Tragomer ne répondit rien, il était sincèrement ému. Il se dit : « Voilà un des hommes les plus courageux que je connaisse. Car il sait qu’il est poltron et il marche tout de même. » Il ne voulut pas confier ce qu’il pensait à Marenval, il craignit de l’épouvanter, en lui faisant comprendre à quel point il le jugeait digne d’estime. Il lui tendit la main : — Et bien, cher ami, séparons-nous, et, ce soir, au petit Cercle, si vous n’avez rien à faire. Nous conviendrons de nos faits, pour demain. — C’est entendu. Mais je vous vois tout habillé. Voulez-vous que je vous jette quelque part ? — Soit. À la Madeleine. Ils partirent, très contents l’un de l’autre. Marenval parce qu’il se sentait grandir à ses propres yeux. Tragomer parce qu’il concevait l’espoir d’arriver à se réhabiliter aux ye


