Chapitre 2

1832 Mots
CHAPITRE 2 Tout a commencé quand je venais d’avoir mes 16 ans, j'étais en Terminale et je vivais avec mes parents. Mes parents ont toujours été très stricts avec moi mais lorsque nous arrivons à un certain âge, c'est difficile d'écouter ce que nous disent les parents. Dès que j'ai goûté à la vie de débauche, j'y ai pris goût et c'est devenu mon nouveau rythme de vie. J'étais toujours en train de sortir pour faire la fête avec mes amis. Plusieurs fois mes parents et moi avons discuté à ce sujet, ces derniers avaient commencé par me battre chaque fois que je les désobéissais mais avec le temps, ils se sont rendu compte que je ne changeais pas, car chaque fois qu'ils me battaient, je fuguais et c'est après plusieurs jours que je revenais. Étant leur seul enfant après la mort de mon grand frère, ils avaient peur de me perdre alors nous étions maintenant en mode conseil. Chaque fois qu'ils pouvaient ils me donnaient des conseils, mais je ne les écoutais pas, d'ailleurs je n'écoutais personne. Mon père qui était malade s'en est allé, mais je n'ai pas été présente pour assister ma mère, au contraire mes sorties se sont multipliées, car après son départ, ma mère est devenue encore plus faible et attristée, même les conseils, elle n'avait plus la force de m’en donner. C'est ainsi que plusieurs mois après, je découvre que je suis enceinte, j'annonce la nouvelle à mon petit ami et ce dernier me bat violemment en me faisant savoir que cet enfant n'est sûrement pas de lui car je n'étais qu'une salle p**e. En plus il avait raison car il n’était pas le père de mon enfant mais je m’étais dit qu’étant donné que nous étions en couple, il allait facilement accepter. Le pire c’est que je n’avais réellement aucune idée de l’auteur de ma grossesse et j’avais beaucoup trop honte de l’avouer. Cette nouvelle a complètement changé ma vie, car à seulement seize ans, j'étais enceinte et mon enfant n’avais pas de père en plus je n’avais pas réussi mon examen alors qu'à la base j'étais très intelligente et j'avais eu un parcours sans faute jusque-là. Cet événement m’a poussé à prendre conscience, à me rendre compte de mes erreurs, et c'est avec beaucoup de regrets que je me suis retournée vers ma mère en implorant son pardon ainsi que son aide. Avec le cœur d'une mère, elle n’a pas manqué de me dire qu'elle m'avait prévenue en me sermonnant, néanmoins elle m'a tout de même accepté et reprit sous son aile. J'allais être maman, alors désormais plusieurs choses allaient changer. Pour la première fois depuis plusieurs mois, je faisais ce que ma mère me demandait sans rechigner car elle était mon seul support, mon seul parent, je n'avais plus de famille à part elle. Ma mère m’a obligé à continuer avec mes études, c’était d’ailleurs sa seule condition pour me venir en aide. Inscrite en cours du soir, j’avais vraiment changé et était déterminée à rapporter ce diplôme à ma mère hormis le fait de devoir faire d’elle une grand-mère. Mais comme les choses ne dépendent jamais de nous, ma mère s'en est allé deux mois avant mon accouchement. J'étais perdue, je me suis retrouvée toute seule, sans famille et surtout sans argent dans une maison qui ne nous appartenait pas, car nous étions encore en location. C'est toute seule avec quelques amis de mes parents et les miens que je me suis battu pour faire les obsèques de ma mère qui a été enterrée au village près de son mari. Ma vie bascule à jamais car je ne pouvais plus payer l'appartement dans lequel nous étions, obligés de devoir le quitter. Tout de même le bailleur s’est montré compréhensif et m’a proposé une chambre dans un autre quartier, il pouvait accepter juste deux mois d'avance contrairement à six mois comme l'exigeait d'autres personnes. Je me suis retrouvé en train de vendre presque tout ce qu'il y'avait dans notre maison pour avoir en premier l'argent pour mon accouchement, et de pouvoir également lui donner l'argent pour la chambre. À huit mois, j'accouche finalement étant toute seule. C'est deux jours après que quelques rares amis viennent me voir à l'hôpital et c'était la toute dernière fois que je les voyais. Toute cette succession d'événements a eu un très grand impact sur moi, car j'avais non seulement l'obligation de vivre mais également de me battre pour mon enfant, ma petite fille qui n'avait pas demandé à naître et encore moins à ne pas connaître son père par ma faute. J'avais désormais plus d'une raison de vivre. Après ma sortie de l'hôpital, je suis retournée dans ma petite chambre toute seule avec ma fille que j'ai décidé d'appeler Patricia MANGA, elle avait le prénom de ma mère et mon nom. Mais malgré tout j’ai composé mon examen en confiant ma fille à mon ancienne voisine qui était une amie à ma mère pendant toute la période de composition. Gloire à Dieu j’ai réussi mon baccalauréat, j’aurais aimé que mes parents soient là pour me féliciter et par la même occasion porter leur petite-fille, mais hélas. J'ai réfléchi sur une activité que je pouvais mener avec le peu d'économie que j'avais afin que ma fille et moi nous puissions nous en sortir. C’est ainsi que pendant dix-sept ans d'affilée, j'ai bossé comme une malade afin d'assurer un bel avenir à ma fille. Je me suis privé absolument de tout, je n'avais plus de vie sociale et je n'avais plus jamais connu un homme car ma vie lui avait été entièrement dévouée. Une mère célibataire qui l’assume sans se plaindre, ni solliciter un aide quelconque, c’est ce que j’étais. Après toutes ces années, j'étais fière de moi car mes sacrifices avaient fini par porter des fruits. Patricia venait d'obtenir son baccalauréat, désormais elle était une grande fille. Son anniversaire devait être dans quelques jours et j'avais prévu lui faire une petite fête surprise car dix-sept ans et bachelière ça se fêtait. La surprise a été réussie, seuls ses amis les plus proches que je connaissais avaient été invités, ma fille était heureuse et ça me rendait automatiquement heureuse, en plus elle le méritait. Avant que la rentrée scolaire ne recommence, alors que nous étions encore en train de réfléchir sur l'université dans laquelle Patricia allait poursuivre ses études, elle m'a dit qu'elle voulait aller à Ebolowa. Je ne savais même pas qu'il y'avait une université publique dans cette ville, mais il y avait bel et bien une université depuis quelques années déjà. Je ne comprenais pas ses choix, pourquoi vouloir quitter Yaoundé pour continuer ses études dans une petite ville comme Ebolowa. ― Je ne te comprends pas Patricia, pourquoi ne pas rester dans une grande ville ? ― Je veux juste changer d’air maman et je crois que je deviendrais plus responsable. En plus je pense que tu en as assez fait pour moi, tu mérites de te retrouver seule après toutes ces années de privation. De penser à toi, de donner l’opportunité à un homme de t’aimer, de te donner l’occasion d’être heureuse, tu es encore si jeune. Ses mots sonnaient certes justes, mais j'avais juste par-là compris qu'elle voulait uniquement sa liberté à elle. ― Si tu ressens le besoin d’aller en location, tu peux toujours le faire étant à Yaoundé, au moins nous serions dans la même ville et nous pourrions, nous rendre facilement visite. Nous n'étions que deux dans cette maison donc il y'avait assez d'espace, mais visiblement ce n’était pas suffisant pour elle. ― Non maman, je veux aller à Ebolowa, s’il te plaît, fais-moi confiance et dis-moi oui. Je suis sûre qu’elle se disait qu'en restant à Yaoundé ça devait être compliqué étant donné que j’allais toujours être sur son dos. Malgré tout ce que je lui disais, elle insistait vouloir aller fréquenter à Ebolowa, elle avait campé sur sa position. Je ne voulais pas être ce genre de mère qui opprime son enfant, j'avais confiance en moi, en l'éducation que je lui avais donné, donc je lui donnais beaucoup plus de liberté que je n'avais reçu quand j'avais son âge. Finalement, après avoir bien réfléchi et recueilli aussi l’avis de mon amie, j’ai accepté de la laisser partir. Elle devait y aller avec tout ce qui était dans sa chambre car je n'avais pas l'intention d'acheter des choses qu'elle avait déjà. En plus, avec mon salaire de secrétaire, je ne pouvais pas lui payer une chambre et continuer à payer l'appartement dans lequel nous vivions donc après qu'elle ait vidé sa chambre, je me suis cherché un studio. Nous sommes allés à Ebolowa ensemble, elle s'est bien installée dans sa chambre qui était dans une cité, je n’étais pas très rassurée donc j’ai au moins pris le numéro du concierge et celui du propriétaire. Peu importe l’âge, se séparer de son enfant n’était jamais chose facile. Puis, c’est avec un pincement au cœur que je suis retournée sur Yaoundé. J'avais ce sentiment d'avoir beaucoup accompli, ma vie n'avait pas été facile mais j'avais tenu le coup et chaque fois que je regardais Patricia, j'étais fière de moi. Après avoir passé plusieurs semaines dans mon nouveau studio sans Patricia, je me sentais très seule, mon amie Sandrine étant aussi en déplacement à cette période. Puis à son retour, nous en avons parlé et elle était tout aussi d’accord que Patricia. Elle m’encourageait à penser plus sérieusement à moi, mon bien être et la possibilité de me mettre en couple. ― Tu n’as que trente-quatre ans et tu n’es pas si vieille que tu le crois, tu peux encore fonder une famille. Patricia est déjà une adulte, donc tu peux aimer de nouveau, sans devoir impacter sur sa vie. Aller vers de nouvelles aventures, mais cette fois-ci avec beaucoup de sagesse car la vie t’a déjà vaccinée par le passé et je suppose que tu n’as pas l'intention de faire les mêmes erreurs. ― Je ne souhaite vivement pas commettre d’autres erreurs. Mais j’ai très peur Sandrine. ― C’est normal, la peur est un sentiment naturel, mais qui ne doit non plus être un frein dans nos prises de décisions, promet-moi d’essayer au moins. ― D’accord je vais essayer, mais je te promets de ne faire de faveur à personne, dès que je trouve un homme étrange, je prends directement mes jambes à mon cou. ― C’est tout à fait normal, sinon c’est moi qui me chargerais de leur donner des coups de pieds aux fesses. Nous avons ri toutes les deux. Les semaines suivantes, Sandrine m'entraînait dans les sorties et événements chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Finalement, j’ai eu deux ou trois aventures par là mais qui n'ont rien donné. Puis un jour, alors que nous étions à l’anniversaire de la collègue de Sandrine, je suis tombé sur cet homme qui, lui qui a fait battre mon cœur au premier regard, lui qui allait complètement tout changer dans ma vie.
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