CHAPITRE PREMIER Le salon de madame ClarenceMadame Clarence, veuve d’un haut fonctionnaire de la république, aimait à recevoir : elle réunissait tous les jeudis des amis de condition modeste et qui se plaisaient à la conversation. Les dames qui fréquentaient chez elle, très diverses d’âge et d’état, manquaient toutes d’argent et avaient toutes beaucoup souffert. Il s’y trouvait une duchesse qui avait l’air d’une tireuse de cartes et une tireuse de cartes qui avait l’air d’une duchesse. Madame Clarence, assez belle pour garder de vieilles liaisons, ne l’était plus assez pour en faire de nouvelles et jouissait d’une paisible considération. Elle avait une fille très jolie et sans dot, qui faisait peur aux invités ; car les Pingouins craignaient comme le feu les demoiselles pauvres. Éveline C


