11

2013 Mots
Brianna Les deux jours et demi suivants s’avèrent être une véritable torture. Hari s’amuse à me faire languir ne donnant pas suite à mes messages, même pas après ma tentative de SMS coquin que je lui ai envoyé quelques heures après notre petite séance sexe au téléphone. — Super, je soupire en posant le mobile face contre la petite table basse. Cela fait un peu moins de quarante-huit heures que je n’ai pas eu de ses nouvelles, mais bordel qu’est-ce qu’il me manque. — Bree ? — Mmmm ? Je tourne la tête vers Fanny venue se faire une après-midi cocooning avec moi avant la soirée « Noël arrive » chez Zac. — Tout va bien ? me demande-t-elle les sourcils froncés. — Oui, juste Hari qui se fait appeler Désiré. Elle émet un rire discret puis se concentre à nouveau sur la comédie romantique A Christmas Prince : The Royal Wedding que nous avons lancée juste après avoir regardé le premier volet. J’attrape une poignée de chocolats que j’avale à l’enfilade. — Bientôt, ce sera Hari et toi, me taquine Fanny une fois à la scène du mariage. Je fais la grimace. — À continuer comme ça ce ne sera pas demain la veille. Elle se contente de hausser les épaules, le sourire aux lèvres. Le film finit, nous montons dans la chambre afin de nous préparer pour la soirée. Thème de Noël oblige, ce soir, c'est pull ringard et jean pour tout le monde. Le mien représente Mickey habillé en Père Noël. Celui de Fanny, Bébé Yoda avec un bonnet rouge et blanc et la phrase : « THE SEASON TO BE JOLLY IT IS ». Ma meilleure amie me jette un regard, un sourire enthousiaste au coin des lèvres. — Sefie ! s’exclame-t-elle en attrapant son téléphone. Nous prenons la pose devant le grand miroir de mon armoire et nous assurons à faire des têtes aussi comiques que possible. Fanny en poste rapidement une sur i********:, puis nous descendons nos sacs en main. Des coups de klaxon se font entendre à l’extérieur. — Notre carrosse est là ! Notre carrosse ? Elle s’empresse de sortir sans me laisser le temps de lui demander de développer. Je verrouille la porte, curieuse de voir ça de plus près. Lorsque je franchis le portail, mes yeux se posent sur une Ford Fiesta de laquelle descend mon ex-petit ami, mains dans les poches de son blouson en cuir et bonnet sur la tête. — Belle soirée à vous gente demoiselle, me salue-t-il un sourire au coin des lèvres. Je ris. Il dépose un b****r sur mon front et m’aide à fermer le gros portail correctement. Bobby et ma mère étant chacun de leur côté à leur soirée d’enterrement de vie de célibataire, cela me semble plus prudent. — Prête à faire la fête ? Il m’ouvre la portière côté passager. Je lui offre un sourire enthousiaste tout en m’asseyant à l’intérieur. — Bien sûr, quelle question. Il rit, claque la portière et regagne le volant. Le trajet jusque chez Zac se fait assez rapidement. À peine suis-je descendue de voiture que le bruit des basses et des musiques de Noël me parvient depuis l’intérieur, signe que les autres sont déjà probablement là. Matthew et moi entrons côte à côte, Fanny et Josh sur nos talons. Nous retirons manteaux gants, écharpes et bonnets. J’en profite pour regarder son pull de Noël au passage. — Mais non, je dis d’une voix forte qui couvre la musique. Son regard confus suit le mien jusqu’à se poser sur son pull. — Oh. (Il ricane, hausse les épaules et relève la tête.) Rose m’a piqué mon pull Mickey pour sa soirée romantique avec son mec, du coup je lui ai piqué son pull Minnie. — Très sexy, vraiment très sexy. Il plisse les yeux, faussement suspicieux. — Serais-tu en train de te payer ma tête ? — Mmmm… Peut-être bien. Nous échangeons un sourire complice et regagnons le salon où les autres nous attendent. Nous nous joignons au petit cercle qui s’est formé autour de la table basse. Becky et Isaac se tiennent face à nous, Zac et Brit à notre droite et Fanny et Josh à notre gauche. Petite soirée rien que tous les huit. Nous commençons par une partie de Picolo-Karaoké de Noël au cours de laquelle Becca, Brit, Fanny et moi passons plus de temps à chanter qu’à boire, à l’inverse des garçons qui boivent plus que ce qu’ils chantent. Après quoi, nous enchaînons sur quelques danses suivies du dîner de Noël concocté avec soin par Brit et Zac qui, selon les dire de ce dernier, y pont passé la journée. À la fin du repas, nous faisons un petit jeu rapide pour savoir qui va avoir le malheur de faire la vaisselle. Matthew et moi nous y collons en musique et en chantant à tue-tête. La cuisine propre et rangée, je l’accompagne dans le jardin le temps qu’il fume sa cigarette. Nous nous asseyons sur les marches de la petite terrasse, un plaid autour des épaules, chacun une tasse de chocolat chaud en main. Un silence agréable s’installe entre nous. J’en profite pour jeter un coup d’œil à mon téléphone. Toujours aucune nouvelle de Hari. — Tu ne devrais pas perdre ton temps avec lui, dit Matthew me lançant un regard en coin. Je soupire, remets mon téléphone dans ma poche. — Nous en avons déjà parlé, tu sais ce qu’il en est. Il hausse les épaules tout en tirant une longue taffe qu’il expire lentement. — J’ai coupé court à la conversation, car je ne voulais pas te mettre en tort devant lui, mais en soi nous n’en avons pas encore parlé. — Tew… — Sérieusement Bree, je ne le sens pas ce type. — Il est vrai que Hari est un peu… Compliqué, je soupire. — Compliqué comment ? Je reste silencieuse, mal à l’aise. Il finit sa cigarette, pose sa tasse à côté de lui et se tourne face à moi. Ses mains douces et tièdes malgré la fraîcheur de cette nuit hivernale viennent se placer de chaque côté de mon visage m’encourageant à le regarder droit dans les yeux. Son souffle effleure ma peau tandis qu’il réitère : — Compliqué comment ? Les rires de notre petit groupe détournent mon attention quelques instants. Jetant un coup d’œil furtif dans leur direction, je me concentre à nouveau sur lui : — Tu me promets de garder ce que je vais te dire pour toi ? Il acquiesce. J’inspire et expire lentement tentant de calmer les battements de mon cœur effréné. — Notre histoire a commencé par un pari. ** Pour la première fois depuis le début de toute cette affaire, je me décide à me confier sur la chose. Nous évoquons point par point le séjour en Europe démarré sur une bonne base avant de partir en vrille sans que personne s'y attende. Comme à son habitude, Tew m’écoute d’une oreille attentive son regard intense rivé sur moi. — Résultat nous nous sommes retrouvés confrontés à son ex-femme qui a pris un malin plaisir à me mettre elle-même au courant de cette histoire de pari, je soupire en prenant une gorgée de mon chocolat maintenant froid. Bien évidemment, je m’abstiens de lui mentionner le coup de la vidéo. J’en ai des frissons rien que d’y penser. Matthew émet un rire amer tout en détournant le regard. — Quel bordel. — Mmmm. Mes lèvres s’étirent en un petit sourire mou malgré moi. — Et depuis ? — Depuis ? je répète confuse. Il finit sa tasse qu’il abandonne entre ses pieds. Les bras autour de ses jambes, il appuie son menton sur ses genoux et tourne une fois de plus son regard vers moi. — Est-ce que vous en avez rediscuté ? Est-ce qu’il s’est excusé ? — Non. Mais ce n’est pas tant sa faute que la mienne. Je n’ai juste pas envie d’évoquer le sujet avec lui, c’est encore trop tôt. — Je comprends, dit-il un sourire sincère au coin des lèvres. Silence. Nous restons ainsi dans le calme le plus total, chacun de nous perdu dans ses pensées suite à cette discussion assez intense. J’en profite pour siroter la fin de mon chocolat essayant tant bien que mal de ne pas trop croiser son regard qui ne me lâche pas. — Je me demande ce qui se serait passé si je n’étais pas parti. — Ne va pas te blâmer pour une chose de laquelle tu n’es pas responsable, s’il te plaît. — Malheureusement, c'est le cas, souffle-t-il une pointe d’exaspération dans la voix. Il se lève et descend les quelques marches de la terrasse qui mènent au jardin. Je le regarde faire, hésitante. Il s’arrête sur l’herbe, la tête levée vers les étoiles. Je pose ma tasse vide, prends une grande inspiration et le rejoins calmement. Il glisse un bras autour de mes épaules, l’autre autour de ma taille. À mon plus grand étonnement, je me laisse aller et me blottis tout contre lui. — Je n’aurais pas dû te quitter. — Nous sommes deux à avoir mis fin à cette relation, je lui rappelle. — Et regarde où ça nous a mené. Toi, tu te retrouves fiancée à une espèce de margoulin, quant à moi… Il s’interrompt subitement. Je lève un peu la tête. Les traits de son visage se crispent tandis qu’il se laisse aller à des souvenirs visiblement quelque peu douloureux. — Quant à toi ? Il soupire, baisse son regard triste vers moi. — Disons que j’ai rencontré une sorte de mini Gwenaëlle. — Tew… Ses bras se resserrent autour de ma taille. Mes yeux louchent sur ses lèvres à seulement quelques centimètres des miennes. — Tu te souviens quand je t’ai dit que Hari n’était pas ta seule option ? — Bien sûr, je réponds en riant. Comment oublier ? — J’étais sérieux. Je cligne des yeux et lève une fois de plus mon regard vers lui. — Je t’aime, Bree. — Tew… Ses lèvres se scellent aux miennes. Ses bras me soulèvent. Mes jambes autour de sa taille, mes mains derrière sa nuque, je me positionne de façon à approfondir notre b****r. Mon prénom s’échappe de ses lèvres dans un souffle presque imperceptible. Nous retournons à l’intérieur où le reste de la b***e est allée se coucher depuis longtemps. Mes mains remontent dans ses cheveux tandis que nos langues se rencontrent. Je sens mon esprit commencer à déconnecter afin de faire place à la sensation de plaisir qui commence à s’éveiller en moi. Matthew me repose à terre sans jamais se détacher de mes lèvres. Ses mains glissent jusqu’à la couture de mon pull qu’il s’apprête à me retirer. Hari espèce d’idiote ! Hari…Merde, Hari ! — Tew, non. Je me détache de lui m’assurant à mettre une certaine distance entre nous. Mon regard croise le sien d’un gris orageux. Mes yeux glissent jusqu’à ses lèvres enflées, ses joues rosées et sa poitrine qui monte et descend au rythme de sa respiration effrénée. — Je suis désolée, je souffle. — Bree… Je secoue la tête et fais demi-tour en direction des escaliers. Sa voix résonne derrière moi tandis que j’en franchis les marches quatre à quatre mais je l’ignore. Ce n’est qu’une fois dans la pièce, la porte soigneusement verrouillée que je m’autorise à souffler. Fermant les yeux, je me laisse glisser au sol. Je passe une main nerveuse dans mes cheveux tout en soupirant. Les vibrations de mon portable retentissent à travers le tissu de mon sac. Je m’empresse de le récupérer et clique sur la notification annonçant un message. Plus qu'une nuit et nous serons ensemble. Essaie de prendre des forces, tu vas en avoir besoin ! ;) Xx. H J’émets un rire nerveux accompagné d’un soupir de frustration tandis que je verrouille mon téléphone et me laisse tomber en arrière. Des images de mon b****r avec Matthew se rejouent malgré moi dans mon esprit. Bon sang. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? ** ** ** ** **
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER