Zaynab, décidément, était un mystère bien plus difficile à percer qu’il ne l’avait imaginé… et son attitude, pour l’instant, le poussait à la tenir à distance.
Zaynab, décidément, était un mystère bien plus difficile à percer qu’il ne l’avait imaginé… et son attitude, pour l’instant, le poussait à la tenir à distance.
Mourad s'avança brusquement vers Zaynab, emporté par la colère. Il la saisit par le poignet, la plaqua légèrement contre le lit. Il tentait de garder son calme, mais il sentait la limite se rapprocher dangereusement.
- Lâche ma main ! cria-t-elle en se débattant.
- Fais très attention, Zaynab... tu ignores de quoi je suis capable, grogna-t-il entre ses dents.
- Je t'ai dit de me lâcher ! Tes menaces ne me font pas peur ! répliqua-t-elle avec défi.
- Qu'est-ce qui te rend aussi amère, hein ?
- Je ne suis pas amère ! Je suis juste honnête ! Toi et tes prétendantes, vous êtes pareils ! Je ne supporte aucun d'entre vous !
Mourad relâcha lentement sa main, le regard dur. Il recula de quelques pas, le souffle court. Zaynab... elle était jalouse. Il le voyait clairement. Et pour masquer ce feu qu'elle sentait en elle, elle s'abritait derrière une attitude hautaine, celle d'une femme qu'elle prétendait être, forte, détachée.
Mais lui, il la perçait à jour.
Mourad se dirigea vers la porte, prêt à quitter la chambre. Mais alors qu’il allait poser la main sur la poignée, il entendit la voix acerbe de Zaynab derrière lui :
— Ouais, c’est ça… Il se prend pour un homme, pff… gamin, lâcha-t-elle avec un rire moqueur.
Il s’arrêta net. Ses mâchoires se crispèrent. Ce qu’il venait d’entendre le glaça. Cette fille n’avait décidément aucun respect. Ni pour lui, ni pour la situation.
Il se retourna lentement, ses yeux sombres plantés dans les siens. Puis, sans prévenir, il s’avança vers elle d’un pas ferme. Surprise, Zaynab recula, mais il fut plus rapide. Il la rattrapa sans mal.
— Lâche-moi immédiatement ! lança-t-elle avec colère.
Il la souleva sans ménagement et la déposa fermement sur le lit, sans violence mais avec autorité, pour lui faire comprendre qu’elle allait trop loin. Il se pencha légèrement vers elle, le regard brûlant d’un mélange de colère et de contrôle.
Zaynab restait campée sur ses positions, le regard insolent, les bras croisés. Mourad, lui, resta silencieux un moment. Puis, il avança calmement vers elle, sans la toucher, sans hausser le ton. Son regard était froid, autoritaire, presque méprisant.
— Tu sais, Zaynab, parfois il suffit d’un seul mot pour tout reprendre.
Elle haussa les sourcils, provocante.
— Tu me fais peur, c’est ça ? ironisa-t-elle.
Il esquissa un léger sourire, glacial.
— Tu devrais. Parce que vois-tu, l’argent que j’ai donné à ton oncle pour relancer votre petite entreprise familiale après sa faillite... je peux très bien le récupérer.
Zaynab blêmit légèrement. Son masque de dureté vacilla.
— Quoi ? Comment tu sais ça ? demanda-t-elle, déstabilisée.
— Parce que c’est moi qui ai sauvé leur boîte, murmura-t-il calmement.
— Tu mens…
Il sortit alors son téléphone, fit défiler quelques documents, des relevés bancaires, un accord signé par son oncle, et les lui tendit sans un mot.
Zaynab se pencha, lut rapidement les preuves. Elle resta figée. Choquée. Bouche entrouverte, aucun son ne sortit.
— Tu veux que tes frères continuent de te chouchouter ? Que tu restes leur princesse ? Alors comporte-toi comme une fille digne de ta famille, et pas comme une capricieuse ingrate.
Elle ne répondit pas. Elle n’en avait plus la force. Cette fois, c’est lui qui avait gagné.
Mourad la fixa une dernière fois avant de tourner les talons et sortir de la chambre, laissant derrière lui une Zaynab décontenancée et troublée comme jamais.
L’annonce de Mourad avait déclenché une véritable tempête chez Zaynab. Furieuse, hors d’elle, elle saisit ses oreillers et les lança un à un en direction du jeune héritier.
— Espèce d’arrogant ! s’écria-t-elle en jetant le dernier.
Mourad, imperturbable, s’approcha d’elle, l’attrapa fermement par les bras pour la maîtriser.
— Arrête ! T’es ridicule, Zaynab, souffla-t-il avec autorité.
— AIDEZ-MOI S’IL VOUS PLAÎT ! NON !! hurla-t-elle, tentant de se dégager.
Il la relâcha immédiatement et fit mine de sortir son téléphone.
— Tu sais quoi ? Je vais appeler ton oncle. Puisque t’as fait ton choix… Ce sera le vieux de quatre-vingts ans. Pas moi.
Zaynab resta figée, choquée. Son regard se remplit de larmes instantanément. Elle le regardait comme si tout son monde s’effondrait.
— Non… ne fais pas ça… je t’en supplie, dit-elle dans un souffle brisé, les yeux noyés.
Un sourire glissa sur le visage de Mourad, presque malgré lui. Il ne s’attendait pas à voir cette fierté vaciller si vite.
— Ah… maintenant t’as peur ? Mais je croyais que j’étais un gamin ? lança-t-il froidement.
Zaynab baissa la tête. Aucune réponse. Le silence pesait lourdement dans la pièce.
Mourad déclencha l’appel, et immédiatement Zaynab paniqua. Elle se jeta sur lui, tenta d’attraper le téléphone, les larmes roulant sur ses joues.
— NON ! NE FAIS PAS ÇA, JE T’EN SUPPLIE ! cria-t-elle désespérément.
Sa respiration devenait haletante, saccadée. Elle tremblait de tout son corps. Pour la première fois, Mourad vit autre chose qu’une fille arrogante et insupportable : il vit une peur réelle. Une vulnérabilité qu’elle n’avait jamais montrée.
Au même moment, quelqu’un frappa à la porte. Zaynab sembla aussitôt soulagée, croyant peut-être que son supplice allait prendre fin.
— Zaynab ? Est-ce que tout va bien ? lança une voix féminine, vive et inquiète.
C’était Dior, la petite sœur de Mourad. Lui, posa instinctivement son regard sur Zaynab, juste à l’instant où elle s’apprêtait à répondre. Il plaça aussitôt sa main sur sa bouche pour l’en empêcher.
Dior frappa à nouveau, plus fermement cette fois.
— Zaynab ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Réponds-moi !
Voyant qu’elle ne s’en irait pas si facilement, Mourad prit les devants.
— Bella Dior, ne t’inquiète pas. On discute simplement. Tout va bien.
— Tu es sûr que tout va bien, Mourad ? insista Dior avec méfiance.
— Oui, je te dis. Va dormir.
Un silence suivit, puis la voix de Dior se fit plus douce.
— Très bien, je vous laisse.
Zaynab, elle, avait toujours les yeux pleins de larmes. Ses joues tremblaient légèrement. Lorsqu’il retira sa main de sa bouche, son souffle restait saccadé.
— Je t’en supplie… pardonne-moi, murmura-t-elle, presque inaudible.
Elle ne parvenait pas à le regarder. Son regard fuyait le sien, comme si elle avait soudain pris conscience de la gravité de ses mots et de son comportement. Mourad se redressa lentement, le regard toujours fixé sur elle. Zaynab, elle, restait immobile.
Sans un mot de plus, il quitta la chambre et se dirigea vers la sienne. Il n’était pas de ceux qui s’emportaient facilement avec une femme. Mais ceux qui le cherchaient, finissaient toujours par découvrir une autre facette de lui.
Zaynab ne supportait plus de rester dans cette maison. Elle avait tenté d'appeler sa mère, espérant un peu de soutien, mais cette dernière ne pouvait rien faire : c’était la tradition. Elle en voulait terriblement à son oncle d’avoir convaincu son père de l’impliquer dans cette mascarade. Sa colère bouillonnait, malgré tous ses efforts pour se contenir. Elle n’en pouvait plus.
Toute cette histoire lui paraissait insensée, presque inhumaine. Comment pouvait-on trouver normal que quatre femmes soient réunies pour servir de prétendantes à un seul homme, comme s’il s’agissait d’une sorte de concours ? Mourad devait en choisir une… et les autres ? Elles deviendraient quoi ? Certaines seraient “réservées” pour d’éventuels prétendants, d'autres proposées comme secondes ou troisièmes épouses. Zaynab trouvait ça écœurant, rabaissant, presque dégradant. Elle n’était pas une marionnette. Elle aussi avait le droit de choisir l’homme avec qui elle voulait passer le reste de sa vie.
Avant l'arrivée de Mourad dans sa chambre, elle était enfin tranquille. Mais cet homme… il était devenu insupportable. Elle ne l’aimait pas. Et pourtant, elle devait jouer à cette comédie, faire semblant de participer à tout cela. Il lui inspirait désormais du dégoût. Elle l’avait observé, pensé qu’il valait peut-être la peine, mais elle s’était lourdement trompée. Il n’était qu’un arrogant, méprisant, sans classe ni réelle éducation.
Les événements de ce soir l’avaient profondément secouée. Elle avait encore les mains tremblantes rien qu’à l’idée de ce qu’il venait de lui faire. Elle avait pleuré toutes les larmes de son corps dès qu’il avait quitté sa chambre. Elle se sentait humiliée, salie. Elle était convaincue qu’il avait tenté de profiter de sa faiblesse.
Dans un élan de panique, elle avait appelé son père. Aucune réponse.
A suivre...