III

505 Mots

III M. Bienséant n’avait pas menti. C’était une adorable personne que son infidèle moitié. Oui, les cheveux de Fernande – c’était son nom – étaient les plus merveilleux du monde, de mille nuances diverses que traversaient des coulées d’or sombre, avec un frisson d’épis aux tempes ; ses yeux, d’un gris très fin, pailletés d’étincelles, s’animaient tout à coup de charmantes férocités et se voilaient soudain de menteuses mélancolies. L’incorrection toute parisienne d’un nez aux narines vibrantes comme les ailes d’un papillon rose contrastait délicieusement avec les lignes antiques du menton un peu épais, à la grecque, et tel que nous l’admirons dans les médailles. Les épaules, la gorge, les reins étaient tels que son mari les avait décrits au pudique Cocural. Je n’ai aucune raison pour m’en

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