XXII Les sapinières de Sologne ne sont point, comme on pourrait le croire, semblables à ces belles forêts de pins qui couvrent la chaîne des Alpes, et sous les hautes futaies desquelles on se promène à l’aise. Le pin de Sologne est un pauvre arbre souffreteux qui atteint à peine sept ou huit pieds de haut, et qu’on plante serré, serré, de façon à pouvoir arracher, chaque année, deux arbres sur six. En certains endroits, la sapinière est tellement fourrée, qu’on dirait un maquis corse. Les chiens de chasse y pénètrent souvent avec répugnance, tant les basses branches qui rasent le sol sont épaisses et pointues. Cependant le bûcheron se crée des sentiers au travers et se familiarise bientôt avec l’obscurité qui y règne, même en plein jour. La sapinière que M. Albert Morel avait indiquée


