La sultane des jnoun*Le mariage avait été célébré une semaine auparavant. La mariée était toute jeune et toute fragile. Ce matin-là, son mari ne la trouva pas auprès de lui. Il s’étonna car depuis qu’elle était sa femme, tous les matins, il se rendait à la cuisine, faisait un bon café bien épais et le lui apportait : l’odeur seule réveillait la jeune femme. Il se dit qu’elle avait dû se lever déjà… On la chercha au-dedans et au-dehors, mais n’allongeons pas l’histoire : elle était introuvable ! Vite, on fit venir un rhorbi, un sorcier capable d’entrer en relation avec les jnoun. Il demanda du mjaoui (benjoin) et de l’oussaâk (encens), les jeta sur les braises du canoun (brasero de terre) et commença ses incantations. L’homme psalmodiait et se balançait sur lui-même dans les volutes de fum


