Vendred’5 Je suis comblé. Il y a Momo qui mange un sandwich au bar. Je l’admire parce qu’avec son unique main, il arrive à engloutir une demi-baguette bourrée de jambon, de rondelles de tomates et de tranches d’œufs durs sans en mettre partout. La classe, ce mec ! René est là aussi. Il allait partir mais en me voyant il change d’idée. J’avise une table peinarde et on s’y installe tous les trois. Je commande un poulet frites, une carafe d’eau, deux cafés, un pour Momo et le second pour moi, et un calva pour René. Ce dernier me paraît impatient : — Alors, où t’en es ? T’as vu le flic ? — Oui, j’allais justement t’en toucher deux mots. Si tu pouvais, à l’avenir, arrêter de lui raconter le peu que tu sais de ma vie privée, ça m’arrangerait. D’autant que le peu que tu connais, ça n’est pas f


