CHAPITRE XI. Le dédoublement d’Ivan De l’autre côté de la rivière, le bois de pins, qu’une heure plus tôt le soleil de mai illuminait encore, commença à se brouiller et à se fondre dans une grisaille indistincte. Puis un rideau de pluie uniforme voila la fenêtre. Des paraphes de feu rayèrent le ciel qui explosa de toutes parts et des lueurs effrayantes frémirent, inondant la chambre du malade. Ivan, assis sur le bord de son lit, pleurait doucement en contemplant les eaux troubles de la rivière dont la surface bouillonnante se couvrait de bulles. À chaque coup de tonnerre, il poussait un cri plaintif et couvrait son visage de ses mains. Des feuilles de papier noircies par l’écriture d’Ivan jonchaient le sol. Elles avaient été éparpillées par le vent qui s’était engouffré dans la chambre


