Antoine sursaute. Perdu dans ses pensées, il vient d’avoir la confirmation de ce qu’il savait. « Je suis Marcel ». Il se remémore le visage de son grand-oncle rue de Chabrol en 1915, la voix à l’accent traînant comme celle de Charles, les cheveux moussant sur un front large et plat, les yeux atones qui soudain étincellent. « Comment ai-je vieilli ? » s’interroge-t-il étrangement. — Oui, je t’écoute. Je me demandais ce qu’on allait faire maintenant. — Eh ! Je crois que ce coup sur la tête t’a bien dérangé l’esprit. Ce serait bien que tu ailles voir qui tu sais. — Non, ça va aller. Faut juste que je récupère un moment. Vas-y, rappelle-moi le programme ! Il s’étonne du ton autoritaire avec lequel il parle, mais son interlocuteur n’en prend pas ombrage. Peut-être est-ce un subordonné dans


