Entre deux femmes

1714 Mots
Chapitre 4 Preston et moi avons passé la nuit ensemble. J'avoue que ça nous a rappelé des bons souvenirs, mais ça nous a également permis de mettre les choses aux clairs et d'envisager de construire quelque chose. Néanmoins, je préfère attendre que Preston quitte Maëlle avant d'officialiser quoi que ce soit. J'ai surtout peur qu'il se rende compte qu'il se rend compte qu'il a pris une mauvaise décision en enterrant son couple d'avec Maëlle si rapidement. Je ne voudrais pas prendre le risque de lui en vouloir s'il me disait qu'il a fait une erreur, que nous deux, c'était nostalgique, mais que sa vie est auprès de Maëlle. J'avoue que je comprendrais, mais ça me peinerait. Nous arrivons dans l'immeuble du bureau. Dans l'ascenseur qui nous mène au cinquième étage Preston me regarde avec un air charmeur. - Quoi ! (souriant) - C'est trop beau pour être vrai ! (me dit-il) - Ben ! C'est ce que je me dis aussi ! - Pourtant, c'est la réalité. - En tout cas, si ce n'est pas réel, le bon dieu est cruel avec nous. - Tu es croyante ? - Tiens ! Quelle drôle de question ? - Si ça te gêne je ne t'impose pas de me répondre. - En fait, dans notre métier, c'est difficile de croire que quelqu'un au-dessus de nos têtes nous protège vraiment. Tu vois ! Après ce n'est que mon ressenti et surtout ça n'engage que moi ! - Oui, je pense la même chose. Maëlle m'emmenait à l'église tous les dimanches matin. - Rassure-toi, pas d'église en ce qui me concerne. - Ok ! On fera autre chose moins catholique à la place ! (Malicieusement). Il est toujours aussi charmeur ! J'ai parfaitement compris son message. J'adore ce côté malicieux. L'ascenseur s'ouvre. - Ben tien ! Ils n'ont pas tardé ! - De toute façon, tu n'as pas à t'inquiéter, il était armé. Dans la journée c'est fini. En effet, dans le m******e du centre commercial, j'ai dû abattre un homme. L'IGPN est déjà là pour son enquête. - Il réinterroge Danny ! - Ben oui ! C'est la procédure. (me rassure-t-il) - Bon ben je vais subir ça toute la matinée ! Qu'est-ce-que je n'aime pas me faire cuisiner. La dernière fois, j'ai subi ça pendant trois jours. - Oui, mais l'homme que tu as dû abattre la dernière fois n'était pas armée, c'est différent. - Oui, je sais ! - Je suis de tout cœur avec toi. - Je sais ! Je passe une partie de la matinée à subir les interrogatoires de l'IGPN. Plus tard, Cassie arrive. Pour vous parler rapidement de Danny et Cassie, ce sont deux de mes plus proches collègues. Danny est lieutenant lui aussi et Cassie c'est l'adjointe du chef, mais c'est une personne en or. Elle est loin d'être la cheffe qui va te prendre de haut, un peu comme Preston d'ailleurs. - ça a été ? - Oui, c'est épuisant, mais je vais être blanchie. - Voilà une bonne nouvelle. De toute façon, il était armé. Je n'avais pas de doute. Puis tu sais que tu as tout mon soutiens. Tu es ma meilleure lieutenant. - Tu es adorable ! C'est gentille ! - Preston est préoccupé on dirait. - Tu crois ? - Oui, depuis ce matin. - Je vais aller le voir. Plus tard, je vais voir Preston dans son bureau. - ça va ? - Oui, ne t'en fais pas ! (me dit-il) - Non ça ne va pas Preston ! Qu'est-ce qui se passe ? - J'ai eu Maëlle au téléphone et elle veut me voir. - Elle a raison. Il faut que vous régliez ça. - Elle m'a dit qu'elle voulait qu'on parle. Elle a réfléchi et pense que sa réponse était hâtive. Je crois qu'à ce moment-là, mon visage se fige. C'est pile ce que je redoutais, Maëlle aurait changé d'avis. Je m'assois complètement dépitée. - C'est bien ce que je craignais ! On a fait une bêtise cette nuit. - Tu crois ? Moi, je ne regrette pas ! - Je ne regrette pas, mais je me sens mal à l'aise. Toi et Maëlle ce n'est pas fini, loin de là et j'ai couché avec toi. Ce n'est pas loyal. C'est dégueulasse ce que j'ai fait ! - Tu ne vas pas t'en vouloir quand même ! Ce n'est pas comme si Maëlle était ta meilleure pote ! Le salop de l'histoire, c'est moi, c'est pas toi ! - Ce n'est pas ma pote, mais je l'ai déjà rencontré, on a déjà fait des soirées où elle était présente. C'est loin d'être une inconnue. Je ne pense pas avoir trahi quelqu'un car comme tu dis elle n'était pas mon amie, mais j'ai mal agi. - Elle doit passer me voir ce soir. On doit discuter. - Ton cœur balance, c'est ça ? -Tu m'en voudrais si c'était le cas ? - Bien sûr que non, mais je ne veux pas être ta roue de secours. Si tu choisis de rester avec Maëlle, je ne veux pas que tu reviennes me chercher si les choses tournent mal. Parce que je vais essayer de t'oublier maintenant. Je dois passer à autre chose. - Je ne ferais jamais ça. Je l'ai aimé Maëlle tu sais. Je devrais être content qu'elle change d'avis, mais il y a toi et je t'aime sincèrement. - Preston ! Tu es sûr que tu serais heureux avec moi ? - Pourquoi cette question ? - J'ai beaucoup de défauts tu sais ! - Je les aime tes défauts ! - Preston ! J'ai peur que tu sois déçu. Hier nous étions sur un nuage, mais il faut qu'on redescende sur terre maintenant. - Comment ça ? - Tu n'as même pas rompu avec Maëlle et tu te retrouves déjà dans mon lit. J'ai été odieuse. - Mais non ! Pourquoi tu dis ça ? C'est moi qui ai été minable. C'est moi qui ai trompé Maëlle. Toi, tu es célibataire et tu n'as rien à te reprocher. - J'aurais dû attendre que les choses soient claires pour toi et je vois qu'elles ne le sont pas. On n'a pas réfléchi aux conséquences. - C'est ce qui fait le charme de notre relation enfin surtout avant Maëlle. On ne réfléchissait pas et c'était spontané. On a passé de bons moments toi et moi ! - Oui, c'est vrai ! Mais il est temps qu'on passe à autre chose. On va finir par se faire du mal. - Maëlle est très fragile et je ne voudrais pas la faire souffrir. - Mais moi je peux souffrir, ça t'es égale si je comprends bien ! - Je n'ai pas dit ça Abby ! - Je te demande juste de ne pas jouer sur les deux tableaux. Écoute, je préfère qu'on en reste là pour l'instant. Ce n'est pas le moment idéal. Tu ne peux pas tirer un trait sur une relation qui dure depuis plus d'un an parce que nous avons passé la nuit ensemble. Je pense que si Maëlle est prête à se marier, tu devrais saisir cette opportunité. C'est l'occasion pour toi de fonder une famille. Depuis ton ex-femme, tu es allé de déception en déception. Je pense que Maëlle te fera jamais de mal. - Le « Je t'aime » de cette nuit avait l'air tellement sincère Abby. - Preston ! Aimer c'est aussi savoir s'effacer et Maëlle pourra t'apporter des choses que je ne pourrais jamais t'offrir. - Comme quoi ? - Elle est jeune, elle a trente ans. Tu pourras fonder une famille avec elle. Moi, je deviens un peu trop âgé maintenant ! - Arrête ! Tu as trente-huit ans, ce n'est pas si vieux ! Qu'est-ce-que je devrais dire ? J'ai quarante-deux ans ! - Je ne veux plus d'enfant. Je suis désolé ! Ma fille à quatorze ans et je ne me revois pas dans les couches-culottes, les biberons et tout ce qui s'ensuit. - Ce n'est pas un motif d'exclusion Abby ! Tu pourrais m'apporter tellement d'autres choses. Je pourrais très bien aussi renoncé à l'idée d'être père un jour ! - Et je ne peux pas te demander de renoncer à ça, ça serait tellement égoïste. Un « nous deux » maintenant, n'est pas envisageable. Tu es encore trop dans le doute. Je préfère que tu prennes du recul et dans quelque temps on verra. Tu auras sans doute arrangé les choses et la vie reprendra son cours. Je pense que Maëlle t'a donné une réponse hâtive et qu'elle regrette. Tu verras, tu vas te marier et nous deux ça restera qu'un bon souvenir. Maëlle est une femme adorable et elle peut t'apporter beaucoup de chose. Elle a des qualités que je n'ai pas Preston. - Pourquoi tu décides de ma vie comme ça ? - Je ne décide pas. Je te demande juste de prendre ton temps pour être sûr. - Comme tu voudras. - Ne dis surtout pas à Maëlle que nous avons couché ensemble. Il faut qu'on garde ça pour nous Preston. Je te promets que je ne dirais jamais rien. - D'accord ! - On reste amis ? - On va essayer. Tu resteras l'amie dont je suis amoureux. - Tu finiras par oublier. Tu verras quand tu auras une famille, moi je deviendrai de nouveau ton amie. Tu n'oublias peut-être jamais que nous avons eux des moments plus intime, mais ça restera un souvenir. - Tu es bien optimiste je trouve ! Tu crois vraiment que c'est possible ? - Le temps fera son œuvre. - Je n'en suis pas sûr ! - Allez je retourne travailler. - D'accord. Je sors du bureau, je vais aux toilettes et en me regardant dans le miroir, je finis par verser quelques larmes. La vérité, c'est que je n'ai pas du tout envie que ça s'arrête, mais je ne veux pas qu'un jour il regrette. Je me sacrifie pour qu'il puisse être heureux et avoir une famille. Maëlle est une femme bien et il apprendra à l'aimer. Moi j'avoue que je me prends un coup de poignard en pleine poitrine car je n'ai jamais été autant amoureuse d'un homme, mais finalement l'amour peut être aussi une sorte de désillusion. A suivre
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