Hari
Bree relève la tête, les sourcils froncés.
— Te réorienter professionnellement ? répète-t-elle sceptique. (J’acquiesce. Elle plisse les yeux.) C’est-à-dire ?
Je hausse les épaules faignant l’ignorance.
— Je ne sais pas…Prendre le temps de souffler et de faire le point afin de voir où j’en suis et où je veux aller.
— Tu ne veux plus travailler dans l’édition ?
Si, bien sûr que si. Mais mon très cher demi-frère n’a rien trouvé de mieux à faire que de marchander la cession de mes parts à Gladys et mon installation en Irlande, en échange d’une protection constante contre Hortense et Gwenaëlle.
— Disons juste que j’aimerais faire une pause, je me contente de répondre calmement.
— Comment ?
— J’ai commencé à m’organiser de façon à pouvoir confier les rênes de Stanford Edition à Gladys quelques temps. Je pense que cela ne nous fera pas de mal de couper un peu avec tout ce côté hype superficiel et prendre du temps pour nous recentrer sur nous.
— C’est vrai, acquiesce-t-elle un sourire au coin des lèvres.
Je me penche vers elle et l’embrasse avec douceur. Son corps frissonne contre le mien. Je glisse un bras dans le bas de son dos et la tire à moi. Ses jambes de chaque côté de ma taille, elle attrape ma nuque et approfondis notre b****r tout en ondulant des hanches. Je peux sentir mon membre durcir instantanément pour elle au rythme sensuel de son bassin. Ses lèvres s’étirent en un sourire contre les miennes.
— Toujours aussi insatiable, me charrie-t-elle entre deux baisers.
Je grogne. Elle n’a pas idée à quel point. Elle relève la tête, plonge son regard intense et brûlant dans le mien. Une lueur coquine parcourt furtivement ses yeux tandis qu’elle rapproche sa bouche de mon oreille non sans cesser son déhanchement provocateur.
— b***e-moi, Hari.
Je peux sentir mon être entier se mettre à me tirailler à cette idée.
— C’est vraiment ce que tu veux ?
Elle acquiesce, se colle un peu plus contre moi.
— b***e. Moi.
Putain. Je me relève d’un bon, l’attrape par la taille et inverse nos positions. Je la pousse en avant son corps émoustillé appuyé contre le rocher sur lequel nous étions assis. Le corps en feu, je lui retire son bas avant d’en faire de même avec le mien. Glissant mes doigts dans ses cheveux, je tire sa tête en arrière de façon à pouvoir caler ma bouche dans le creux de son cou.
— Prépare-toi à prendre ton pied, je la préviens.
Dans un puissant coup de rein, je prends possession de son corps lui faisant lâcher un cri de plaisir. Nos corps enchevêtrés, je la pilonne avec fougue. Mes râles et ses gémissements se mêlent en une douce symphonie qui explose et se répercute autour de nous. Ma main libre vient faire pression sur son point sensible envoyant une onde de choc à travers son corps. Mon pénis va-et-vient dans ses confins humides de manière déchaînée. Ses doigts s’agrippent au rocher contre lequel son corps balance d’avant en arrière au rythme de mes mouvements sauvages.
— Bordel, geint-elle.
Elle ferme les yeux et rejette la tête en arrière, transcendée. J’aspire la peau de son cou que je mordille ardemment. Son corps se met à trembler entre mes bras. Je prends une longue inspiration. L’odeur de sa peau moite, son parfum, ses gémissements et les réactions de son corps à mes coups de boutoir et mes caresses suffisent à me faire perdre la tête. Ma dernière poussée profonde nous envoie droit dans les abysses du plaisir. Mon corps toujours enchevêtré au sien, je m’écroule contre être le souffle rapide et le cœur battant.
— Tu m’as littéralement explosé les reins, murmure-t-elle d’une voix saccadée.
Ma bouche toujours dans le creux de son cou, je ris.
— C’était le but.
Je relève la tête, l’embrasse sur la joue et me retire tout en lui assenant une claque sur les fesses au passage. Nous nous rhabillons en silence, le temps de reprendre nos esprits.
— Tu ne m’as toujours pas dit ce que te voulais ton demi-frère.
— Seulement faire connaissance. (Elle me regarde sceptique. Prenant une inspiration, j’attrape ses mains et entrelace mes doigts aux siens.) Il y a autre chose qu’il faudrait que tu saches.
Une lueur inquiète parcourt son regard.
— Quoi ?
— Caederic, Cody, Gladys et moi avons décidé d’épauler notre père au maximum dans son divorce avec Hortense et sa bataille contre la maladie. Etant donné la situation, il n’y aura pas de Gala du Nouvel An. (Je l’attrape par la taille et la tire vers moi. Elle se blottit entre mes bras tandis que j’ajoute :) Cependant, Caederic aimerait que nous allions en Irlande afin de le passer en famille.
— Je comprends, soupire-t-elle.
— J’espère que ce petit changement de programme ne t’embête pas trop.
— Oh tu sais, avec tous les événements auxquels nous avons participé dernièrement, un de plus ou de moins ne fera pas une grande différence.
Je ne peux réprimer le rire qui s’échappe de mes lèvres à l’entente de sa réponse.
— Je voulais parler de l’Irlande. (Elle relève la tête, surprise.) Quoi ? Tu ne pensais tout de même pas que j’allais partir là-bas sans toi ?
Une lueur enthousiaste vient illuminer son regard.
— Quand partons-nous ?
— Dans trois jours.
Elle me saute au cou tout en poussant un petit cri enthousiaste. Ses lèvres s’écrasent contre les miennes. Les joues en feu et la respiration rapide, elle se détache de moi.
— Il faut que nous prévenions mes parents.
**
De retour chez Bobby et Angie, nous attendons patiemment la fin des festivités familiales avant de les prendre à part dans la cuisine, où Max et Sonia nous rejoignent afin que nous leur expliquions notre changement de programme pour le Nouvel An, autour d’une tasse de chocolat chaud. Tous écoutent d’une oreille attentive tandis que je leur raconte comment ce voyage prévu un peu à la dernière minute devrait s’organiser : départ le 28 et retour le 3 au soir. En ce qui concerne l’hébergement, je me contente de leur expliquer que nous serons logés chez de la famille de mon père. Pas besoin de rentrer dans les détails à ce niveau-là.
Le topo fini, le père de Bree est le premier à prendre la parole.
— Qu’en est-il des cours ? demande-t-il à l’attention de sa fille.
— Nous serons de retour à temps, lui assure-t-elle.
Il jette un coup d’œil en direction de son ex-femme lui demandant silencieusement son avis. Cette dernière acquiesce d’un signe de tête discret. Il soupire.
— Si cela peut vous faire plaisir. A condition que tu me promettes que tes devoirs seront à jour d’ici la reprise du lycée.
— Promis.
— Et je compte sur toi pour éviter tout potentiel égarement.
— Ne vous en faîtes pas pour ça, j’y veillerai, j’interviens.
Lui et moi échangeons un regard entendu. Bree finit son chocolat à la va vite et se lève. J’en fais de même et la suis, direction sa chambre pour une partie de jambes en l’air ni vu ni connu. Lorsque nous redescendons, Sam et Hayden sont installés devant Charlie et la Chocolaterie. Nous nous joignons à eux tandis que Bobby et Max s’installent dans un coin pour une partie d’échecs. Les voix de Sonia et Angie nous parviennent depuis la cuisine où, d’après l’odeur qui en émanent, elles s’attèlent à préparer des biscuits de Noël qu’elles nous apportent une petite heure plus tard avec des tasses de chocolat chaud.
Le film fini, les garçons, le couple Andrews et moi nous préparons afin de prendre la route du retour pour New York. Bree m’accompagne dans le petit couloir en faisant la moue.
— Ne fais pas cette tête-là, je lui dis le ton léger.
— A peine arrivé que tu repars déjà.
J’attrape son menton et incline son visage de façon à ce qu’elle me regarde droit dans les yeux.
— Nous nous revoyons dans trois jours.
Elle acquiesce. Je l’embrasse furtivement.
— Sois sage, je souffle contre ses lèvres. (J’approche ma bouche de son oreille et ajoute :) Je te ferai mouiller au téléphone.
Elle frémit, m’assène une tape sur le bras. J’émets un rire discret et me détache d’elle de façon à ce que les autres puissent lui dire au revoir. Mon portable vibre dans ma poche. Je l’en extirpe discrètement et profite de l’inattention générale pour jeter un œil au message de la part de mon demi-frère.
Alors, pour le Nouvel An ?
Je prends une inspiration et tape une réponse furtive tout en jetant un coup d’œil à Brianna en train de faire un câlin à Sam et Hayden.
C'est bon, nous serons là comme prévu.
Parfait! Rendez-vous en Irlande!
Je lui réponds un pouce, prêt à ranger mon téléphone qui vibre à nouveau dans ma main. J’aspire ma lèvre inférieure entre mes dents et la mords de toute mes forces afin de retenir un juron.
Au fait, prépare-toi. Ton premier combat d'entraînement aura lieu le 29 au soir! Nollaig Shona! ;)
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