IIHuit jours après la scène que je viens de décrire, à l’heure où le soleil arrive à son déclin, un jeune homme, se frayant à grand-peine un passage à travers les macchi descendait le versant d’une des montagnes les plus élevées de Gagna. Quoiqu’il portât fièrement son fusil sur l’épaule et qu’à son air résolu on devinât qu’il devait convenablement s’en servir au besoin, l’altération de ses traits et le désordre qui régnait dans son costume trahissaient une grande fatigue. En cet endroit la chaîne de montagnes se partageait en deux et formait une gorge assez étroite, coupée elle-même de distance en distance par des ravins, au fond desquels bouillonnaient les torrents souterrains échappés au lit de la mer. Le sol tapissé de mousse et de thym sauvage contrastait remarquablement avec les haut


