» J’ai eu, depuis, entre les mains, dans cette même chambre d’Émile et dans la mienne propre, grâce à des ruses d’amant en danger, bien des volumes clandestins et que j’ai bien aimés, depuis la Peau de chagrin, de Balzac, jusqu’aux Fleurs du mal, de Baudelaire, sans parler des poèmes de Henri Heine et des romans de Stendhal. Je n’ai jamais éprouvé d’émotion comparable à celle de ma première rencontre avec le génie de l’auteur de Rolla. Je n’étais ni un artiste ni un historien. La valeur plus ou moins haute de ces vers, leur signification plus ou moins actuelle me laissait donc indifférent. C’était un frère aîné qui venait me révéler, à moi, chétif encore, et qui n’avais pas vécu, l’univers dangereux de l’expérience sentimentale. Ce que j’avais senti obscurément, cette infériorité intellec


