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837 Mots
- Si je vous ai fait convoquer en ce lieu, madame, commença le sultan depuis son trône, c’est en raison de mon désir de vous prendre pour épouse, la quatrième en vérité, acheva-t-il, se redressant dans sa posture majestueuse afin de scruter l’expression de son visage. La surprise la fit écarquiller les yeux, son pied frappant nerveusement contre le sol en un rythme désordonné. Elle ne savait pas quoi dire, son esprit s'embrouillant dans un tourbillon de pensées. Elle aurait pu envisager mille scénarios, mais celui-ci ne faisait certainement pas partie de ses attentes. L’idée même qu’un homme de son statut, un sultan aux pouvoirs immenses, puisse s’intéresser à elle, une simple femme parmi tant d'autres, la laissait sans voix. - Je… c’est que… votre majesté… Elle sentit son cœur s’emballer, chaque battement résonnant dans sa poitrine comme un cri silencieux. La pièce, richement décorée, semblait se refermer autour d'elle, les murs ornés de tapisseries et de dorures scintillantes devenant des témoins muets de son trouble. Elle leva timidement les yeux vers lui, cherchant à lire son expression, mais le sultan avait déjà revêtu un masque d'impassibilité. À cet instant, un sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres, un sourire qui semblants à la fois amusé et calculateur. Il inclina légèrement la tête, comme s’il attendait toujours sa réponse, son regard perçant la scrutait avec une intensité qui l’intimidait. Amira se sentait prise au piège dans un jeu dont elle ne connaissait pas les règles, et chaque seconde qui s’écoulait paraissait s’étirer à l’infini. - Votre majesté, je… je ne m’y attendais pas du tout. Le sultan, observant son hésitation, se redressa légèrement, son regard s’adoucissant. - Je comprends que ma proposition puisse vous surprendre, dit-il d’une voix calme. Mais laissez-moi vous expliquer. Mon défunt père, le sultan Fadh, a eu l’occasion de vous rencontrer une fois. Il m’a souvent parlé de vous, de l’impression forte que vous lui aviez laissée. Il croyait fermement que vous aviez quelque chose de spécial, quelque chose qui pourrait apporter un renouveau à notre royaume. Amira, abasourdie, ne savait que répondre. Les paroles du sultan résonnaient en elle comme un écho lointain. Elle se souvenait de cette rencontre fugace, de la façon dont son regard avait croisé celui du vieux sultan, et de la chaleur qu’elle avait ressentie à cet instant. - Votre père… a pensé cela de moi ? balbutia-t-elle, son cœur battant plus vite encore. Mais je suis simplement une femme ordinaire. - Non, la contredit-il , son regard se faisant plus intense. Mon père voyait au-delà des apparences. Il a toujours cru que le destin de notre royaume était lié à des choix audacieux. Il a senti en vous une force, une sagesse qui pourrait nous guider dans des temps incertains. Amira se sentit à la fois honorée et accablée par cette révélation. La responsabilité pesait lourd sur ses épaules, et l’idée de devenir l’épouse d’un sultan, de porter une telle légende, la terrifiait. - Votre majesté, je suis honorée par vos paroles, mais… cela m’effraie. Je ne sais pas si je suis prête à endosser un tel rôle. Le sultan se releva de son trône, sa stature majestueuse et imposante emplissant la vaste pièce ornée de tapisseries riches et de lanternes scintillantes. Il s'approcha d'elle, chaque pas résonnant comme un écho de puissance. Ses mains, larges et délicates à la fois, se posèrent avec assurance sur les accoudoirs de la chaise où elle était assise, lui conférant une sensation d'oppression, comme si le poids de son autorité l’enveloppait. Elle pouvait sentir son souffle chaud s’abattre sur sa nuque, une caresse brûlante mêlée à une menace subtile, un rappel de sa position. Puis, dans un murmure sibilant, teinté d'une insolence délibérée, il siffla : - Réfléchissez-y, Amira. Vous n’avez pas à prendre une décision immédiate. Je désire simplement que vous sachiez que ma porte vous est grande ouverte. Je vous offre une place à mes côtés, une existence parsemée de privilèges, mais également de lourdes responsabilités. Il recula légèrement, lui laissant un peu d’espace, mais son regard restait fixé sur elle, une invitation silencieuse à explorer cette nouvelle réalité. Amira, encore sous le choc de cette offre inattendue, sentit un mélange d’appréhension et de peur l’envahir. Elle savait que sa vie ne serait plus jamais la même, mais elle ne pouvait s’empêcher de se demander si elle était prête à embrasser ce destin, à devenir l'une des épouses du sultan et à entrer dans un monde où chaque pas serait scruté, chaque geste interprété. - Prenez votre temps, ajouta-t-il, son ton se radoucissant. Je ne suis pas pressé. Ce que je désire avant tout, c’est que vous soyez sincère avec vous-même. Amira hocha la tête lentement, consciente que ce moment marquait le début d’un chapitre nouveau et incertain. Elle se leva, se sentant à la fois légère et lourde de responsabilités, et l’inquiétude mêlée à l’espoir l’accompagnait alors qu’elle quittait la salle, laissant derrière elle le sultan, son trône, et la promesse d’une vie qu’elle n’avait jamais imaginée.
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