2. La Disparition Thibaud eut un mal fou à s’endormir. Au fil des heures, il n’en finissait pas de se retourner entre ses couvertures, sous ses peaux de loup. Il avait tantôt chaud, tantôt froid. Par une fenêtre étroite qui s’ouvrait vers le sud, se glissait le vent de la nuit. Il apportait une odeur de bois mouillé, tout comme celle des bourgeons au seuil de l’éclosion. À intervalles réguliers, les cris hurlés des sentinelles postées sur les remparts se répondaient l’un l’autre. La lune disparaissait, le plus souvent, sous les nuages. Un bref appel de trompe{8} fit se dresser le jeune châtelain. Mais non, il n’avait pas rêvé. Quelque chose d’inhabituel venait de se produire. Le temps qu’il quitte son lit, Thibaud perçut une cavalcade. Des hommes devaient courir. De nombreux cliquetis


