XIII La tunique retrouvée Par une chance prodigieuse, ce paysan n’avait pas eu l’idée de porter une main curieuse sur la couture de la tunique et ne voyant dans ce haillon que la défroque d’un mendiant, il ne songeait qu’à s’en débarrasser. Ascylte, ayant vérifié que le dépôt était toujours là et que le vendeur n’était pas de taille à lutter avec nous, me prit à part : « Sais-tu bien, dit-il, mon vieux, voilà que nous revient le trésor que je t’accusais d’avoir pris. Ou je me trompe fort ou le magot est encore au complet dans la doublure. Et maintenant, que faire, ou de quel droit revendiquer notre bien ? » Je nageais dans la joie : non seulement nous retrouvions notre argent, mais encore le hasard me lavait d’un soupçon déshonorant. J’opinai que, sans prendre de détour, nous portions


