La femme du chef

1579 Mots
- AURIOLE : Zibi ? Quand il entendit ça, il se figea, il tremblait encore plus, tellement que sa cuillère était tombée comme s'il avait lancé. Puis, il répondit dans une suite de mots entrecoupés : - ZIBI : Maîtr... Maîtr... Maî... tresse... - AURIOLE : Zibi, donc même après m'avoir trahi, tu as eu le toupet et le courage de venir ici ? Donc, tu voulais aussi en finir avec ma fille ? Hein, tonton. Il se mit à genoux pour commencer à me supplier, ou plutôt à nous supplier à chaude larme. Tout ce qui sortait de ma bouche, j'en avais conscience, mais je n'avais pas l'impression que cela provenait de moi. - ZIBI : Maîtresse on m'a trompé... Ils m'ont menti maîtresse... Je vais tout te dire maîtresse. S'il te plaît ! Épargne moi. - AURIOLE : Zibi, ne t'inquiète pas, je sais que tu vas tout me dire... Et tu sais également ce qui va se passer par la suite. - ZIBI : Maîtresse non. Je t'en supplie ne me tue pas... S'il te plaît. Toi-même tu sais que la raison pour laquelle j'ai décidé de te servir était pour protéger ma famille... Si tu me tue maintenant... Si tu me tues maintenant maîtresse... Que deviendront ils maîtresse ? Je t'implore maîtresse... Accorde moi ton pardon. Je ferai tout ce que tu me demanderas de faire. - AURIOLE : Zibi, ton gros cœur, ton ambition et ta naïveté t'ont perdu. - ZIBI : Eeeh maîtresse s'il te plaît. Ne me fais pas ça maîtresse, pardon. - AURIOLE : Et pour ta famille... Ne t'en fais plus pour eux mama s'en est déjà occupée. Ils sont tous morts... Ou vont bientôt l'être. Vous l'avez compris, cette phrase, c'était bel et bien moi qui venais de la sortir. Ses cris de lamentations et de tristesse vis-à-vis de sa famille m'emplissait curieusement de joie. Et oui, mama avait vraiment décimé toute sa famille... Elle n'en avait épargné aucun, d'une simple piqûre de serpent mystique elle est avait tué et ceux qui ne l'étaient pas encore, ils allaient l'être sous peu. Pour vous expliquer, mama était allée chez Zibi et avait mordu sa femme et ses enfants à partir de ce moment, ils étaient déjà décédés. Il ne restait plus que l'un d'eux fasse même une petite chute, ou même qu'il reçoive un coup de poing de quelqu'un pour qu'il tombe raide mort. Vous n'imaginez pas à quel point la sorcellerie peut être dangereuse. À ce moment, les simples personnes ne pourraient se douter du superflu, ils se diront « il ou elle est tombé (e). L'enfant là devait être malade depuis ses parents ont négligé » et pour d'autres « il l'a tabassé à mort. Est-ce que c'est un coup de poing qui peut finir la vie d'un homme. Tel ou tel élève d'abord mal ses enfants », etc. Tout le monde ira de son bon lynchage. Mais jamais personne ne se doutera qu'il s'agissait en faite de sorcellerie. Sauf bien-sûr les personnes comme ma mère et moi qui pouvaient voir les traces de la morsure de ma mère ou les symptômes sur leurs corps. Mais même ceux-là qui voyaient cela, ils ne diront jamais rien. Jamais ils diront qu'il s'agissait d'une mort mystique. Autre chose que vous devez savoir sur une mort mystique est que dans une mort mystique, on ne meurt vraiment pas. Pour le cas de la famille de ZIBI, ses enfants et ainsi que sa femme une fois que tous seront morts et seront l'un après l'autre mis en terre mama dans la nuit allait reprendre leur dépouille les ressuscités et pour le restant de leur vie, ils devaient rester dévoués à ma mère. Du moins tant que son pouvoir exercerait sur eux. ZIBI quant à lui était désormais devenu notre esclave... Il n'avait pas eu d'autre choix que de nous céder toute sa force. Désormais, il était l'homme à tout faire de la maison, il s'occupait même d'apporter à manger à mama et de nettoyer les environs de l'arbre, il allait également souvent au marché puisqu'il fallait bien souvent sauver les apparences. J'avais déjà vécu ainsi avec une maman serpent depuis un peu plus de 1 an. Il y avait certe des choses qui se passaient sans que j'y comprenne grand-chose, mais vous dire ici que cela m'inquiétait serait vous mentir, car, j'étais satisfaite de la vie que je menais avec mama certe un serpent, mais c'était toujours ma mère et ZIBI qui tenait le rôle du tonton parfait et en plus sa fille cadette qui avait à peu près mon âge était venue nous retrouver à sa mort mama avait voulu qu'elle vienne pour les autres je n'ai jamais su ce qu'elle avait fait d'eux. Comme je vous le disais, je me plaisais dans cette nouvelle vie que j'avais. Jusqu'à ce matin-là, où Zibi était venu me transmettre un message du chef, à savoir qu'il demandait à me voir. Je vous les dis, j'étais une sorcière, mais alors une sorcière très puissante grâce à ma mère. Alors la demande du chef à me voir je l'avais laissée sans suite. Après quelques jours, il envoya de nouveau quelqu'un, mais cette fois, c'était une de ces femmes et fallu que ce soit Gertrude, la fameuse Gertrude. Vous vous souvenez d'elle lorsque j'allais annoncer le décès de ma mère au chef ? De comment elle m'avait parlé et parler de ma mère ? Pour vous dire que je ne l'avais pas dans mon cœur. Elle se faisait escorter d'un des gardes du chef. J'étais dans la chambre quand je l'entendis. - GERTRUDE : Toc toc toc ! Il n'y a personne ici ?... Il y a quelqu'un ? ZIBI devait être derrière entrain de s'occuper de l'arbre, car mama en serpent ainsi que sa fille étaient avec moi. Alors, je sortis regarder. Comme la porte était ouverte, elle essayait en se penchant de regarder à l'intérieur. Puis, elle me vit surgir à la porte et sursauta. - GERTRUDE : Heuil ! Mince ! L'enfant ci ! Bonjour, c'est le chef qui m'envoie te rappeler qu'il y a deux semaines il avait demandé à te voir. - AURIOLE : Et ? - GERTRUDE : Et comment ? Tu n'es pas venu, donc me voici pour te le rappeler. - AURIOLE : Va dire à ton mari... Que moi je n'ai pas envie de le voir, donc libère ma cour sur le champ. À ces mots, elle s'écria en tapant dans ses mains. - GERTRUDE : Eeeeeeeeeh ! Regardez-moi l'enfant qui défi l'autorité du chef ! Je vois que ta sorcière de mère... C'était même ce qu'elle n'aurait jamais dû dire. À ce moment elle-même se figea et me regarda un moment avant de me demander avec frayeur. - GERTRUDE : Qu'est... Qu'est-ce qui arrive à tes yeux ? Pourquoi ils ont la couleur là ? Je ne sais pas comment était mes yeux, mais elle voulut fuir, mais trop tard les portes s'étaient déjà refermées elle était prise au piège. - GERTRUDE : S'il te plaît... Ne me fait pas de mal. Pardon, je m'excuse. Nsinsim aide moi ! Le garde se plaça devant elle pour la défendre. - AURIOLE : Je n'ai jamais reçu quoique ce soit de vous dans ce village... Et aujourd'hui, tu viens ici, chez nous, pour oser nous manquer de respect et après tu nous supplies de ne pas te faire de mal ? - GERTRUDE : Pardon ooooh... Je ne savais pas... Pardon, je veux seulement rentrer chez moi. Mon roi, vient me sauver. Nsinsim ! Si vous ne comprenez pas, Nsinsim veut dire esprit. Chaque fois qu'elle le prononçait, s'était pour demander au garde de la protéger. Le garde était placé devant elle prêt à la défendre quant à un moment j'ai eu l'impression que ce n'était plus moi qu'il regardait, mais il regardait plutôt derrière moi. Je n'avais pas besoin de me retourner, je savais juste que c'était ma mère qu'ils regardaient et tout de suite après, le garde se me mis à genoux. Chose étrange ? Non, il avait juste reconnu la supériorité de mama et s'était incliné. Et quant à la femme du chef, elle restait horrifiée, elle criait, hurlait de toutes ses forces, d'ailleurs on aurait dû l'entendre puisque là-bas, les maisons n'étaient pas très éloignées. Mais comme je vous les dis, les portes étaient déjà fermées. De quelle façon ? Il ne s'agit pas ici de porte normale, mais de celle mystique... Une fois qu'elle les avait traversées, elle était déjà dans notre territoire et quand on les avait refermées, elle se retrouvait dans une obscurité total ou seule une ampoule brillait. Elle était donc prise au piège, si je puis ainsi dire. Donc avant même qu'elle ne comprenne pourquoi personne ne venait, ou ne l'entendait, mama avait surgi de derrière moi. Elle était devenue un serpent bien plus énorme et en un coup elle avait avalé la femme du chef. Et moi, satisfaite je dis. - AURIOLE : Tu es chez toi désormais. Là où tu dois être. Mama savait très bien ce qu'elle faisait, et moi, j'ignorais tout de son plan. En faisant disparaître la femme du chef, c'était là le début. C'était là, sa déclaration de guerre. Une guerre ou même des innocents allaient mourir sans jamais savoir pourquoi. Une guerre ou d'autres allaient même être porté disparu sans plus jamais réapparaître. Et cette guerre, c'est ma mère qui l'avait voulu.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER