Les gâteaux du bon dieuNous étions au mois de juillet ; il était cinq heures du matin ; le soleil se levait brillant et radieux et promettait une belle et chaude journée. Je venais de quitter la voiture qui m’avait amenée à Elbeuf, cette jolie et industrielle petite ville dont les flots tranquilles de la Seine arrosent les jardins et font mouvoir les nombreuses machines, lorsqu’en traversant le pont je fus arrêtée par le soit fêlé d’une voix qui criait : « Les bons gâteaux ! les gâteaux tout chauds ! les gâteaux du bon Dieu !… » Je me retournai et aperçus alors, sur le trottoir opposé à celui où je me trouvais, un petit éventaire couvert d’un linge d’une blancheur éblouissante, sur lequel se dressaient des pyramides de gâteaux dorés de la plus succulente physionomie. L’air frais du matin


