Chapitre 10

1434 Mots
Mourad profita du calme pour faire une annonce. — Je dînerai chaque soir avec l’une d’entre vous. Ce sera l’occasion de mieux vous connaître. Aussitôt, un petit éclat d’excitation se fit sentir. Jennah bondit presque de son siège. — Je veux être la première ! J’ai trop de choses à lui montrer et à lui dire ! Lina roula les yeux. — Bien sûr, Jennah veut encore être au centre de l’attention. T’as l’impression qu’il t’est réservé ou quoi ? — On est là pour ça, non ?! Pour se battre, pour lui plaire ! répliqua Jennah sans filtre. Si t’es pas prête à jouer le jeu, fallait pas venir. La tension monta légèrement. Bella Dior, calme et posée, leva une main pour ramener l’ordre. — Du calme, les filles. Mourad ne dira à personne à l’avance avec qui il sortira le soir. Une tenue spéciale sera livrée dans la chambre de celle qu’il aura choisie. Ce sera la seule indication. Un silence intrigué s’installa. Les regards se croisèrent, méfiants, curieux. Jennah trépignait déjà d’impatience, un sourire accroché aux lèvres. — Oh mon Dieu, j’ai trop hâte ! J’espère que ce sera moi… Pendant ce temps, Zaynab dégustait son plat, imperturbable. Rien ne semblait la toucher, ni les tensions, ni les enjeux. Elle gardait ses distances, comme si cette processus de sélection ne la concernait pas. --- Après le brunch, alors que les filles pensaient retourner à la villa pour se reposer, Bella Dior leur annonça calmement : — Préparez-vous, on ne rentre pas tout de suite. Nous avons une autre activité. Mourad m’a chargé de vous dire que vous visiterez une galerie d’art privée à The Pearl. Les prétendantes se regardèrent, surprises. Jennah lança : — Une galerie ? Trop classe. On va faire quoi là-bas ? — Dessiner, répondit Bella Dior. Une œuvre qui, selon vous, représente Mourad. Chacune réagit différemment. Lina leva les yeux au ciel, Jennah s’exclama avec enthousiasme, Khoudia garda son calme, et Zaynab resta silencieuse. --- À leur arrivée, les filles furent émerveillées par l'élégance du lieu : murs immaculés, éclairage tamisé, œuvres modernes accrochées avec soin, et un espace réservé rien que pour eux. Du matériel de dessin avait été mis à disposition. Mourad observait à distance, silencieux, pendant que les prétendantes s’installaient. Chacune se lança dans sa création. Lina, concentrée, traça des lignes nettes et froides. Elle créa une silhouette rigide, en costume, au regard dur. L’œuvre reflétait une ambition glacée. Quand elle le présenta à Mourad, il haussa légèrement un sourcil, puis hocha la tête sans commenter. Zaynab, provocatrice, ne prit même pas la peine de dessiner. Elle désigna une toile déjà existante, vilainement sombre, presque agressive dans son expression. — Voilà, c’est toi, dit-elle, le ton neutre. Mourad la fixa un instant, puis lâcha un petit sourire en coin. — Merci, répondit-il, sans rien ajouter. Zaynab, pourtant sûre de son effet, fut déçue de n’avoir obtenu qu’un mot sec et une expression difficile à décrypter. Khoudia Nour, timide mais appliquée, dessina un visage apaisé, entouré de formes douces et de couleurs chaleureuses. Elle expliqua calmement son choix, soulignant la force tranquille de Mourad, son calme apparent, et ce qu’elle ressentait derrière son regard. Mourad, touché, s’approcha d’elle et la félicita. — C’est très beau. Merci, Khoudia. Il la prit brièvement dans ses bras. Le moment parut suspendu. Jennah et Lina échangèrent un regard noir. Jennah, vexée, se reprit et dessina un homme musclé, torse nu, au regard intense, avec des chaînes dorées autour du cou. L’inspiration venait directement de ses followers, comme elle le murmura à Bella Dior en riant. Mais lorsqu’elle montra le dessin à Mourad, il resta figé. — Tu m’as dessiné comme un... danseur d’un club douteux ? Bella Dior, à côté, étouffa un fou rire. Jennah, confuse, sourit maladroitement et reprit place, un peu honteuse. ••• À la fin de la séance, Mourad désigna l’œuvre de Khoudia. — Je ne garderai qu’un seul dessin. Celui de Khoudia. Jennah fronça les sourcils. Lina détourna les yeux. Zaynab resta muette. Mais Khoudia, elle, baissa humblement la tête, un sourire discret sur les lèvres. De retour à la villa après l’activité artistique, les filles furent surprises de découvrir un styliste déjà installé dans le grand salon, accompagné de plusieurs portants recouverts de housses en satin. — Mais… qu’est-ce que c’est que ça ? demanda Lina, intriguée, les yeux rivés sur les robes élégantes et luxueuses. Bella Dior, debout près du styliste, leur répondit avec calme : — Il est là pour vous. Ce soir, l’une d’entre vous dînera avec Mourad. Vous allez choisir chacune une robe. Jennah, surexcitée, poussa un petit cri de joie et sortit aussitôt son téléphone. Elle s’adressa à ses abonnés en filmant rapidement les portants. — Regardez-moi cette élégance, mes bébés ! On dirait un défilé haute couture, je vous jure… Khoudia, elle, s’approcha de Bella Dior à voix basse. — Est-ce qu’il y a des tenues qui vont avec le voile ? demanda-t-elle avec douceur. — Bien sûr, répondit Bella Dior avec un sourire. Tout a été prévu. Pendant ce temps, Zaynab était concentrée sur son téléphone, silencieuse. Elle lisait les messages de ses abonnés, nombreux à vouloir savoir qui était Mourad, ce qui se passait dans la villa. Mais, fidèle à elle-même, elle n’avait rien posté à ce sujet. Ses stories ne montraient que des couchers de soleil, des plats luxueux, ou des coins de décoration… Rien de personnel. Finalement, toutes les prétendantes s’installèrent dans le salon, où le styliste leur présenta plusieurs robes de soirée, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Dentelles fines, coupes sirène, dos nus, tissus nobles… Les essayages commencèrent dans l’excitation générale. Bella Dior elle-même choisit une robe discrète, d’un bleu nuit profond. Après plusieurs allers-retours en cabine, les quatre prétendantes firent chacune leur choix final. Le styliste rangea les robes une à une, puis les apporta dans la chambre de Mourad. Lina, interloquée, lança : — Attendez… Pourquoi est-ce qu’on met nos robes dans sa chambre ? Mourad, qui venait d’entrer dans le salon, répondit sans détour, d’un ton posé mais ferme : — Parce que c’est moi qui déposerai la robe dans la chambre de celle que j’invite ce soir. Un petit silence s’installa. Lina fronça les sourcils. Jennah afficha un sourire confiant. Khoudia, fidèle à elle-même, ne dit rien. Zaynab, elle, ne leva même pas les yeux de son téléphone. En attendant le dîner, Bella Dior proposa aux prétendantes de se poser un moment dans le salon pour discuter. — Et si on profitait de ce moment pour parler un peu de vous ? Vos projets, vos rêves, ce que vous attendez de la vie… ou même de cette aventure. Les filles échangèrent un regard. Le ton était posé, presque intime. Elles savaient que Mourad, assis en retrait dans un fauteuil en cuir, les écoutait. Il ne disait rien, ne commentait pas, mais ses yeux passaient de l’une à l’autre avec une attention discrète mais réelle. Jennah fut la première à prendre la parole, comme à son habitude. — Moi, j’ai déjà accompli beaucoup de choses. Mais je veux plus. Une vraie maison, une marque à mon nom, et un homme qui me respecte, me valorise et me soutient dans mes projets. J’ai pas besoin d’un suiveur, je veux un leader. Mourad, il a ce truc-là. Lina réagit immédiatement. — Moi, je veux créer un empire dans le bien-être féminin. J’ai déjà commencé avec ma boutique, mais ce n’est que le début. J’ai besoin d’un partenaire solide, pas d’un homme qui a peur d’une femme ambitieuse. Khoudia, assise droite, sa voix plus douce mais claire, ajouta calmement : — Je ne veux pas grand-chose… La paix. Une vie élégante, discrète. Un foyer. Être respectée, écoutée. Et continuer à peindre, peut-être même un jour exposer. Toutes tournèrent la tête vers Zaynab, qui mit un instant à relever les yeux de son téléphone. Elle haussa une épaule. — J’ai pas de rêve utopique. J’ai déjà beaucoup. Je veux juste que personne ne me fasse perdre mon temps. Mourad est intéressant… mais je suis pas ici pour jouer à la femme parfaite. Un silence s’installa. Mourad n’avait toujours rien dit. Mais ses yeux s’étaient attardés une seconde de plus sur chacune, comme s’il prenait note, comme s’il captait l’essence de leurs mots. Puis soudain, il se leva, sans un mot. Il se dirigea vers sa chambre. Les quatre robes y étaient suspendues, soigneusement alignées, chacune étiquetée au nom d’une prétendante. Sans hésiter, il prit celle qu’il avait choisie. Et alla la déposer, silencieusement, dans la chambre correspondante. A suivre
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