Je dois vous avouer, ma très chère amie, que je vous écris toutes ces choses, en partie pour me soulager le cœur et en partie aussi pour vous donner une petite démonstration de mon style. Car vous avez certainement remarqué, ma petite mère, que mon style s'est grandement amélioré depuis quelque temps. J'ai appris à rédiger. En ce moment toutefois, je me sens gagné par une telle mélancolie que je commence à me complaire avec sympathie à ma propre vie intérieure, que je me sens comme empli d'une bienveillance extrême pour moi-même. Bien que je sache, ma petite mère, que cette sympathie-là ne changera rien à ma situation, elle me permet néanmoins de me rendre justice jusqu'à un certain point. C'est un fait, ma chère amie, qu'il nous arrive parfois de nous rapetisser à nos propres yeux sans au


