I'm Emzy ✍️
Avant de se rendre au bureau pour déposer sa lettre de démission, Heather décida de faire une petite visite à Leandra, toujours hospitalisée. Elle s'arrêta chez l'épicier pour acheter quelques snacks et un magazine.
— Hello ! S'exclama-t-elle en ouvrant la porte avec un sourire.
— Je suis là, et j'ai même pensé à t'apporter de quoi grignoter !
—J'ai des chips, deux sandwichs et des sodas, énuméra-t-elle en déballant son paquet.
— Et j'ai aussi un magazine.
Elle retira le magazine du sac et le secoua pour le lui montrer.
— Tout ce que j'aime ! Répliqua Leandra, les yeux pétillants.
— Hummm, passe-moi les chips d'abord.
Tandis que Leandra dégustait les chips, elle remarqua que son amie avait changé d'attitude. Heather semblait plus soucieuse, plus pensive et plus stressée que d'habitude.
Sentant le regard de Leandra sur elle, Heather se retourna avec un grand sourire et demanda :
— Tu n'aimes pas les chips ?
— Non, ils sont excellents ! Répondit Leandra.
— C'est ton état qui m'inquiète. Que se passe-t-il ?
Heather tenta de minimiser, mais Leandra insista :
— Je ne suis pas dupe, allez, raconte !
Heather soupira, soulagée de pouvoir enfin partager la nouvelle.
— J'ai eu une offre d'emploi et j'ai décidé de déposer ma lettre de démission cet après-midi.
Elle marqua une pause, puis demanda :
— Tu es fâchée ?
Heather s'inquiéta .
— Ne t'inquiètes pas, on pourra toujours continuer à prendre le bus ensemble et à déjeuner ensemble, je serai juste dans le bâtiment d'en face, je te le promets.
Leandra éclata de rire :
— Fâchée ? Moi ? Mais tu rigoles ! C'est l'une des meilleures idées que tu aies eues cette année, bien sûr après ta rupture définitive avec Matt. Je suis si contente pour toi, mon amie, je te rassure.
Heather sourit, soulagée.
— Ah oui ? Tu ne sais pas comme je suis soulagée. Enfin, je vais pouvoir mieux respirer.
— Mince ! Je suis clouée là, j'aurais bien aimé voir la tête qu'aurait faite cet idiot d'Albert !
— C'est bête ! Attends, je te montre ma lettre de démission, proposa Heather, impatiente, en fouillant son sac.
Elle sortit une enveloppe et la tendit à son amie.
— Hummmm, j'imagine le langage lourd que tu as dû utiliser, la taquina Leandra en ouvrant l'enveloppe.
Celle-ci retira la lettre et se mit à la lire, puis éclata de rire.
— Qu'est-ce qui se passe ? Qu'y a-t-il de si drôle ? L'interrogeaa Heather, intriguée.
— Tu es vraiment folle, Heather, dit Leandra, toujours en riant. Je sais que t'es en colère contre lui, mais là, tu as inventé une langue pour exprimer ta frustration, je trouve ça un peu excentrique.
— Inventer une langue ? Demanda Heather, surprise.
— Donnes-moi ça !
Elle lui arracha des mains la lettre et quand elle vit de quoi il s'agissait, son visage se décomposa.
En effet, ce matin elle avait fais une confusion et au lieu de jeter la fameuse lettre qu'elle avait reçu,elle avait plutôt mis à la poubelle sa lettre de démission.
Quelle idiote avait-elle été et plus possible de faire marche arrière, les éboueurs avaient sûrement déjà vidés la poubelle et son contenu se trouvait probablement dans une décharge à cette heure .
Heather arracha la lettre des mains de Leandra et son visage se décomposa lorsqu'elle vit de quoi il s'agissait.
— C'est pas ma lettre de démission ici, dit-elle, furieuse.
Leandra éclata de rire.
— Désolée, mais... Okay, j'arrête, dit-elle, essayant de se retenir.
Heather secoua la tête, agacée.
— C'est la lettre dont je t'avais parlé l'autre jour, expliqua-t-elle.
Leandra haussa les sourcils, surprise.
— Celle que je t'avais demandé de jeter ? Demanda-t-elle.
Heather hocha la tête.
— Oui, celle-là même ! Confirma-t-elle.
Les deux amies se regardèrent, puis Leandra dit :
— Il semblerait que le destin nous envoie un signe. Nous devons déchiffrer cette lettre pour en connaître son contenu.
Heather soupira, frustrée.
— Comment ? J'ai cherché sur le net, rien. Et celle sur qui j'avais espoir couchait avec mon fiancé, dit-elle, amère.
Leandra posa une main sur l'épaule de Heather.
— Ex-fiancé, la rectifia-t-elle doucement.
Heather haussa les épaules.
— Comment faire ? Demanda-t-elle.
Leandra regarda la lettre, elle aussi intriguée par ces mots qui n'avaient ni tête ni queue.
— Regardons d'abord qui te l'a envoyé, suggéra-t-elle.
Heather montra le nom de l'expéditeur.
— Le nom de l'expéditeur est mentionné là, à la fin, du côté droit, dit-elle.
Leandra sourit.
— Pour avoir un diplôme universitaire, il faut d'abord passer par le primaire, mademoiselle, dit-elle avec un sourire.
— Désolée, pas besoin d'être désagréable, soupira Leandra, calmement.
Heather soupira et regarda la lettre.
— Il est écrit ici ''Nazaby'', lut-elle.
Leandra haussa les sourcils.
— Étrange comme nom, ça. On dirait un code secret, dit-elle, intriguée.
— Je le crois aussi, dit Heather. Et que dit la lettre ?
Leandra secoua la tête. Elle prit la lettre et la lut à haute voix.
" Sahir,10 /11/ 2020
Jeor Heather,
Ji neo pe tru li tim , dunqui ji veo itri breovi.
Jeo iti ritina ceptovi den mun pello den le prosø di le volli di Sahir. Ani gairi covoli e icleti oco at lis dorogiens fø tua pur li cesher u elli da møde cer ol in tori prufe..
Ji tetin repodimin , jeo bisuon di tuo oco puar devuolir tu cico .
Tø emo Nazaby. "
— C'est une lettre très particulière, commenta Leandra. Mais nous sommes sûres d'une chose, cette personne te connait.
— Je ne vois pas de qui il pourrait s'agir, répondit Heather, perplexe. Nazaby, c'est un nom qui ne me dit rien.
— Essayons d'abord de déchiffrer cette lettre, elle a piqué ma curiosité, suggéra Leandra en prenant le papier.
Heather haussa les épaules.
— C'est sûrement un canular de mauvais goût.
— Je ne crois pas ! Et si on faisait des recherches sur cette ville " Sahir " ? Peut-être que tu te souviendras d'une amie originaire de là-bas, proposa Leandra.
— Le docteur t'a demandé du repos, rappela Heather, inquiète.
— Merci pour le rappel, mais je sais prendre soin de moi, répliqua son amie avec un sourire.
— Et depuis quand as-tu perdu ton esprit d'aventurière ?
Hiram ?
Ce nom lui disait vaguement quelque chose. Leandra ferma les yeux pour essayer de se souvenir du lieu où elle l'avait entendu.
Elle se revoyait au campus avec Heather quelques années en arrière, il pleuvait abondamment ce jour-là. Zaynab, une de leurs amies, venait d'entrer dans la salle, l'air triste, pâle et sans dire mot, elle s'était dirigée vers sa place et avait simplement posé sa tête sur ses bras, en gardant toujours son mutisme. Cela ne lui ressemblait pas.
Elles étaient donc allées s'enquérir de son état et, à leur grande surprise, Zaynab pleurait à chaudes larmes, inconsolable.
Elle avait réussi tout de même à leur donner entre deux sanglots les raisons de son désarroi : elle devait retourner à la fin de l'année dans son pays, Hiram, pour épouser un homme qu'elle ne connaissait pas.
Bien évidemment, Zaynab ne voulait pas de ce mariage, mais elle était obligée de le faire, pour ses parents, pour l'honneur de sa famille.
Elle lui avait été destinée depuis sa naissance, et le destinataire l'avait dotée quelques jours après sa venue au monde. Chez eux, la dot n'était pas remboursable. Elle devait donc lier son destin malgré elle à cet homme d'un certain âge, déjà marié à cinq femmes.
Pour cette jeune et pétillante femme bourrée de talents, cela était un fardeau trop lourd, mais elle ne pouvait risquer de désobéir, de peur de se voir renier par son père. C'est ainsi qu'à la fin de l'année, Zaynab avait pris un vol sans retour pour son pays natal, Hiram.
— Te souviens-tu de Zaynab ? demanda Leandra, les sourcils froncés, essayant de raviver les souvenirs.
— Zaynab ? Euh... Oui, pourquoi ? Répondit Heather, surprise, se demandant où Leandra voulait en venir.
— J'ai plus eu de nouvelles d'elle depuis son départ, expliqua Leandra, un peu triste, se rappelant les moments qu'elles avaient partagés avec Zaynab.
— Elle m'avait écrit les premiers mois après son départ, ajouta Heather, réfléchissant, se demandant si Zaynab avait pu changer.
— Tu penses que la lettre vient d'elle ? Révéla t-elle les pensées de Leandra, les yeux écarquillés, étonnée par l'idée.
— Pourquoi pas ? Elle est de ce pays, suggéra Leandra, essayant de trouver des liens.
— Admettons que c'est le cas, pourquoi avoir signé la lettre avec le nom ''Nazaby'' et non le tien ? Demanda Heather, perplexe, se grattant la tête.
— C'est aussi un paramètre à prendre en compte, admit Leandra, réfléchissant, essayant de trouver des explications.
— Tu viens de me rappeler nos années à l'université", dit Heather, un sourire nostalgique aux lèvres. Et une anecdote me vient en tête. Tu te rappelles de Amy Winehouse ? La grande brune, qui portait des bagues, des mini-jupes et était dans l'équipe de natation.
— La sauvage ? Demanda Leandra, les sourcils froncés.
— Oui, confirma Heather. La pauvre chérie, elle était le larbin de Gabriel et pour se moquer d'elle en sa présence, ses copines l'avaient surnommée ''Mya''. Des vraies pestes, ces filles !
— Une minute, Amy, un de ses anagrammes c'est Mya, on est bien d'accord ? Demanda Leandra, les yeux écarquillés.
— Oui et ? Répondit Heather, intriguée.
— Et si '' Nazaby '' était lui aussi un anagramme de Zaynab ? Suggéra Leandra, excitée.
— C'est possible, les lettres sont les mêmes, admit Heather.
— Et si c'est le cas, cela voudrait dire que c'est bien Zaynab qui t'a envoyé cette lettre.
— Grisant, murmura Leandra. On doit absolument découvrir ce qu'elle a écrit dans cette lettre.
— Et si on considérait ces mots comme un code et non une langue étrangère ?Proposa Heather, les yeux brillants de curiosité.
— Un code ? Tu te prends pour Agatha Christie ?! Demanda Leandra, les yeux brillants d'excitation.
— Aucune piste n'est à négliger, répondit Heather, sérieuse.
— On dirait des mini Hercule Poirot, ça m'excite encore plus ! S'exclama Leandra, se frottant les mains avec enthousiasme. Oh, je sens que nous sommes sur le point de découvrir quelque chose de passionnant !
— Ou des Columbo, ajouta Heather, souriante.
Leandra sautait littéralement sur son siège, ses yeux étincelant de curiosité.
— Je me sens comme une vraie détective !
Elles étaient en train de jubiler quand on frappa à la porte.
— C'est sûrement l'infirmière, dit Heather, se levant pour aller ouvrir, toujours avec un sourire de conspiratrice.
Heather se leva de son siège et alla ouvrir la porte, s'attendant à voir l'infirmière. Mais à sa grande surprise, c'était Stephen, le vendeur, qui se tenait dans le couloir, un grand bouquet de fleurs, des chocolats et un nounours à la main. Il semblait gêné de voir Leandra là.
— Je ne mords pas, tu sais, lança Heather avec un sourire pour détendre l'atmosphère.
— Qui est-ce ? Demanda Leandra, curieuse.
— Ton Chevalier servant, répondit Heather en riant.
— Entres, je t'en prie.
Stephen entra, un peu mal à l'aise.
— Il ne fallait pas dévaliser la boutique pour moi, dit-il en tendant les fleurs et les chocolats.
— Je vais vous laisser, j'ai des choses à faire, dit Heather en se levant, se sentant de trop.
— Tu n'as pas besoin de t'en aller à chaque fois que je viens, protesta Stephen.
— Je suis déjà assez jalouse, je ne veux pas mourir d'aigreur à mon retour chez moi, blagua Leandra en mettant la lettre dans son sac.
— Je te ferai un débrief de mes recherches... peut-être que je découvrirai quelque chose, continua celle-ci.
— Vous mijotez quoi, vous deux ? demanda Stephen, intrigué en les pointant du doigt tout à tour, les yeux plissés.
— C'est notre petit secret, répondit Leandra en tirant les joues de Stephen. Tu ferais mieux d'y aller.
— Toi tu prends bien sois de cette folle. Ciao les jeunes
Dès qu'elle quitta l'hôpital, Heather se rendit sans perdre une minute à la bibliothèque pour essayer de trouver des réponses à ses questions.
Heather ouvrit la grande porte vitrée de la bibliothèque et alla vers Samantha, la bibliothécaire, qui était assise derrière son bureau, complètement absorbée dans sa lecture. Heather s'approcha d'elle d'un pas souple, un sourire aux lèvres.
— Bonjour Samantha, lui adressa-t-elle d'une voix douce.
Samantha leva les yeux de sa page et porta son regard noir perçant sur Heather, comme si elle était surprise de la voir là. Elle ferma son livre et se redressa dans son siège, un léger sourire aux lèvres.
Samantha était une femme grande et fine, avec des épaules carrées et un visage rond. Ses petits yeux étaient cachés derrière de grandes lunettes de lecture, et sa bouche pulpeuse contrastait avec sa silhouette maigre. Sa crinière noire encadrait son visage, complétant son portrait.
Mais Samantha était plus que son apparence. C'était une femme timide, calme et respectueuse, qui avait un profond respect pour les règles. Sa passion pour les lettres l'avait amenée à choisir une carrière dans les livres, et elle s'y donnait corps et âme.
Après avoir regardé Heather longuement, Samantha lui sourit, révélant ses belles dents blanches alignées par des bagues. Son sourire était chaleureux et accueillant, et il mit immédiatement Heather à l'aise.
— Heather, que fais-tu là ? Demanda Samantha de sa petite voix douce, en ajustant la monture de ses lunettes.
— Comment vas-tu, Sam ? S'enquit Heather.
— Bien, et toi ? Répliqua Samantha. Je dois avouer que ta visite est une vraie surprise, on ne te voit pas beaucoup ici.
— Trop de travail, tu sais, expliqua Heather. Mon patron me met énormément la pression ces derniers temps.
Samantha soupira et commença à s'échauffer :
— C'est l'une des conséquences du capitalisme, tout ce qui compte ce sont les revenus au détriment de la santé des travailleurs...
Heather l'interrompit rapidement, connaissant les tendances de Samantha à se lancer dans de longs discours sur le capitalisme :
— J'ai un souci.
Samantha était certes très charmante et douce, mais quand elle se lançait sur ses débats sur le capitalisme, elle devenait très pesante. Personne ne pouvait arrêter cette communiste convaincue.
— Au fait, comment va Matt ? Demanda Sam.
— Très bien, mais si on pouvait parler de ce qui m'amène..., répondit-elle, impatiente, elle ne voulait pas être détournée la de son objectif et encore plus parler de ce traître.
— Oui, oui, bien évidemment. Que puis-je faire pour toi ? Demanda Samantha, curieuse.
— J'ai reçu une lettre il y a quelques jours et je ne comprends rien du langage utilisé par l'expéditeur, expliqua Heather.
— Ohhh, une lettre top secret ? Questionna Samantha, emballée.
— Aucune idée, ça peut aussi être un canular, répondit Heather.
— Fais-moi voir cette lettre, demanda Samantha, intriguée.
Heather fouilla dans son sac et sortit la lettre, qu'elle remit à Samantha. Celle-ci l'examina pendant quelques minutes, les sourcils froncés.
— Prends un siège, désolée j'ai complètement perdu la tête, dit-elle, sans lever les yeux.
— Merci... et pour la lettre ? Demanda Heather, impatiente d'avoir son point de vue.
— C'est un code, répondit Samantha, finalement. Si tu constates bien, ce sont seulement les voyelles qui sont codées. C'est un système de codage assez répandu.
Heather se pencha vers Samantha, curieuse.
— Ah oui ? Tu connais bien ce système de codage ?
Samantha hocha la tête, un sourire aux lèvres.
— Oui, je peux t'expliquer.
Heather sortit son carnet de notes et le tendit à Samantha.
— S'il te plaît, explique-moi.
Samantha prit le carnet et commença à écrire rapidement.
— Voilà, c'est simple. Les voyelles sont inversées. 'A' devient ''U '', '' O'' devient '' I ''. Celui-ci quant à lui ,devient " E ",le "U "sera "O " et le "E" devient"A " . Et le ''Ø'' c'est '' ON '' .
— C'est un système hyper facile à comprendre dès qu'on maîtrise déjà ces règles là, continua celle-ci.
Elle leva les yeux vers Heather, qui suivait son explication avec attention. "Exemple, là, la personne a écrit :
" Jeor Heather, Ji neo pe tru li tim, dunqui ji veo itri breovi. ''
On peut traduire par :
''J'air, Heather, je n'ai pas tro le tem, donque je vai etre braive. ''
Heather écarquilla les yeux, impressionnée.
— Waouh, merci pour ces éclaircissements, Sam ! Je comprends mieux maintenant.
Samantha sourit et se leva, ramassant un carton de livres près de son bureau.
— Tu vas devoir m'excuser, mais j'ai des livres à classer sur les étagères... Un nouveau best-seller.
Elle se dirigea vers les étagères, laissant Heather à ses pensées.
Restée seule, Heather se concentra sur le décodage de la lettre. À mesure qu'elle progressait, son cœur battait de plus en plus vite. Arrivée à la dernière phrase, elle en était sûre : son amie courait un grand danger et elle avait besoin d'elle le plus vite possible.
Enfin, une opportunité s'ouvrait à elle, elle allait montrer de quoi elle était capable. Excitée par cette découverte et bien décidée, Heather rangea ses affaires avec soin.
— Bonsoir ! Dit une voix familière, ferme et hautaine, derrière elle.
Feignant de ne pas avoir entendu, Heather ferma son sac, le porta à son épaule et était sur le point de partir quand une main attrapa violemment son bras.
Elle sursauta et se retourna pour faire face à la personne qui l'avait saisie.
— Ne joues pas à ce petit jeu avec moi, tu ne me connais pas bien, dit Rachel, sa voix ferme et menaçante, ses yeux étincelant de colère dans la pénombre de la bibliothèque.
Les étagères de livres semblaient se dresser autour d'elles comme des sentinelles silencieuses.
— Lâches-moi, Rachel ! Lui intima Heather, essayant de se libérer, mais Rachel la tenait fermement, ses doigts s'enfonçant dans son bras comme des griffes.
— Sinon quoi ? Hein, que vas-tu faire ? Tu ne peux rien, rien... tu ne peux rien ! Se moqua Rachel, sa voix montant d'un ton, les mots résonnant dans le silence de la bibliothèque.
Heather sentit son cœur battre plus fort, son souffle s'accélérer. Elle affronta Rachel, son regard défiant, ses yeux bleus étincelant de défi.
— Si tu ne me lâches pas maintenant, Rachel, je vais te montrer un autre visage de moi que tu n'as jamais vu, la mit-elle en garde, sa voix basse et menaçante.
Rachel la lâcha finalement, mais sans la laisser partir. Elle se plaça devant elle, bloquant son chemin, et déposa son sac sur la table avec un geste brusque, le cuir craquant contre le bois.
Les deux femmes se tenaient face à face, les tensions entre elles palpables, comme une électricité dans l'air.
— Nous ne sommes pas des animaux tout de même. Bon, assieds-toi ! Dit Rachel, sa voix un peu plus calme, mais toujours ferme, en tapotant la chaise vide en face d'elle.
— S'il te plaît, ajouta-t-elle, comme une concession.
Heather soupira et s'assit, ses mouvements lents et réticents.
— Okay, je suis assise, je t'écoute, dit-elle, ses yeux fixés sur Rachel avec une expression de défi.
Rachel se pencha en avant, ses coudes sur la table, ses mains jointes.
— Je sais que tu es encore bouleversée par ce que tu as vu l'autre jour, dit-elle, sa voix empreinte d'une fausse compassion.
Heather éclata d'un rire exaspéré.
— Vraiment ? Commenta-t-elle, ses yeux roulant vers le plafond.
Rachel ignora son sarcasme.
— J'avoue, c'est pas facile, mais tu dois comprendre ! Tu es une grande fille, dit-elle, sa voix un peu plus ferme.
Heather haussa les épaules.
— Et que devrais-je comprendre ?! Demanda-t-elle, sa voix montant d'un ton.
Rachel prit une profonde inspiration avant de continuer.
— Ce n'est qu'un jeu, dit-elle, ses mots tombant comme une bombe.
Heather écarquilla les yeux.
— Ah ! S'exclama-t-elle, son corps se raidissant.
Rachel poursuivit, ses mots coulant comme un fleuve.
— Tu sais, quand il y a sept ans, Matt m'a demandé de lui trouver quelqu'un avec qui se mettre en couple et qui lui permettrait de cacher cette facette de lui, j'ai directement pensé à toi. Jolie, intelligente, bonne réputation, calme...
Heather sentit son estomac se nouer.
— La couverture parfaite, conclut-elle à contrecoeur, ses mots à peine audibles.
Rachel hocha la tête, son visage grave.
— Malheureusement...
Heather se pencha en avant, ses yeux étincelant de curiosité.
— Et dis-moi, pourquoi vous ne vous êtes pas mis en couple ? Personne n'allait savoir que vous êtes des '' passionnés ''. Pourquoi chercher une couverture ? Pourquoi vous compliquer la tâche ? demanda-t-elle, sa voix empreinte de scepticisme.
Rachel haussa les épaules, un sourire nonchalant sur les lèvres.
— Matt y avait pensé, mais je voulais juste m'amuser, rien de sérieux. Je vous ai mis en contact et de temps en temps, on se voyait lui et moi pour... tu sais, dit-elle, ses yeux pétillant de malice.
Heather sentit une vague de colère monter en elle.
— Donc Matt n'était que ton jouet ? demanda-t-elle, sa voix dure.
Rachel hocha la tête, sans remords.
— On peut dire ça, sans vouloir le rabaisser. Toi, tu n'étais que son pion, dit-elle, ses mots tombant comme un coup de poing.
Heather se sentit comme si elle avait reçu un coup en plein ventre.
— Je suis désolée de te l'apprendre, mais il ne t'a jamais aimé, jamais considéré. Ç'a toujours été moi, l'amour de sa vie, et son souhait le plus cher était d'être avec moi pour le restant de sa vie, dit Rachel, sa voix triomphante pour enfoncer le clou dans la plaie.
Heather se leva, son corps tremblant de rage.
— Bien, avons-nous terminé ? Demanda-t-elle, sa voix froide.
Rachel sourit.
— Pas encore, tu n'as pas intérêt à ébruiter ce que tu as vu, Mademoiselle Davis. Maintenant, nous avons terminé, dit-elle, sa voix menaçante fière d'avoir eu l'ascendant.
Heather ricana.
— Non, maintenant tu as terminé. En résumé, Matt ne m'a jamais aimé et ça a toujours été toi, sa préférée, mais c'est toi qui ne voulait pas de lui. Mais je me pose des questions, s'il te plaît, éclaire-moi, dit-elle, ses yeux étincelant de défi.
Heather se pencha en avant, ses yeux étincelant de défi.
— Comment un homme qui meurt d'amour pour une femme peut-il faire sept ans, sept longues années à se languir d'amour avec une autre au point de lui demander en mariage ? Demanda-t-elle, sa voix empreinte de sarcasme.
Rachel se raidit, son visage pâlissant.
Heather poursuivit, sa voix montant d'un ton.
— Comment une femme qui dit ne pas vouloir de relation sérieuse avec un homme peut-elle harceler ce dernier ? Car oui, tes messages d'amour enflammés au début de notre relation, je les avais vus, tes crises de jalousies mal cachées aussi... mais bon, Matt me suppliait à chaque fois de ne pas prêter attention à cette '' folle dingue'', c'est comme cela qu'il t'appelait, ricana-t-elle.
— Mais moi j'ai eu pitié de toi, j'ai compris la femme désespérée que tu étais et je t'ai sans que tu ne le saches offerte titre ma sympathie et ma confiance pour compenser.
Rachel se leva, son corps tremblant de colère, ses yeux en feu.
Heather se moqua.
— En fait, c'était toi le '' jouet '' et non lui. J'étais sa '' vie'', son futur et toi son '' perd temps '' ... S'il te plaît, Rachel, toi qui es si intelligente, éclaire-moi, peut-être que je me trompe", dit-elle, ses yeux étincelant de défi.
La seule réponse qu'elle eut de la part de son interlocutrice fut un regard en feu, des yeux qui semblaient sur le point de sortir de leurs orbites, et un corps qui tremblait de colère.
Heather se leva, un sourire triomphant sur les lèvres.
— Je me disais aussi... J'allais oublier, tu ferais mieux de prendre soin de ton amour impossible, il ressemblait à un esprit errant la dernière fois que je l'ai vu... J'étais si désolée pour lui quand il est venu me supplier de le reprendre... Il fallait le voir, il en fallait de peu pour qu'il me lèche les pieds tellement il était désespéré, dit-elle, sa voix empreinte de moquerie.
— Rachel, tu es là, tout va bien ? Demanda Samantha, sa voix empreinte de préoccupation.
Rachel se retourna, son visage pâle et tendu.
— Oui, je dois y aller. Au revoir ! Dit-elle, sa voix brève et froide.
Samantha la regarda partir, un sourcil levé.
— Merci pour la visite, dit-elle, déconcertée par son attitude.
Heather, quant à elle, était déjà loin, perdue dans ses pensées. Bien décidée à saisir cette nouvelle opportunité qui s'offrait à elle, elle retourna directement chez elle sans faire un détour à l'hôpital. Elle déposa ses notes sur la table basse, alluma son ordinateur et se servit une assiette de chips et un soda. La soirée allait être très longue, elle le savait, mais elle était prête.
Elle se plongea dans ses recherches, notant tous les renseignements qu'elle trouvait sur ce pays mystérieux. Plus elle dénichait d'informations, plus cette histoire la passionnait. Elle se sentait comme attirée, aimantée par cette contrée lointaine qui avait l'air d'un paradis sur terre. On aurait dit "Dubaï " en miniature, avec ses paysages de rêve et ses habitants mystérieux.
Heather était fascinée. Elle passa des heures à lire et à noter, son esprit absorbé par cette nouvelle obsession. La nuit avançait, mais elle ne s'en rendait même pas compte. Elle était trop occupée à explorer ce monde inconnu, trop occupée à essayer de découvrir ses secrets.