Chapitre 4 LE comte se regardait comme hors du ministère."Voyons un peu, se dit-il, combien nous pourrons avoir de chevaux après ma disgrâce, car c'est ainsi qu'on appellera ma retraite."Le comte fit l'état de sa fortune: il était entré au ministère avec quatre-vingt mille francs de bien; à son grand étonnement, il trouva que, tout compté son avoir actuel ne s'élevait pas à cinq cent mille francs: "C'est vingt mille livres de rente tout au plus, se dit-il. Il faut convenir que je suis un grand étourdi! Il n'y a pas un bourgeois à Parme qui ne me croie cent cinquante mille livres de rente, et le prince, sur ce sujet, est plus bourgeois qu'un autre. Quand ils me verront dans la c****e, ils diront que je sais bien cacher ma fortune. Pardieu, s'écria-t-il, si je suis encore ministre trois moi


