XXIX Histoire d’un mort écrite par lui-même (Sébastopol, pendant le siège) Le manuscrit commençait ainsi : « Avant d’en venir à ce mort dont je parle, qu’il me soit permis de raconter un peu longuement une histoire du siècle dernier. Cette histoire est celle de la fortune immense à laquelle je dois tous les malheurs de ma vie. « Un soir d’automne de l’année 17..., un jeune homme de quinze à seize ans cheminait, le front penché, l’œil rêveur, dans une grande ligne qui perçait d’outre en outre une vaste forêt du Nivernais. « Sa beauté pâle et fière impressionnait vivement. Ses grands cheveux blonds, son œil bleu, ses mains blanches et fines, tout semblait annoncer en lui un homme de race. Cependant, à voir son costume sombre, son habit sans broderie, sur les basques duquel ne battait a


