VIIISarah et Arthur étaient entrés à “La Baleine Rousse”, un bar du port où les navigateurs aventuriers Slocum et Blackburn auraient pu amarrer leurs étraves quelques décennies auparavant. C’était un soir de fête. Un trio de guitares celtiques installé au fond du bar jouait Ballade irlandaise pour une princesse africaine, une mélodie de la fin du XIXe siècle composée par un voyageur irlandais tombé amoureux d’une jeune Sénégalaise. Tous deux avaient quitté le Grand Continent pour l’Irlande où ils avaient longtemps vécu. Très âgés, leur vie terrestre achevée, sentant venir la mort, ils étaient retournés finir leur existence sur la côte ouest-africaine. Les musiciens, à leur tour, avaient insufflé leur jeunesse à la mélodie immortelle. Les âmes de la princesse africaine et de l’Irlandais


