Yizkor J’avais le besoin d’aller sur l’emplacement qui servait de tombe au vieux Léon et de faire la prière du souvenir, cet homme que personne ne semblait avoir apprécié de son vivant avait été enterré à la sauvette, de nuit. J’avais choisi le deuxième jour de Chavouot pour qu’au moins une personne s'en souvienne, sans qu’il soit pour moi un parent, un ami ou un être cher. J’avais tout de même pris sa place ! Je lui devais au moins ça, en accueillant la mort, il m’avait permis la vie, même si celle-ci ne ressemblait en aucun point à l’imaginaire que j’avais dans la tête. Je m’autorisais à penser pour mon confort moral qu’une prière hébraïque n’était pas de trop. Le salut d’un homme méprisé, antisémite notoire, fait par un juif, ne manquait pas de sel. Le fait de donner la Tsédaka au no


