cou en tombant. Sans ronfler. Puces, poux, punaises et cancrelats se levèrent et s’acharnèrent sur tout son Pourquoi les Malinkes fêtent-ils les funérailles du quarantième jour d’un enterré ? Parce que quarante jours exactement après la sépulture les morts reçoivent l’arrivant mais ne lui cèdent une place et des bras hospitaliers que s’ils sont tous ivres de sang. Donc rien ne peut être plus bénéfique pour le partant que de tuer, de beaucoup tuer à l’occasion du quarantième jour. Avant les soleils des Indépendances et les soleils des colonisations, le quarantième jour d’un grand Malinké faisait déferler des marigots de sang. Mais maintenant avec le parti unique, l’indépendance, le manque, les famines et les épidémies, aux funérailles des plus grands enterrés on tue au mieux un bouc. Et quelle sorte de bouc ? Très souvent un bouc famélique gouttant moins de sang qu’une carpe. Et quelle qualité de sang ? Du sang aussi pauvre que les menstrues d’une vieille fille sèche C’était pour ces raisons que Balla aimait affirmer que tous les morts des soleils des Indépendances vivaient au serré dans l’au-delà pour avoir été tous mal accueillis par leurs devanciers. Fama, Balla, Diamourou avaient décidé de préparer pour le cousin décédé un au-delà large, et pour cela ils remontèrent aux grandes traditions et mirent à l’attache au milieu de la cour des Doumbouya, le matin des funérailles du quarantième jour, quatre bœufs ; nous disons bien quatre bœufs ! Comment les bœufs avaient-ils été acquis ? Un taurillon avait été octroyé par Balla, le vieux sorcier, pour honorer les Doumbouya et parce qu’un sacrifice n’est jamais perdu. Une vache avait été présentée par un beau-fils de l’enterré ; le beau-fils le devait car il n’avait pas acheté sa femme au comptant lors du mariage. Enfin deux bœufs soustraits à ceux que le cousin possédait. Les bœufs faisant partie de la succession avaient été dissimulés ; d’autres voulaient se les approprier au détriment de Fama. Ils ne le réussirent pas, parce qu’à Togobala la cachotterie la plus enfouie sous la profonde terre laisse toujours échapper une faible exhalaison ; de chuchotements en chuchotements Fama a su une semaine avant le quarantième jour que l’enterré avait confié des bœufs (cinq) à une femme d’un village éloigné du sud du Horodougou. « Grandeur d’Allah ! » s’écria-t-il, et il commanda qu’on en amenât deux. Récapitulons : donc, exactement quatre à tuer. Un c*****e, une ripaille aussi viandée bouleversa toute la province : elle ne tolérait pas d’absence. Et tous les habitants du Horodougou qui le devaient (et qui ne le devait pas ? après tout les Doumbouya étaient les chefs) et qui le pouvaient (et qui ne le pouvait pas en cette saison morte ?) se levèrent et marchèrent sur Togobala pour les funérailles du quarantième jour de l’enterré Lacina, le défunt cousin de Fama. De tous les horizons du village surgirent des étrangers, les Malinkés des villages environnants. Rien ne manquait aux marches : tam-tams, chasseurs, anciens, griots, femmes, filles et jeunes garçons. La brousse bruissait comme écrasée par de compacts troupeaux d’éléphants. Et cela pendant un soleil entier, du lever au coucher, et même dans la nuit on dénombra quelques entrées et puis toute la matinée du lendemain jusqu’à midi La mise en place commença après la deuxième prière. Mais avant cette mise en place d’autres étaient déjà recroquevillés sur des nattes à l’ombre des cases. Petit à petit desassis se répandirent dans la cour attenante jusqu’au cimetière. Puis arrivèrent les femmes chargées de calebasses d’aliments cuits et de pots de sauce qu’elles alignèrent et rassemblèrent autour des quatre bœufs à l’attache. Aux ménagères du village avaient été distribués grains et condiments. Dès le premier matin elles avaient pilé, attisé les feux des foyers, posé, descendu et reposé des canaris. C’était une réussite ; les plats couvrirent la moitié de la petite cour et tous les arômes : tô, foutou, fonio, piment, oignon provoquaient les rhumes des grandes mangeailles. Les marabouts — des prestigieux ! — il y avait même deux El Hadji — s’accroupirent au centre, à un pas des plats et se mirent à feuilleter des papiers jaunis. Fama trôna à droite du plus grand de tous les marabouts (le plus haut avec le plus grand turban). Diamourou se tint derrière son maître ; mais Balla avait été relégué loin, juste avant la marmaille et les chiens, parce que le féticheur était un Cafre. Tout attendait pour ouvrir de grandes funérailles dignes d’un Doumbouya ; quatre bœufs au centre tout brillants, tout meuglants, d’innombrables calebasses et pots d’aliments cuits, et autour, des hommes assis jusque dans les cours environnantes et à la périphérie la marmaille et la meute des chiens pelés. Le grand marabout fit commander le silence par le griot, puis lança un gros « bissimilai » et chantonna les versets. Et les rares privilégiés qui connaissaient le Coran dans les textes lurent à haute voix ; le gros des assis se serrèrent et tendirent les oreilles. Mais toutes les mains furent jointes et portées à hauteur des fronts luisant au soleil finissant ; tous communièrent dans une seule prière pour obtenir la clémence d’Allah et des mânes des aïeux. Quelle solennité ! quelle dignité quelle religiosité ! C’était si extraordinaire pour des Malinkés que leurs génies s’indignèrent et un maléfique tourbillon déboucha du cimetière, se mélangea dans les boubous et les feuillets des manuscrits (cela pouvait passer !), mais s’élança aussi sur les calebasses et les pots, fit voler quelques couvercles et renversa quelques sauces. Des huées échappèrent aux prieurs outrés et beaucoup, dont des marabouts turbannés, se levèrent pour redresser les choses. Et le tourbillon passa. Mais ses éloignement et perdition dans la brousse lointaine ne changèrent rien. La piété aussi était partie ; on lisait, priait d’un œil, l’autre caressait les bœufs et les calebasses pleines de riz cuit. À la satisfaction de tous, le grand marabout coupa la prière et passa le palabre aux griots. Tous les griots furent abondants et intarissables, même les plus minables, car chacun connaissait la généalogie et les exploits des Doumbouya dans le Horodougou. Vint le moment des présents ; chaque grande famille en offrit. Merci ! Merci à tous ! Puis ce fut un cri et un signe du marabout ; tous les solides gaillards du Horodougou se levèrent, ils se dégagèrent et se débarrassèrent des boubous. Torses nus ils s’attaquèrent aux bœufs. Et avant qu’on l’ait dit, ils les maîtrisèrent, les lièrent, les firent tomber et les égorgèrent. De grands couteaux flamboyants fouillèrent, dépecèrent et tranchèrent. Tout cela dans le sang. Mais le sang, vous ne le savez pas parce que vous n’êtes pas Malinké, le sang est prodigieux, criard et enivrant. De loin, de très loin, les oiseaux le voient flamboyer, les morts l’entendent, et il enivre les fauves. Le sang qui coule est une vie, un double qui s’échappe et son soupir inaudible pour nous remplit l’univers et réveille les morts. Quatre bœufs versent trop de sang ! L’enchaînement ne pouvait être endigué. Les chiens s’enragèrent et chargèrent. Demeurés jusqu’ici pieux et attentifs derrière lamarmaille, ils avaient été les premiers atteints. Prompts au combat, tous les Malinkés assis se précipitèrent, s’organisèrent et à coups de bâton se défendirent avec succès contre les crocs de la meute. Avec succès, malgré l’intrépidité des chiens, parce que les hommes étaient de beaucoup plus nombreux. Défaits, refoulés, vaincus, la discorde et la querelle ravagèrent les cabots, ils s’entre-déchirèrent les oreilles et s’entre-arrachèrent les yeux dans des aboiements d’enfer. La deuxième victoire des hommes fut remportée sur les charognards. Réveillés et affolés par le sang, les charognards tapissèrent tout le ciel et assombrirent le jour. Dans des cris sauvages, aigles et éperviers se détachaient par escadrilles, becs et serres en avant, et par des piqués audacieux jetèrent l’effroi et la panique dans la cérémonie. Les Malinkés contre-attaquèrent et vainquirent. Les oiseaux défaits se répandirent, s’éloignèrent et disparurent dans le profond cuivré du ciel. Il fallait en finir, parce que les gens étaient épuisés et le déchaînement des animaux et des choses devenait impétueux. Dans la fièvre et le brouhaha, les calebasses et les cuvettes de nourriture furent rapidement redistribuées et enlevées. Mais quand vint le partage de la viande rouge, on procéda avec soin, avec justice, avec recherche, et surtout, selon les coutumes qui ont fixé pour tel village ou telle famille, telle partie ou tel morceau, et tout fut déblayé en peu de temps, les quatre bœufs ramassés, enlevés. Puis les hommes rompirent le cercle, se dispersèrent, s’éloignèrent. Après eux il ne resta que les viscères et les entrailles abandonnés à la marmaille. Et sans qu’on les appelât les enfants se ruèrent vers leur part et comme des cordiers nains, ils tirèrent et promenèrent les intestins, s’enroulèrent dans les intestins, s’arrachèrent les boyaux. Et très rapidement, c’est-à-dire le temps de pousser des cris, de claquer les dents, la marmaille se dispersa et disparut comme s’envolent quand tombe la pierre des moineaux picorant sur l’aire du vannage. Les chiens furent admis après les enfants. Il ne restait plus rien, quelques pâtes d’excréments résultant du vidage des entrailles, beaucoup de mouches et du sang collé au sable. Les cabots arrêtèrent la guerre civile, happèrent les ordures, engloutirent toute la poussière sans négliger de temps en temps d’expédier quelques coups de crocs dans le plumage de la volaille qui avait resquillé en se glissant entre les pattes. Résultat : les charognards furent dédaignés ; tout avait été léché, nettoyé, picoré sans eux. Aussi les charognards rappelèrent-ils aux hommes, en poussant des cris sinistres au soleil couchant, que leur oubli était un sacrilège. Cette menace troubla la fête. On s’en alla consulter Balla. Le féticheur prévint tous les mauvais sorts lancés par les charognards mécontents en adorant les fétiches. Et les hommes rassurés cessèrent de se tourmenter et se livrèrent tout entiers aux réjouissances. Aussitôt après la dernière prière les tam-tams battirent dans la cour des Doumbouya. Ils battirent toute la nuit. À cause du frémissement des seins, de la pulsation des fesses et de la blancheur des dents des jeunes filles, contournons les danses : yagba, balafon, n’goumé. Mais asseyons- nous et restons autour du n’goni des chasseurs. Bâtardise ! Vraiment les soleils des Indépendances sont impropres aux grandes choses ; ils n’ont pas seulement dévirilisé maisaussi démystifié l’Afrique. Il n’y eut aucune diablerie ébahissante, mais de toutes petites, comme celles que Fama avait vues quatre-vingts fois parfaitement exécutées par un prestidigitateur toubab dans la capitale. Un chasseur s’enfonça une aiguille dans l’œil gauche et la retira de l’anus. Un autre alluma quatre doigts de poudre bien tassée avec quatre plombs, dans une oreille droite et recueillit à l’oreille gauche une calebasse d’eau contenant les plombs. Un troisième chasseur (mais cela, nous nous rappelons que Balla savait le faire) balança le fusil, qui se tint entre ciel et terre. Mais aucun n’appela de la profonde brousse la féroce panthère ou le buffle solitaire jusque dans le cercle de danse, pour l’abattre. Aucune goutte de sang ! Une danse, un n’goni de chasseurs sans sang, disons-le, c’était décevant. Décevants aussi les boum-boum des fusils de traite. Ils ne troublèrent personne, même pas les bêtes. Attirés et affolés par le fumet du sang qui continuait d’embaumer le village dans la nuit, les fauves venus des montagnes hurlaient derrière les cases et les taureaux mugissaient sinistrement dans les étables. On les entendait, du centre de la danse même, quand les batteurs s’arrêtaient pour tendre et chauffer les peaux des tam-tams. Ce furent des funérailles pleinement réussies. Mais pourquoi ? Diamourou et Balla, les jours suivants, pendant des palabres et des palabres, ont décompté les innombrables signes de funérailles exaucées. Un idiot, un enfant haut comme ça les aurait relevés. Un signe incontestable était ce rassemblement de Malinkés, plus nombreux que ce que force le parti unique à danser à l’arrivée de son président. D’ailleurs, comme toujours en pareille occasion, tous les présents n’étaient pas des hommes. Des génies, des mânes, des aïeux, et même des animaux avaient profité de ce rassemblement et s’étaient ajoutés à la foule. Balla, qui avait été à l’occasion un objet périphérique et avait été placé juste avant les chiens et les enfants, en savait quelque chose. Dix-huit au moins des gens qui l’ont dépassé flairaient le génie, le mâne, l’animal ou le diable. Un autre signe incontestable aussi : le bouleversement de l’univers. Des bousculades pareilles de bêtes et d’hommes pour du sang de funérailles, Balla en avait connu, tout le long de sa longue vie, trois seulement, et Diamourou quatre. Donc on pouvait admettre que depuis les soleils de Samory, dans le Horodougou il y eut trois ou quatre funérailles aussi réussies que celles du défunt cousin Lacina. Donc inutile de fatiguer la bouche pour le dire. Le sacrifice avait été accepté, totalement exaucé. Heureux étaient tous les morts, surtout les aïeux de Fama. Déjà l’enterré Lacina les avait rejoints. Jamais plus son double n’errera derrière les cases, ne hantera les rêves en quête de la place qui assure le calme de l’intérieur. Un voyage s’étudie : on consulte le sorcier, le marabout, on cherche le sort du voyage qui se dégage favorable ou maléfique. Favorable, on jette le sacrifice de deux colas blancs aux mânes et aux génies pour les remercier. Maléfique, on renonce, mais si renoncer est infaisable (et il se présente de pareils voyages), on patiente, on court chez le marabout, le sorcier ; des sacrifices adoucissent le mauvais sort et même le détournent. Mais le clair, ledroit, le sans reste, le sans ennui, c’est arrêter un voyage marqué par le mauvais sort. Un sacrifice, qui dira s’il sera oui ou non accepté ? Maintenant, dites-le-moi ! Le voyage de Fama dans la capitale (d’une lune, disait-il), son retour près de Salimata, près de ses amis et connaissances pour leur apprendre son désir de vivre définitivement à Togobala, pour arranger ses affaires, vraiment dites-le-moi, cela était-il vraiment, vraiment nécessaire ? Non et non ! Or le voyage de Fama portait un sort très maléfique. Seuls de très bons sacrifices pouvaient l’adoucir, et pour le détourner, de très durs sacrifices. Balla l’a dit et redit. Fama a durci les oreilles, il lui fallait partir. Une certaine crânerie nous conduit à notre perte. Qu’allait-il chercher ailleurs ? Il avait sous ses mains, à ses pieds, à Togobala, l’honneur (membre du comité et chef coutumier), l’argent (Balla et Diamourou payaient) et le mariage (une jeune femme féconde en Mariam). Pourquoi tourner le dos à tout cela pour marcher un mauvais voyage ? Personne ne peut aller en dehors de la voie de son destin. Balla était ahuri. Après tout, Fama, tu as beau être le dernier des Doumbouya, le maître de tout le Horodougou, tu ne valais que le petit-fils de Balla. Ignorant comme tu étais des vieilles choses et aussi aveugle et sourd dans le monde invisible des mânes et des génies que Balla l’était dans notre monde, tu te devais d’écouter le vieux féticheur. Un voyage au mauvais sort, c’est un accident grave et stupide, ou une terrible maladie, ou la mort, ou une intrigue… Fama voulait partir, il partirait. Et bien qu’il fût assuré de l’accueil de chien que Salimata servirait à Mariam, il accepta que celle-ci fût du voyage. Une vraie entreprise de possédé !
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