TABOO // L'intégrale
Le Père de ma Meilleure Amie
Pauline Costa
TOME 1
Le bus déposa Jess à quelques pâtés de maisons de chez sa meilleure amie Fiona. Nostalgique, elle prit un instant en descendant pour respirer les parfums qui émanaient du lotissement, et les souvenirs affluèrent à son esprit, vifs et précis. C’était comme si tout s’était passé hier. En marchant dans les rues sinueuses du quartier, elle revivait avec précision son adolescence, à la fois heureuse et bouleversée. Elle passa devant le petit square où elle avait échangé son premier b****r plus jeune, et sourit à ce souvenir. Elle était à la maison.
Jess avait pris le train le lendemain de la nouvelle. Elle travailler à la bibliothèque de l’Université, lorsqu’elle avait reçu un appel de Fiona. Elle s’était éclipsée directement pour aller téléphoner dehors, curieuse de savoir pourquoi Fiona appelait alors même qu’elles s’étaient vues la veille. La conversation qu’elles avaient eue, jamais elle ne pourrait l’oublier.
« Hello Fiona ! Ca va ? » demanda Jess d’une voix enjouée. « Je sais que je te manque déjà, mais ça fait à peine 24h là » continua-t-elle taquine.
Elle attendit la réponse de sa meilleure amie mais un silence lui répondit. Cette réaction était totalement anormale, puisque Fiona était la personne la plus bavarde et la plus exubérante que Jess connaissait. Elle avait plutôt tendance à couper la parole qu’à laisser des silences pesants s’installer, que ce soit au téléphone ou dans la vie. Cela n’annonçait donc rien de bon, et Jess pressentit que quelque chose de terrible s’était passé.
« C’est ma mère » dit Fiona d’une voix blanche. « Elle est… elle est… ». Elle éclata en sanglots, et tenta vainement de finir sa phrase. « Elle est… morte Jess ».
La suite de la conversation Jess ne parvenait même pas à s’en souvenir, tout était aller très vite, et là voilà, ici à l’entrée du jardin de la maison dans laquelle elle avait passé la plupart de son enfance et de son adolescence.
Elle sonna timidement à la porte. C’est Ethan, le père de Fiona qui vint lui ouvrir. Jess n’était pas revenu depuis plusieurs années, et voir Ethan lui fit un choc. Un tel choc qu’elle ouvrit la bouche toute grande, et la referma rapidement lorsqu’elle s’en rendit compte. Ethan était grand, carré d’épaule, avec d’adorable fossettes sur les joues et des grands yeux d’un brun lumineux. La tristesse apparaissait clairement sur son visage, et il paraissait presque enfantin, avec son regard d’enfant perdu et ses épaules un peu voutées. Jess n’hésita pas une seconde et le prit dans ses bras tant elle sentait sa détresse. Elle aspira une grande bouffée de son odeur, odeur de savon et de mousse à raser du matin. C’était une odeur fraîche et viril, qui ramena Jess quelques années auparavant, quand elle n’était alors qu’une gamine polissonne. Elle se sentit vaciller tant cette odeur était concentrée, et en fait, elle devait bien l’admettre, extrêmement excitante. Surprise de cet effet, Jess sentit sa tête tourner un peu. Leur étreinte dura très longtemps, et Jess frotta le dos d’Ethan, si bien qu’elle put sentir ses muscles noueux, saillants et tendus sous l’effet de la tristesse. Elle lui caressa le dos, depuis la nuque jusqu’au creux des reins, d’un geste tendre, affectueux et appuyé. Il finit par s’abandonner complétement, et s’appuya de tout son poids sur la jeune femme. Il serra Jess très fort contre lui, en la tenant par la taille dans une étreinte charnelle fusionnelle. C’était la première fois qu’ils avaient ce genre d’étreinte, à la fois passionnée, unie, et désespérée. Chacun sentait la présence de l’autre, et leurs corps étaient étroitement enlacés, leurs ventres se touchant, leurs mains s’agrippant au dos de l’autre dans une tentative désespérée de se débarrasser du chagrin. Ils restèrent un long moment dans cette position, comptant l’un sur l’autre pour ne pas tomber, au sens propre comme au sens figuré.
Enfin, Jess se recula pour regarder Ethan dans les yeux, et lui exprimer tout son soutien et tout son sentiment de tristesse partagé. Ethan, complétement bouleversé la regardait, perdu, recherchant désespérément un contact réconfortant en la personne de celle qu’il avait si longtemps considérée comme sa propre fille.
« Ethan… » commença Jess. Elle ne savait même pas ce qu’elle allait dire, ni comment exprimer tout ce qu’elle ressentait. Elle avait envie de lui dire tellement de choses, elle avait envie de pouvoir le réconforter et le guérir de son chagrin d’une seule phrase. Elle avait envie de tellement de choses.
Il la coupa sans même qu’elle dise quoi que ce soit, posant un doigt délicat sur sa bouche, lui signifiant par là qu’il comprenait ce qu’elle voulait lui dire, qu’elle n’avait même pas besoin de s’exprimer, qu’il savait toute sa sollicitude. Il rouvrit ses bras pour l’inviter à une nouvelle étreinte, seul moyen de véritablement transmettre tout son amour. Jess s’y précipita, plus rapidement et plus avidement qu’elle ne s’y attendait, et elle se surprit à intensifier encore plus l’étreinte, à se coller encore plus contre le corps si sexy d’Ethan.
Se séparant après de nouvelles longues minutes, Ethan invita Jess dans leur maison. Elle le suivit, détaillant au passage le corps d’Ethan, qu’elle redécouvrait sous un nouveau jour après leur étreinte ambiguë. Il avait de larges épaules, musclées naturellement, une taille fine et des jambes fuselées de coureurs. Il se tenait légèrement voûté et sa démarche était mal assurée, il était visible que le chagrin pesait sur ses épaules. Il était habillé d’un simple polo noir à manche courte, qui le moulait avantageusement. Il portait un jean cintré, qui faisait ressortir ses fesses bombées. Son look était à la fois désespérément simple et lui allait pourtant si bien qu’il en était extrêmement sexy et excitant.
Ethan lui fit parcourir la maison pour l’amener à la chambre d’ami, celle qui allait être celle de Jess pendant son séjour. La pièce, décorée avec des couleurs chaudes avait un énorme lit double en son centre. Bien trop grand pour y dormir seul.
« Fiona ne sera là que dans deux jours » dit Ethan en se tournant vers Jess. « Elle m’a dit qu’elle devait rendre un travail à l’université absolument et qu’elle ne pouvait prendre qu’une semaine de congés ».
« Je sais » dit Jess. « Elle m’a prévenu tout à l’heure, mais j’avais quand même envie de venir pour toi » renchérit-elle d’une voix douce. Elle lui fit un sourire et lui prit la main d’un geste tendre et affectueux.
Ethan lui adressa un sourire reconnaissant, se laissa faire et parcourra distraitement la paume de la main de Jess avec son pouce. Jess sentit un frisson électrique parcourir son corps, et savoura ce contact, même infime.
« Tu peux installer tes affaires comme bon te semble » reprit Ethan. « Je t’ai fait de la place dans l’armoire, et tu peux bien sûr utiliser le bureau pour travailler. Bienvenue chez toi » ajouta-t-il avec un sourire triste. « Je descends faire le dîner, rejoins-moi quand tu veux ».
Il tourna les talons, et de nouveau Jess en profita pour regarder son dos magnifique. Tout en déballant ses affaires, des pensées contradictoires assaillirent son esprit. La tristesse de la perte de la mère de Fiona, l’état de sa meilleure amie, et en même temps Ethan et ses grands yeux d’enfant perdu, et son corps si sexy. Jess avait la tête qui tournait à force de s’empêcher de penser à Ethan d’une manière qui semblait inconvenante dans un tel contexte. Elle se rassura en se disant qu’elle avait tout simplement tellement envie de le réconforter que ses pensées en devenaient confuses.
Elle termina de ranger ses affaires un peu partout, consulta ses mails pour vérifier qu’aucune urgence ne l’attendait et décida de descendre pour aider Ethan à préparer le repas.
Il se tenait debout dans la cuisine, coupant des légumes sur l’ilot central.
« Hey ! Bien installée alors » lui demanda-t-il avec un vrai sourire. Il paraissait plus enjoué et plus détendu que tout à l’heure, ce qui ravit Jess.
« Oui merci ! Ca me fait plaisir de revenir ici ! Qu’est-ce que tu fais de bon ? Je peux t’aider ? » ajoute-t-elle en s’approchant avec un sourire.
« Oui, je connais faire une tarte, tu peux t’occuper de la pâte en attendant si tu veux ».
Ils firent la cuisine ensemble, papotant avec légèreté de tout et de rien. C’était une parenthèse un peu surréaliste, où tout semblait être oublié pendant un instant, et où ils partageaient juste un bon moment tous les deux. Leur complicité était vraiment naturelle, et ils ne tardèrent pas à se chamailler, à propos de tout et de rien, et surtout de la pâte de Jess qui ne ressemblait pas à grand-chose.
« Mais qu’est-ce que tu fabriques ? » demanda Ethan en rigolant. « Regarde la tête de ta pâte, comment veux-tu faire quoi que ce soit avec ça ? ».
« Et bien, fais le toi-même » rétorqua Jess mi-riante, mi-vexée.
« Viens là, je vais te montrer » dit Ethan en se radoucissant.
Passant derrière elle, il plaça ses mains autour de Jess, posant ses mains sur celle de la jeune femme pour guider ses gestes. Ils malaxèrent la pâte en silence pendant un petit moment, chacun perdu dans ses pensées. A nouveau, Jess sentit le même frisson électrique parcourir son corps, tandis qu’elle sentait la présence d’Ethan derrière elle, ses mains sur les siennes.
Ils dînèrent tranquillement, parlant de tout et de rien, dans une ambiance détendue et chaleureuse. Ils avaient une connexion naturelle, et les mots leur venaient simplement, sans arrière-pensée.
Jess remonta dans sa chambre, et prit une douche rapide, toutes ses pensées la ramenant sans cesse à Ethan. Fatiguée par sa journée de travail et de trajet, elle décida de se coucher tôt et de terminer un devoir pour l’université. Elle s’endormit à moitié devant, et regarda sa montre. Il était minuit dix, et Jess se leva pour aller aux toilettes. Ceux-ci étaient situés à côté de la salle de bains, qui elle était collée à la chambre d’ami.
A moitié somnolente, Jess sortit de sa chambre, et entendit le doux bruit de l’eau qui coulait dans la douche. Bizarrement, la porte de la salle de bains était restée ouverte. Sans doute une habitude d’Ethan qui vivait désormais seul, se dit Jess. Elle ne put s’empêcher de tourner la tête au moment de passer devant. Elle le vit, nu, la tête appuyée sur le bras, broyant du noir dans la douche. Il était encore plus divin nu, son corps musclé et mouillé. Le regard de Jess glissa le long de son torse et de ses abdos saillants, jusqu’à son membre qui lui parut si appétissant, ses cuisses musclées… La tête de Jess commença à lui tourner et elle retourna rapidement dans sa chambre.
Le reste de sa nuit fut agitée. Elle avait chaud, ne savait quelle position adopter, et elle gigota sans cesse. Ses rêves furent agités aussi, et au matin, elle se souvenait parfaitement avoir rêvé d’Ethan nu, sans savoir précisément de quoi d’autre. Troublée et terriblement excitée, elle devait bien l’admettre, elle décida d’affronter la journée le plus neutralement possible. Mais au fond d’elle, elle avait absolument envie de le réconforter et elle décida de passer à l’action le soir même.
La journée se passa délicieusement, il fit un temps magnifique l’après-midi. Le matin chacun vaqua à ses occupations, et l’après-midi, ils se retrouvèrent sur la terrasse pour profiter ensemble du soleil radieux. Jess avait mis un haut court, qui dévoilait sa taille fine et ses seins rebondis. Au moment de descendre sur la terrasse, les marches encore glissantes de la pluie matinale, Ethan attrapa Jess par la taille pour l’aider. Riant comme une petite fille, Jess se laissa faire. La reposant au sol, les mains d’Ethan s’attardèrent sur sa taille. La journée fut ainsi remplie de contacts, légers et anodins qui rendirent la jeune femme plus téméraire.