5Le Sun’ka ne volait pas sa réputation. Il offrait à ses visiteurs un incomparable moment d’évasion. Tout y était finement dosé. Le physique exquis des hôtesses, le subtil parfum d’agrume, le fond sonore, frais et minéral, ou la douce simplicité d’une constellation de pétales de rose, qui flottaient sur des bassins cerclés de bois odorants. Alors qu’une multitude de doigts, tendres et fermes à la fois, parcouraient ma taille et mes omoplates, je me laissais d’abord courtiser par des dessins de cerisiers en fleurs et de jardins à l’enivrant parfum d’harmonie, puis accédais à la subjugation de mon être par des forces intérieures qui réinventaient la lumière et le son de mon existence. Ce n’est que lorsque Kyoumi, la jeune femme chargée de m’assister dans cette charmante aventure nippone


