* * * Le travail mené par Donatien permettait de retracer assez fidèlement la vie d’Ignace de Brassin : Né en 1879 sans qu’il y soit pour grand-chose en réalité, héritier d’un père, vieux général fortuné – qui poussa le sens du devoir jusqu’à mourir en 1900 – et d’une mère héritière de parents industriels sucriers, Ignace, sans profession véritable, amateur d’amours ancillaires et coureur de jupons, avait, en 1916, définitivement rompu avec les canons trop bruyants de ce temps. À la vérité, il n’en aimait pas vraiment le calibre. Il appréciait peu les fracas de la guerre, le Crapouillot* et la boue trop lourde des champs de bataille. Non par antipatriotisme mais par couardise. Il pensait sa peau trop fragile et trop pâle pour résister efficacement aux éclats d’obus. Et la réputation d’eff


