VI La douleur de Henri, quelque grande qu’elle fût au moment de la catastrophe, s’était encore augmentée au bout de quelques jours par la privation de voir Calixte. Le retranchement de cette heure passée chaque soir près du métier à broder d’une jeune fille avec laquelle il n’échangeait pas vingt paroles, faisait dans sa journée un vide immense qu’il ne pouvait remplir : sa vie n’avait plus de but. Attendre le moment de sa visite chez Calixte, y rêver lorsqu’elle était terminée, tel avait été jusqu’alors l’emploi de son temps ; il se sentit misérablement désœuvré. Il lui sembla qu’une vaste solitude s’était faite autour de lui ; que le soleil était noir et le monde frappé de mort. Tout cela parce qu’il n’allait plus rue de l’Abbaye, dans une maison triste et froide, chez un notaire ennuye


