5 Ça y est, les voilà partis ! Les flics à leurs affaires, René à ses caddies et moi je reste seul à ma table de bistro. Quelque chose me trouble et vous allez comprendre la raison qui me retient ici. À deux tables de moi, en diagonale, de l’autre côté du passage et me faisant face, il y a une nana assise, les jambes croisées très haut, en minijupe. Cette vision m’hypnotise et je me dis que, fatalement, elle va devoir, à un moment ou à un autre, décroiser les jambes, soit par lassitude, soit pour quitter l’endroit. Depuis le début de ma conversation avec les flics elle n’a pas bougé d’un poil (c’est le terme approprié). Je me demande comment font les filles pour rester ainsi, jambes croisées, pendant des heures, sans être victimes de fourmis. Moi, j’peux pas. Si je ne remue pas les guibol


