AURIOLE : Que serpent mama ? C'est une blague ou bien ?
Si vous pensez que j'ai eu une réaction normale ici, je vous conseille de continuer à lire mon récit, vous ne manquerez pas d'être choqué.
- MAMA : Je comprends que tu sois surprise ma fille... Mais fait un effort s'il te plaît !
- AURIOLE : No... Non mama, à vrai dire je pense que je suis un peu plus que ça ! Je pense même qu'il faudrait me répéter ça, je veux vérifier si j'ai bien entendu.
- MAMA : Ma fille, je ne peux pas, j'ai très peu de temps... Mais c'est la seule façon que j'aie trouvée pour continuer à être présente et être près de toi comme tu le veux.
J'avais enlevé mon regard sur elle pour essayer de mieux assimiler ce qu'elle venait de me dire puis je lui avais lui demandé :
AURIOLE : Mais mama, dans ce cas, qui était le serpent que j'ai tué l'autre jour dans la brousse de derrière là ? Hein ?
Mais, surprise désagréable, ma mère m'avait dit là, ses dernières paroles, et elle s'était recouchée. Une fois que j'avais à nouveau posé le regard sur elle, je la vis entrain de convulser sous mes yeux. Ébahis et apeurée par cette horrible scène, croyez-moi il n'existe rien de pire que de voir la personne à qui vous tenez le plus au monde entrain de convulser pour rendre l'âme... Ou plutôt, si je puis le noter ainsi, le pire, c'est de voir son dernier souffle, le quitter. Et c'est la scène à laquelle moi j'avais assisté ; ma mère entrain de convulser, et puis, lâcher son dernier souffle.
Croyez-moi quand je vous le dis, c'est la pire des expériences que l'on puisse avoir ou vivre sur cette terre, ce que j'ai vécu ce soir-là, je ne vous le souhaiterais pas et encore moins à un ennemi, en tout cas aujourd'hui... Aujourd'hui, je ne souhaiterai jamais ce que j'avais vécu et ressenti à qui que ce soit.
Ce soir-là, j'avais ressenti de la peur, de la tristesse, de la colère, mais surtout j'avais ressenti de la haine, une haine farouche et profonde contre tout ceux-là qui de prêt ou de loin était responsable de la mort de ma mère, à commencer par un certain Dieu, également tous ces misérables de notre village, et bien sûr sans oublier mon père.
Ma mère était tout pour moi... J'en avais même oublié ce que ma mère attendait de moi quand subitement la porte s'ouvrit et un coup de vent très glacé passa entre mes jambes.
Là, je sortis rapidement, et je fis exactement ce que mama m'avait dit avant de mourir. C'est-à-dire : je suis allée derrière en courant, et lorsque que j'y étais, j'ai effectivement trouvé une jeune pousse d'arbres à l'endroit où elle m'avait dit, et au tour de celui-ci une chaîne, une chaîne qui donnait l'impression de scintiller. Elle n'était très longue, mais quand je l'ai ramassé sans toutefois avoir hésité une seule seconde, comme si elle savait que je voulais la mettre sur mes reins, elle était déjà plus longue et cet ainsi qu'à partir de ce moment, cette chaîne était au tour de mes reins.
Et après, je suis tout de suite repartie dans la chambre pour voir ma mère, voir si elle s'était réveillée, mais non, elle était belle et bien décédée !
Ma mère était partie !
Et c'est vraiment à cet instant que je me m'étais rendu compte de la situation, que ma mère était morte, et que j'étais maintenant seule au monde, j'étais maintenant devenu orpheline !
Ma mère était allongée, et je me suis mise à côté d'elle pour passer une dernière nuit à ses côtés et le lendemain, j'allais chez le chef du village pour lui annoncer le décès de ma mère.
Trois de ses femmes étaient dans la cour quand j'arrivais et ce sont elles qui m'avaient reçu :
- L'enfant ci, c'est comment, tu fais quoi ici le matin ?
- Ekié ! Gertrude, tu la chasses seulement. C'est l'enfant de Christelle, tu ne la reconnais pas ?
- Et quand c'est l'enfant de Christelle on doit lui faire la révérence ?
- Hum, Gertrude, ta bouche là, on t'a déjà parlé de ça. Ma fille, c'est comment ? Quelle est cette mine basse que tu trimballes le matin ?
- AURIOLE : Bonjour tantine, je venais pour voir le père ?
- Pourquoi ? Il y a un problème ?
- C'est ta sorcière de mère qui t'a envoyé ? C'est ça ?
Le regard que j'avais jeté à cette femme suite à ses mots, elle-même avait eu les frissons.
- Ne me regarde plus comme ça !
- Assied toi, je vais t'annoncer à papa.
Elle m'avait demandé de m'asseoir, mais j'étais resté debout. Deux minutes plus tard, elle revenait me chercher pour m'emmener où était le chef, on entra et je le vis assis sur son trône un genre de grosse chaise. Toutes ses femmes étaient venues et bien sûr ses gardes était aussi là ainsi que ses notables.
- CHEF : Que puis-je pour toi mon enfant ?
- AURIOLE : J'étais juste venu vous annoncer le décès de ma mère... Elle est morte hier soir.
Du coup ses femmes se mirent à chuchoter et il dut leur demander de faire silence. Ça devait peut-être faire partie de son charisme, mais j'avais remarqué que le chef n'avait pas eu l'aire d'être surpris.
Mais qu'à cela ne tienne, vers qui j'aurais pu me tourner ? Si ce n'était lui. Ma mère m'avait vraiment tout interdit, même pas avoir un ami de mon âge ou bien même quelqu'un vers qui je pouvais me tourner dans ce genre de situation. J'étais seule... Complètement seule.
- CHEF : D'accord ma fille... On fera le nécessaire. Mes condoléances hein.
Je lui envoyai un regard et je m'en allai sans un autre mot. Il était resté se concerte avec ses notables et ses femmes.