Biiip...Biiip...Biiip
J'éteins le réveil d'une main et me lève à contre coeur. Je vais à la douche et me lave mécaniquement. Je reviens dans la chambre et prend la peine de regarder l'heure. 6h45 et le bipeur indique 122 appels de William.
Je suis envahit par une sensation d'horreur. J'ai confondu le réveil et le bipeur. T'es vraiment conne, t'avais même pas mis de réveil hier soir!! Ça fait plus d'une demie heure que William essaye de me joindre. Je m'habille au quart de tour et cours jusqu'à la salle à manger. Il est assis à table. En essayant de freiner ma course, je glisse et me retrouve lamentablement au sol.
Une main se tend vers moi pour m'aider à me relever, c'est William. Je prend sa main et me lève.
_ Ça va?
_ Oui, merci
_ Ne me remercie pas. Ça fait exactement 43 minutes que je t'attends, en plus je ne t'ai pas vu au dîner d'hier. Reprend toi Loli, ou je serai obligé de prendre des décisions drastiques à ton sujet
What!? Je fronce les sourcils et croise les bras.
_ Je sais, je suis en retard, mais ce n'est pas une raison pour me menacer
_ Tu sais que je déteste le retard plus que tout
_ Mais ça arrive à tout le monde
_ Voudrait mieux pour toi que ça ne t'arrive plus si tu ne veux pas que je te renvoie au Diamond's Mess en prenant soin que devienne une vrai prostitué
Touché! Sa voix est dur mais posée. Je regarde à côté tandis que son regard devient de plus en plus insistant.
_ J-je suis désolée
_ Mieux que ça
Je soupire un grand coup, décroise les bras et baisse la tête.
_ Je vous présente toutes mes excuses...maître
Il me fait son habituel sourire angélique en levant ma tête avec son doigts sur mon menton.
_ Fait un effort pour répondre à mes attentes. Je m'en vais au bureau mais je serais de retour pour le dîner. Maintenant va manger et reprendre des forces. À ce soir
Il s'en va sans demander son reste, la démarche académiquement nonchalante. Je m'en vais dans la salle à manger réservée aux domestiques. Olivia apporte le plateau repas et s'intalle en face de moi pour manger.
_ Nous nous sommes inquiétés hier quand tu n'es pas venu au dîner, surtout monsieur
_ Ah. Désolé, je me suis sentie épuisée hier, je ne pouvais rien avaler. Ça doit être dû au décallage horaire. Et puis monsieur n'a pas à s'inquiéter pour moi, je n'ai nul part où aller de toute manière
_ Faut pas lui en vouloir, il a une manière particulière d'aider les gens
_ J'ai bien vu qu'il est particulier
_ Tu sais, il tient beaucoup à toi
Je fronce les sourcils.
_ Comment ça?
_ Depuis que tu es arrivée, il sourit tout le temps, comme du temps où son grand père était vivant
_ Son grand père? Qu'est ce qui lui est arrivé?
Elle soupire profondement.
_ Ma fille, les histoires de famille, ce n'est pas à moi de te les raconter
Je comprend et je n'insiste pas là dessus. J'ai du mal à croire que fut un temps, il ne souriais pas du tout. Je préfère ne même pas imaginer cette phase triste de sa vie. Mais ce qui est sûr, c'est que la manière "particulière" qu'il utilise pour aider les gens, n'est pas la bonne, en tout cas pas avec moi. Je vais lui montrer moi, on ne me dompte pas.
Olivia m'a donnée mes tâches de la journée, j'ai juste à nettoyer la chambre et le bureau de William, je le ferrai plus tard. J'aimerais tout d'abord visiter ce charmant endroit, en essayant de ne pas m'y perdre. Heureusement pour moi, je tombe sur James, qui s'occupait des fleurs d'intérieur.
_ Bonjour
_ Ah. Bonjour Loli. Tu m'a l'air en pleine forme
_ En meilleur forme qu'hier. Merci encore de m'avoir ramenée dans ma chambre
_ De rien
_ Hum, je me demandais si tu pouvais m'aider
_ Dis moi
_ En fait, je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter les lieux, mais seule j'ai un peu peur de me perdre
_ Dans ce cas je suis l'homme qu'il te faut, je travaille ici depuis deux ans, je peux m'y retrouver les yeux fermés
Il me sourit chaleureusement, il est vraiment d'une beauté désemparente, je fond. Il enlève son tablier de jadinage et les gants, il reste avec une chemise blanche et un pantalon noire, il a l'air d'un mannequin. Il me prend la main et nous visitons pièces par pièces tous les recoins du château, en commentant et rigolant.
Il y'a le château principal, une tourre pour les domestiques femme et une tourre pour les domestiques hommes. Le château principal a cinq étages, une vingtaine de chambres et de douches, trois salles de jeux, cinq bureau, deux cuisines et une salle qui, selon James, est toujours fermé à clé. Ensuite nous sortons et allons nous asseoir près du lac.
_ Alors, la visite t'a plût?
_ Oui merci, je pense que maintenant j'aurais moins de chance de me perdre
_ Si tu te perd il suffit de m'appeler, je viendrais t'aider
Il me sourit, je rougis et baisse la tête.
_ Merci, t'es vraiment gentil
_ C'est rien, j'ai vraiment aimer faire cette visite en ta companie, en fait j'aime beaucoup ta companie
Je rougis encore plus. Que de mots doux!
_ Au fait, pourquoi tu travailles ici?
_ Pour payer mes études en médécine
_ Médécine!? Wow, tu dois être très intelligent
_ J'essaye en tout cas. Et toi, qu'est ce que tu fait ici?
_ Hum...je n'avais plus de famille et il m'a propose son aide, si on peut dire ça comme ça
_ Il n'est pas trop tard, tu peux encore te sauver. Ce n'est pas quelqu'un de confiance, il finira par te faire du mal, je t'assure
Je ne sais plus où me mettre, Olivia m'assure qu'il n'est pas mauvais mais James proclame le contraire. De toute façon, je n'ai nul part où aller, advienne que pourra. Le sillence s'intalle et nous décidons d'aller déjeuner, après quoi, je part nettoyer le bureau et la chambre de William comme Olivia me l'a demandé.
Je commence par le bureau, il n'est pas très en désordre. Je me contente de ranger quelques documents sur le côté, fermer l'ordinateur, faire la poussière et passer l'aspirateur. J'en profite pour regarder d'un peu plus près sa bibliothèque. Il y'a des oeuvres sur l'architecture du 17ème siècle, mais surtout beaucoup de romans. Je devrais peut-être lui demander de me préter des romans, ça fait plusieurs années que je n'en ai pas lu. Je termine mon ménage et m'occupe maintenant de sa chambre.
J'entre dans la grande pièce qu'est sa chambre. Encore plus grande que ma chambre, avec une cheminé imposante, un grand canapé en cuir avec une multitude de coussins en face d'une petite table ronde, un énorme lit en bois franc carismatique, sur le coté des portes vitrées donnent sur un balcon. Elle n'est pas très en désordre, il est vraiment très ordonné pour un homme. Je range le lit, fait la poussière et passe l'aspirateur.
J'ai fini et m'aprête à partir, quand le livre posé sur la petite table ronde attire mon attention. C'est un gros livre bleu, en m'approchant, je constate que c'est un album de famille. Ma curiosité me picotte la tête et je finis par m'asseoir. J'ouvre l'album et fait défiler les photos. Il y'a des photos d'un vieil homme, peut-être son grand père, il y'a aussi cette femme qui a des yeux semblabes aux miens, sa mère. Il y'a des photos de mariage, William et son père ont la même carrure, la même allure, la même beauté nonchalente, c'est presque troublant.
Je page et me fige choquée en voyant une photo troublante. Deux bébés, des jumeaux, sauf qu'un est chargé d'équipements médicaux de respiration. What!?
_ Je peux savoir pourquoi tu fouille dans mes affaires?
William entre dans la chambre et je me lève en vitesse, surprise.
_ Euh...je nettoyais et...
_ Tu voulais aussi nettoyer l'intérieur de l'album?
Je sens l'ironie dans sa voix et ça me soulage de savoir qu'il n'est pas en colère. Il s'approche et me regarde droit dans les yeux avec un petit sourire en coin.
_ Bonsoir mademoiselle Adam's
_ Bonsoir monsieur White
_ Avez vous passé une bonne journée?
_ Excellente merci et vous?
_ Exténuante mais vivable. Avez vous fini votre ménage?
_ Oui maître
En m'entendant l'appeler ainsi il agrandit son sourire et ses yeux se mettent à pétiller.