VIII C’est une manie qu’a ma mère de m’éjecter dès la dernière gorgée de café avalée. La pauvre imagine sûrement que mes activités professionnelles nécessitent une rigueur draconienne et que mes journées sont trop courtes pour les accomplir. Donc, à quatorze heures quinze, je me retrouve sous le soleil qui cuit les trottoirs de la rue Pouchet. Elve est à la fenêtre et me fait des signes pendant que sa mamie, j’imagine, commence la vaisselle. Souvent, je lui propose de l’aider à laver nos trois assiettes et ses deux casseroles, mais invariablement elle me répond : — Laisse, j’ai que ça à faire. Tu sais, à mon âge… « Et moi donc ! » je pense, en franchissant la porte. Désœuvré, je regagne, machinal, ma Fiat garée un peu plus loin. Une contractuelle s’affaire déjà dans sa tenue bleue comm


