Brianna
Au bout de l’allée centrale, Matthew libère mon bras. Je rejoins ma place auprès de Fanny et Emmy, les demoiselles d’honneur deux et trois. Ma tante et Joe arrivent juste derrière. Ce dernier regagne sa place près de son frère, derrière qui Luke, Matthew et Josh se sont placés légèrement en retrait. Puis vient le tour de Danny et ma mère. Comme le veut la tradition, les invités se lèvent tandis qu’ils s’engagent le long de l’allée. Le visage de ma mère rayonne littéralement de bonheur. Du coin de l’œil, je peux voir le photographe se placer de façon à prendre une photo, juste avant que Danny et elle n’arrivent à notre niveau. La musique s’arrête, les invités se rassoit. Danny place la main de ma mère dans celle de son frère tout en déposant un b****r sur sa joue. Le prêtre s’avance.
— Mes biens chers frères. Nous sommes réunis aujourd’hui devant Dieu afin de célébrer l’union de cet homme et de cette femme, dans le sacrement du mariage. L’union de cœur, de corps et d’esprit est voulue par Dieu pour la joie mutuelle des époux. Tous deux se doivent soutien et réconfort dans la prospérité comme dans l’adversité. C’est par ces liens sacrés que Robert Alexander Roger O’Neill et Angélique Joyce Abigail Dawson vont maintenant être unis. Si quelqu’un dans cette assemblée connaît une raison de s’opposer à ce mariage, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais.
Silence. Le prêtre parcourt la salle du regard et poursuit :
— Qui parmi vous vient conduire cette femme à l’autel du mariage ?
— C’est moi.
Tous les regards se posent sur Danny. Ce dernier s’empresse de s’asseoir à sa place, soulagé.
— Veuillez-vous tenir la main droite.
Bobby attrape la main de ma mère.
— Robert Alexander Roger O’Neill, voulez-vous prendre pour épouse Angélique Joyce Abigail Dawson et la garder près de vous, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité, l’aimer et la chérir jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
— Je le veux.
— Angélique Joyce Abigail Dawson, voulez-vous prendre pour époux Robert Alexander Roger O’Neill et le garder près de vous pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité, l’aimer et le chérir jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
— Je le veux.
Les lèvres du prêtre s’étirent en un sourire discret.
— Les alliances je vous prie. (Ma tante et Danny s’avancent, chacun une bague de Claddagh en main. Bobby et ma mère échangent leurs alliances.) Seigneur, bénissez ces alliances, symboles des vœux par lesquels cet homme et cette femme sont dorénavant liés.
Il marque une pause et nous fait signe d’avancer. Fanny, Emmy, Josh, Luke, Matthew et moi attrapons les rubans que ma tante nous donne et nous plaçons en cercle autour de ma mère et mon beau-père.
Le rouge pour la passion, la force et le courage. L’orange pour l’encouragement, la vitalité et l’enthousiasme. Le jaune pour la confiance, la joie et le bonheur. Le bleu pour la sérénité, la patience et la sincérité. Le violet pour la spiritualité et la sagesse. Le noir pour la stabilité et l’humilité. Le rose pour l’admiration, la romance, l’amour et la tendresse. Et enfin le brun pour la terre, le foyer et le réconfort.
Nous lions les rubans entre eux puis regagnons nos places.
— Maintenant que Robert et Angélique se sont solennellement donnés l’un à l’autre, en joignant les mains et en offrant et recevant les alliances, je les déclare mari et femme. Ce que Dieu a uni, nul ne peut les séparer. Amen.
Matthew me lance un regard discret.
— Vous pouvez embrasser la mariée.
**
Bobby et ma mère sortent de l’église sous un tonnerre d’applaudissements accompagné d’une pluie de riz, de trèfles et de pétales de roses.
— Tout le monde en place devant l’église, s’il vous plaît ! s’exclame le photographe.
Nous nous regroupons tous tant bien que mal autour du couple de jeunes mariés.
— Parfait, maintenant seulement la famille !
Le groupe se restreint subitement. C’est alors que je remarque mon père, Sonia et Sam. Ma mère les invite à se joindre à nous ainsi que Matthew qui en profite pour échanger une poignée de main virile avec mon père.
— Hari n’est pas là ? me demande ce dernier entre ses dents.
— Il s’est fait avoir par la tempête de neige.
Il ricane.
— Je l’avais prévenu.
Je manque de lui lancer un regard confus mais me ressaisis pour la photo. Le tout dans la boîte, mon petit groupe d’amis et moi retournons à l’intérieur afin de ranger un peu. Mes affaires en main, je laisse mon regard errer sur l’église vide, un sourire rêveur au coin des lèvres.
— Bree ?
Je cligne des yeux et jette un regard par-dessus mon épaule. Matthew m’attend sur le pas de la porte. Je regarde une dernière fois l’autel et le rejoins. Il m’offre son bras sur lequel je m’appuie.
— Perdue dans tes songes quant au mariage parfait ? me taquine-t-il.
Je ris.
— On peut dire ça comme ça.
— Toujours pas de nouvelles ?
Je jette un coup d’œil rapide à mon téléphone rangé dans l’une des petites poches de mon sac.
— Non.
— Tant mieux. (Il baisse les yeux, une lueur joueuse dans le regard.) Ça fera plus de danses pour moi.
**
Arrivés à la salle des fêtes, nous jonglons entre la table et la piste où nous dansons et prenons part à des jeux organisés pour mettre encore plus d’ambiance. La fête bat son plein et aussi bien les adultes que les enfants semblent en profiter. Mes amis et moi nous déchaînons sur la piste. La chanson Tell Me Ma commence à résonner aux quatre coins de la salle. Mon regard se perd sur l’entrée dans l’espoir de voir surgir Hari, mais rien. Je soupire. Matthew m’attrape par la main et me tire à lui en riant. Nous nous joignons à Emmy, Luke, nos amis ainsi que Rose et le petit ami de cette dernière, entourés par d’autres invités qui sans grande surprise s’avèrent être principalement des irlandais. La chanson finie, nous retournons nous asseoir à bout de souffle.
— Bordel de merde, la musique irlandaise ça envoie ! s’exclame Josh en se laissant tomber sur sa chaise.
— Et ouais, on est doué pour ça, dit Luke fièrement.
Le serveur vient remplir nos coupes de Champagne. Nous trinquons et prenons une longue gorgée. Du coin de l’œil, je peux voir Matthew allumer sa cigarette tout juste extirpée de son paquet. Un doux frisson me parcourt le long de l’échine tandis qu’il rive son regard intense et brûlant sur moi tout en tirant une longue taffe. Je finis ma coupe de Champagne d’une traite, les joues en feu.
— Tu veux retourner danser ? je lui propose.
Il secoue négativement la tête. Je peux sentir mes hormones entrer en ébullition sous l’effet de l’alcool et des caresses de son regard. Il attend patiemment que le reste de notre petit groupe retourne danser puis, une fois sûr qu’ils ne nous prêtent pas attention, écrase sa cigarette et m’attrape par la main. Je le suis hors de la salle tentant tant bien que mal de garder le rythme.
— Qu’est-ce que tu fais ?
Il ne répond rien. Nous continuons d’avancer à travers les couloirs, jusqu’à entrer dans les toilettes. Il libère ma main, le temps de verrouiller la porte derrière nous.
— Tew.
Son corps se plaque contre le mien. Son souffle tiède effleure ma peau me faisant frémir. Un bras autour de ma taille il me soulève et cale mon corps contre la porte. Je glisse machinalement mes mains derrière sa nuque et enroule mes jambes autour de sa taille. Mon cœur s’emballe, frappe mes côtes et ma poitrine dans des battements fous.
— On ne devrait pas…
Il plaque ses lèvres contre les miennes ne me laissant pas finir ma phrase. Sa main libre s’introduit dans ma petite culotte. Ses doigts se fraient un chemin jusqu’à mon bourgeon de chair qu’ils caressent, pincent, excitent. Des gémissements étouffés par notre b****r ardent franchissent la barrière de mes lèvres. La chaleur familière se réveille dans le bas de mon ventre. Il relâche ma taille, le temps d’ouvrir son pantalon qu’il baisse à la va vite avec son boxer. J’ondule des hanches contre lui ce qui me vaut un râle rauque de sa part. Ses lèvres se détachent des miennes quelques instants.
— Regarde-moi, souffle-t-il d’une voix douce et rauque.
Mon regard se perd dans l’océan bleu-gris du sien. Il repositionne son bras libre autour de ma taille et me soulève lentement.
— Magnifique.
Il me pénètre avec tendresse. Je soupire, transcendée. Nous ondulons lentement l’un contre l’autre. Ses mains découvrent mon corps et les miennes le sien. Nous reprenons notre b****r. Ses doigts retrouvent mon point sensible qu’ils caressent lentement au rythme de ses va-et-vient langoureux. Je frémis, gémis. Il râle. Nous nous laissons aller pour la première fois. Tout semble disparaître autour de nous. Nos souffles se heurtent. Un doux frisson me parcourt le long de la colonne vertébrale tandis qu’il râle mon nom.
Je ferme les yeux et rejette la tête en arrière. Ses lèvres s’aventurent dans le creux de mon cou. Il mordille ma peau, l’aspire, la lèche. Son prénom manque franchir la barrière de mes lèvres, mais je me rétracte aussitôt. J’ouvre les yeux. Il relève la tête. Bon sang, j’ai…
BAM…BAM…BAM…
Nous sursautons brutalement rappelés à la réalité. Dans un mouvement brusque, Matthew se détache de moi avant même que l’un de nous ne puisse atteindre le Septième Ciel. Il se rhabille à la va vite, j’en fais de même essoufflée et les joues en feu.
Les coups retentissent de plus belle contre la porte.
— Brianna !
Je lève les yeux, surprise par cette voix que je ne m’attendais pas à entendre ce soir. Hari.
— Brianna, ouvre cette p****n de porte !
Jetant un coup d’œil à Matthew par-dessus mon épaule, je lui intime silencieusement de se cacher rapidement ce qu’il refuse bien évidemment de faire.
— Ça risque de mal tourner, je mime du bout des lèvres.
Il ne cille pas. Je m’humecte les lèvres, prends une inspiration et ouvre la porte. Hari entre en trombe avant même que je ne puisse essayer de le stopper. Il se rue sur Matthew telle une furie :
— Hari non !
Son corps percute le sien. En un rien de temps, ils se retrouvent au sol.
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