XIV-1

2028 Mots

XIVUne pluie fine lavait la campagne. Les orages de la veille, les premiers de cette année 1914, avaient laissé une sorte d’apaisement derrière eux, comme si leur colère remettait enfin les éléments à leur juste place. L’esprit ailleurs, Jacques, dix-sept ans, suivait le fil de la Troulle. Les mains dans les poches, il tapait dans des cailloux qui s’en allaient briser le miroir de la rivière. Mais aujourd’hui les torsades ou les remous, qui d’habitude attiraient son regard, se démenaient en vain. L’envol d’un martin-pêcheur et son reflet turquoise n’éveillèrent pas plus son intérêt. Il errait, l’âme en peine. Rouquine, sa fidèle compagne, était malade. Pour Finette, il n’y avait aucun doute. « Elle a dû manger quelque saloperie. » La veille, la chienne avait réussi à se traîner pénible

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