Les locaux affectés à la police du quartier dit « du combat » (en raison des anciens combats de chiens et de taureaux qui avaient fait fureur dans le secteur jusqu’au milieu du xixe siècle) occupaient le rez-de-chaussée et le premier étage d’un immeuble vétuste, à la façade jaunie. Le revêtement s’effritait parfois par plaques entières lorsqu’il pleuvait. Le petit commissariat venait de faire la une des journaux satiriques : la Préfecture de Police ayant oublié de régler plusieurs mois de loyer aux propriétaires du bâtiment, le chef de service avait reçu d’un huissier de justice facétieux l’ordre officiel de s’expulser lui-même… Le Canard enchaîné avait adoré l’anecdote et s’en était donné à cœur joie. Les policiers et leurs deux prisonniers pénétrèrent dans le hall d’entrée et passèrent


