Mr Leroy : Madame, vous êtes attendue.
Sarah : Oui, je sais.
Mr Leroy, c'est le genre de majordome ici. Il sait tout, il fait tout, il voit tout, mais il ne dit rien. Enfin, tout dépend de moi, il me dit tout.
Mr Leroy : Sarah, attends !
Sarah : Oui ?
Il me chuchote pour que personne n'entende.
Mr Leroy : Alors, tu as réussi ? Tout s'est bien passé ?
Sarah : Oui, Benjamin, je pense que j'ai réussi.
Mr Leroy : Yes, yes ! Super !
Il me fait un clin d'œil et repart directement à son boulot. Mr Leroy, c'est un vieux monsieur hyper strict, mais tellement gentil. Grâce à lui, j'ai assez pour vivre. Il me prépare les repas, ma lessive, mon petit déjeuner tous les matins. Il essaie de faire un maximum pour que j'aie moins de corvées quand je rentre des cours. Je monte au bureau de mon père et je frappe à la porte.
RENTRE !
J'ouvre la porte et je vois Mr Laurent assis sur son bureau, sa femme et sa fille sur le petit divan. Mia, un mouchoir à la main, des grosses larmes de crocodile sur ses joues, sa mère en train de la câliner. J'ai déjà compris la scène qui se déroule : elle a dû encore une fois mentir.
Sarah : Mr Laurent, vous m'avez demandé ?
Mr Laurent : Oui ! Pourquoi, encore une fois, as-tu frappé Mia ?
Sarah : Je n'ai absolument rien fait !
Belle-mère : Comment oses-tu mentir à ton père ? Mia est rentrée avec des traces sur les bras, tu es juste une ingrate et une bâtarde.
Elle se lève de son divan et me déclenche directement une gifle. Je ne crains plus ces gifles, ni elle, ni personne.
Mr Laurent : Tu as encore une fois ENFREINT les lois de la maison. Que vais-je bien faire de toi ! Tu as juste la chance d'avoir mon sang dans tes veines.
Il s'approche de moi, lui aussi, et me redonne une gifle qui m'a fait tomber au sol.
Mr Laurent : Ça ne te fait plus rien, mes gifles, hein ? Alors, on va voir si cela va te faire pleurer et regretter.
Il sort de son bureau un fouet à plusieurs mèches en cuir et, à l'intérieur des mèches, il a planté des clous. Il m'a donné 7 coups de fouet dans le dos. J'ai hurlé intérieurement, les larmes se sont mises à couler de mes joues, mais aucun bruit, aucun son ne sort de ma bouche. Il appelle le majordome, Benjamin me porte dans ses bras et m'installe sur mon lit.
Benjamin : Claire ! VENEZ ICI, URGENT !
Claire : Que se passe-t-il ? BON DIEU, QU'EST-CE QUI lui est encore arrivé ?
Benjamin : Pas le temps de poser des questions, soigne-la très vite.
Claire : Bien !
J'ai la vision qui devient floue, je pense être tombée dans les pommes. Je n'ai même pas eu le temps de m'expliquer qu'ils m'avaient déjà punie. À quoi bon s'expliquer ? Ces gens-là me détestent depuis la première fois qu'ils m'ont vue. Je n'ai pas demandé à naître et à avoir une vie si misérable. Je n'ai même pas de famille ni d'amis, mis à part Elia. Je n'ai personne qui peut me sauver. Benjamin est là souvent pour moi, mais avec son vieil âge, je ne voudrais pas lui causer un problème de santé. Les deux seules personnes qui s'inquiètent pour moi, cette fois-ci, je vais m'enfuir loin, très loin d'eux. Je reviendrai d'ici deux mois pour mes résultats et encore ce jour-là, je serai un fantôme, personne ne me verra. Quelques heures plus tard, je me réveille de mon mini-coma. Je regarde l'heure : 21h. Merde, Elia doit m'attendre. J'enfile un survêtement et des baskets. Mon dos, je n'ose même pas regarder le désastre. Quelqu'un m'a soignée, c'est sûr, car la douleur n'est plus si forte qu'au début. Me voilà sortie par la fenêtre et je cours en direction de la maison d'Elia. Mon dos me fait encore un peu mal, mais ça va. À force, je ne sens plus aucune douleur.